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La Corée du Nord est-elle militairement crédible ?

Les développements militaires, en particulier balistiques, observés ces derniers mois en Corée du Nord, de même que la récente crise entre Washington et Pyongyang ont attiré l’attention sur un pays, des doctrines et une capacité militaire assez peu traités par la littérature. Dans cet article paru en mai 2016, DSI publiait une « photo » de la Corée du Nord militaire accompagné de cartes et d’un tableau de bord capacitaire. Nous republions ici l’article principal. 

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Ces derniers mois, Pyongyang a multiplié les actions déclaratoires : annonce du tir d’un missile balistique depuis un sous-­marin en mai 2015, test d’une arme « thermonucléaire » le 6 janvier 2016, lancement d’un satellite un mois plus tard. Mais au-delà des gesticulations d’usage, que représente la puissance militaire nord­-coréenne ? Avec un peu moins de 25 millions d’habitants, la Corée du Nord est dans une situation paradoxale : plus riche que sa voisine du Sud au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, elle est aujourd’hui dans une situation marquée par la pauvreté et la famine, renforcée par la politique « Songun » donnant la priorité aux investissements militaires. Selon le World factbook de la CIA, le PIB serait de l’ordre de 40 milliards de dollars (valeur 2013), pour un PIB/habitant d’environ 1 800 dollars, au même niveau que le Rwanda ou Haïti. Fonctionnant de manière autarcique – ce que traduit l’idéologie nationale, le « Juche » – avec des exportations estimées à environ quatre milliards de dollars par an, la Corée du Nord est isolée sur la scène internationale, la Chine étant sa principale alliée.

Le concept de Juche, application locale du communisme, renvoie à l’autonomie politique et économique, mais aussi militaire (1). Si les obligations en la matière sont lourdes pour le citoyen, le régime lui-même est dans une situation de dépendance mutuelle avec ses armées. Indispensables pour maintenir le contrôle social – ou même pour l’économie –, celles-ci sont également la justification idéologique d’une vision où le triomphe du socialisme ne se conçoit qu’à travers l’emploi de la force, conclusion logique de la lutte des classes. Dans l’optique Songun (2), les forces deviennent ainsi la pièce maîtresse de la révolution. Elles sont également le symbole de la vitalité nord-­coréenne : le développement de capacités balistiques ou nucléaires s’interprète ainsi autant d’un point de vue opérationnel que de celui de la réalisation politique. In fine, le rapport à l’idéologie fait que la Corée du Nord tiendrait tout autant du régime théocratique que du régime militaire le plus chimiquement pur.

La question de la dissuasion

La prolifération nucléaire nord-­coréenne n’est pas récente : dès les années 1950, une coopération nucléaire civile a été mise en place avec l’URSS, qui a débouché sur la construction de deux réacteurs de recherche à Yongbyon, devenus opérationnels en 1965 et 1974. La prospection d’uranium et la construction d’installations de raffinage en yellow cake, mais aussi PUREX (extraction du plutonium depuis du combustible usagé) se sont poursuivies de la fin des années 1970 aux années 1980 – Pyongyang adhérant au Traité de Non-­Prolifération (TNP) en 1985. Dans le même temps, des travaux étaient lancés pour la construction d’un réacteur de 50 MW, tandis qu’entrait en service un petit réacteur graphite-gaz, plutinogène. Ces évolutions ont rapidement inquiété l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique (AIEA), qui a découvert sur place des incohérences dans les relevés d’extraction de plutonium et ordonné la conduite de nouvelles inspections. Mais Pyongyang a refusé : ce fut la première crise nucléaire nord-­coréenne.

Son dénouement fut trouvé par l’intermédiaire américain, en 1994 : la mise en place d’une structure spécifique, la KEDO (Korean Energy Development Organization), chargée de la construction au profit Pyongyang de deux réacteurs à eau légère. De même, la Corée du Nord devait recevoir du pétrole, des biens de consommation et bénéficier d’une aide économique. En échange, elle suspendait la production de plutonium et en fournissait l’inventaire, tout en devant démanteler ses installations. En 1996, rien n’était accompli à l’exception de l’arrêt des installations de Yongbyon ; en revanche, la construction des deux réacteurs promis commençait en 2002. Entre-­temps, l’AIEA suspectait Pyongyang de se lancer dans une filière d’enrichissement d’uranium à des fins militaires, Washington menaçant de suspendre son aide économique. À la fin de l’année, la Corée du Nord arguait d’un retard des travaux sur les deux réacteurs promis en 1994 (3) et du risque de suspension des importations de pétrole pour relancer les installations de Yongbyon.

Depuis lors, l’histoire des négociations entre Pyongyang et la communauté internationale est celle d’avancées suivies de reculades. L’arrêt des activités de Yongbyon contre du carburant, annoncé en 2007, fut suivi de sa relance en 2009. Après avoir annoncé en 2003 puis en février 2005 qu’elle disposait de l’arme nucléaire, la Corée du Nord s’est engagée dans un processus d’escalade dont les essais, partiellement ratés, de juillet 2006 n’ont été qu’une étape. Ils ont été suivis de plusieurs essais souterrains, le 9 octobre 2006 (le véritable premier essai nucléaire), le 25 mai 2009, le 12 février 2013, avant celui du 6 janvier 2016. Dans tous les cas de figure, la puissance des explosions a été limitée, y compris pour l’essai « thermonucléaire », qui pourrait n’avoir concerné qu’une charge « dopée » (4). La puissance n’aurait ainsi jamais dépassé 10 kT, quatre de moins qu’à Hiroshima. Au-delà, plusieurs questions se posent. D’abord, la doctrine nord-­coréenne reste vague, manque de transparence oblige. Si l’on peut estimer que Pyongyang produira autant d’armes qu’elle le peut et qu’elle cherchera à les intégrer sur une diversité de vecteurs, les modalités d’emploi sont encore peu connues. Certes, afin de maximiser sa crédibilité, la Corée du Nord tend à rendre ses armes moins détectables – ce que traduisent les récentes présentations de missiles, sur Tracteurs-Érecteurs-­Lanceurs (TEL) ou la volonté de disposer de missiles tirés de sous-­marins. On peut aussi estimer que la chaîne de commandement est hypercentralisée et aux mains de Kim Jong‑un.

Ensuite, la pratique nord-­coréenne montre une inclination pour des logiques de coercition discursives, en menaçant ses ennemis de frappes et en cherchant l’obtention d’avantages économiques. Rien ne montre cependant que Pyongyang n’adhère pas aux conceptions liées à la dissuasion. Tout semble au contraire indiquer que la logique stratégique retenue privilégie la sauvegarde du régime. Ensuite, le volume de l’arsenal nucléaire reste inconnu : les estimations varient entre une petite dizaine et une vingtaine de têtes. Enfin se pose la question de la miniaturisation des armes, essentielle pour la crédibilité dès lors qu’elle seule permet d’intégrer les charges aux engins balistiques. Début 2016, Kim Jong-un était ainsi montré avec ce qui était présenté comme une arme miniaturisée, mais les experts restaient sceptiques.

La question balistique

De facto, ce n’est pas la première fois que Pyongyang triche avec les images : celles du lancement sous-­marin d’un missile balistique en mai 2015 avaient ainsi été truquées. Pour autant, les progrès balistiques de la Corée du Nord sont historiquement bien réels. Ses premiers missiles ont été des Scud B/C livrés par l’Égypte dans les années 1960. Sur cette base ont été développés les Hwasong‑5/6/7, propulsés par un carburant plus stable, permettant de réduire les préavis d’alerte. Leur charge militaire est explosive classique (HE) ou chimique. Les engins de cette famille sont fondamentalement des évolutions du Scud incluant l’augmentation de la portée (entre 800 et 1 000 km pour le Hwasong‑7), au détriment cependant de la masse de charge explosive et de la précision terminale. Un certain nombre ont été exportés au Yémen, en Iran ou encore en Syrie. Estimer le nombre des variantes de Scud en service dans les forces nord-­coréennes est difficile : l’estimation basse table sur 200 engins, mais la haute en envisage 1 000.

La véritable percée intervient avec le Rodong/Nodong, d’une portée estimée à 1 000 km, testé à partir de 1990, et conçu avec l’aide russe, iranienne et ukrainienne. Ses plans ont permis à l’Iran de concevoir le Shahab‑3. Mais les efforts nord-­coréens se sont également portés sur des engins de plus longue portée, là aussi dès le début des années 1990, suivant plusieurs filières. Les lanceurs officiellement civils constituent des évolutions de lanceurs militaires : le Paektusan, conçu sur la base du Taepedodong‑1 a été testé en 1998 – l’engin survolant le Japon avant de s’écraser dans le Pacifique – et l’Unha, dérivé du Taepedodong‑2, testé en avril 2009 (échec), en avril 2012 (échec), en décembre 2012 (succès) et en février 2016 (succès). Le Taepedodong‑1 lui-même est un assemblage de plusieurs étages provenant de missiles différents, tout comme le Taepedodong‑2. D’une portée estimée à 6 000 km, ce qui lui permettrait de toucher les Aléoutiennes, ce dernier a été testé en tant que missile en juillet 2006, aboutissant à un échec. Les deux versions du missile ne semblent pas en service pour l’instant, les derniers succès de l’Unha/Taepedodong‑2 augurant peut-être d’une militarisation.

La Corée du Nord a également développé d’autres missiles, présentés au cours de différentes parades à Pyongyang. Le BM‑25 Musudan présente ainsi les caractéristiques du SS‑N‑6 Serb, un missile balistique lancé de sous-­marin à carburant liquide, dont les plans auraient été obtenus en Russie. La version nord-­coréenne est lancée depuis un véhicule à six essieux et aurait une portée comprise entre 2 500 et 4 000 km, pour une ECP (5) de 1 300 à 2 000 m et une charge utile de 650 kg. L’engin aurait été exporté en Iran ; mais il ne semble pas avoir été testé. S’il était opérationnel avec les portées maximales indiquées, il permettrait de couvrir le Japon, de même que Guam et ses bases américaines.

Le KN‑08 a été présenté pour la première fois au cours de la parade de 2012 sur un TEL de huit essieux. L’engin de trois étages à carburant liquide aurait une portée estimée entre 8 000 et 10 000 km, mais n’a, lui non plus, pas encore été testé – certains observateurs estimant que les missiles présentés n’étaient en fait que des maquettes. Le KN‑14, présenté pour la première fois en 2015, mais doté de seulement deux étages, en serait une évolution, aux performances similaires. Comparativement, le KN‑11 est un missile balistique tiré de sous-marin qui a été testé depuis le sol en 2014 et en mai 2015, cette fois depuis une barge immergée. Ce dernier test aurait porté, selon les Sud-­Coréens, sur le dispositif d’éjection du missile plutôt que sur un essai de ce dernier. A priori, il est destiné à équiper le Sinpo, premier sous-­marin nord-­coréen lanceur de missiles balistiques.

Dès le milieu des années 1990, la perspective d’un déploiement d’ICBM était évoquée par les États-Unis, ce qui a participé du processus de légitimation du déploiement d’un système antimissile en Alaska et en Californie. De même, les développements balistiques de Pyongyang ont poussé la Corée du Sud et le Japon à se doter de systèmes antimissiles. Pour autant, les capacités nord-­coréennes à longue portée restent pour le moment embryonnaires et la plupart des « campagnes d’essais de missiles » fréquemment relayées dans les médias portent sur des engins de courte ou de moyenne portée. La menace, à cet égard, n’est pas faible. Une partie du Japon peut être atteinte par les Rodong et Hwasong‑7, tandis qu’une bonne partie de la Corée du Sud peut être touchée par les Hwasong et autres – Séoul n’étant qu’à une cinquantaine de kilomètres de la zone démilitarisée.

La problématique balistique à courte portée est d’autant plus saillante que Pyongyang a récemment procédé aux essais d’un lance-­roquettes multiple manifestement « missilisé », une technologie qui, en toute hypothèse, aurait été fournie par la Chine. De même, des Fateh‑110 auraient également été livrés par l’Iran. Dès lors, les capacités balistiques, qui jouent historiquement sur l’effet de masse, évoluent vers une plus grande précision. La portée exacte de cette évolution n’est pas encore connue : pour être précis, il faut savoir viser, ce qui met en lumière un problème de renseignement, domaine dans lequel la Corée du Nord est historiquement en retard. La doctrine en la matière implique l’infiltration massive de membres des forces spéciales sur les arrières sud-­coréens (6) ; ce qui pose en retour la question de la sûreté de leurs communications…

Les forces terrestres : simplicité et brutalité

Au-delà des capacités nucléaires et balistiques, la crédibilité des capacités nord-­coréennes est essentiellement chimique. Plusieurs gammes d’agents, dont des neurotoxiques, auraient été développées et produites en gros volumes (7). Mais on en sait assez peu sur la capacité nord-coréenne à effectivement combattre en environnement contaminé, là où les forces sud-coréennes et américaines présentes dans la péninsule s’entraînent fréquemment à ce type d’attaque. De plus, les capacités conventionnelles nord-­coréennes sont unanimement considérées comme obsolètes sur la plupart des secteurs d’activité. Les forces terrestres restent marquées par la prégnance de l’artillerie : en plus des capacités balistiques, il faut ajouter 7 900 obusiers de tous calibres, dont certains de conception locale, et 2 500 lance-roquettes multiples, qui offrent une puissance de feu phénoménale. La zone démilitarisée ayant une longueur de 250 km, un obusier peut donc, en théorie, être placé tous les 31 m ; et un lance-­roquettes, tous les 100 m.

L’artillerie joue un rôle central dans la doctrine nord-­coréenne. Son emploi est centré sur l’application de feux roulants, de manière systématique sur l’axe de pénétration choisi, suivi d’avancées par bonds successifs (8). Ce type de manœuvre est pratiqué relativement souvent au cours des exercices rendus publics par Pyongyang. Dans ces conditions d’utilisation, l’ancienneté des designs d’obusiers n’est pas un obstacle à la pertinence du modèle de forces retenu. Surtout, la concentration de puissance de feu permet aux blindés et à l’infanterie de progresser à son couvert, permettant de nettoyer les poches de résistance qui n’auraient pas été détruites. Aussi et comparativement, le secteur de la cavalerie est moins bien loti, en n’étant doté que de 3 500 chars et moins de 3 000 transports de troupes. Sur ces deux derniers secteurs, la plupart des engins sont obsolètes du point de vue de leur conception, même s’ils sont bien entretenus. La seule nouveauté observée ces quinze dernières années est le char Pokpong, dont la version la plus avancée est équipée d’un canon de 125 mm ; mais moins de 300 exemplaires seraient opérationnels.

Si la doctrine est aussi simple que brutale, il n’est pas certain qu’elle puisse être facilement mise en œuvre, a fortiori sans que la concentration des forces puisse être détectée relativement aisément. Par ailleurs, la question de l’entraînement des unités à ce type de progression, et à grande échelle, continue de se poser. Une attaque de ce genre pourrait être limitée par le déploiement logistique nécessaire – avec de gigantesques masses de munitions à transporter – dans un contexte de pénurie de produits pétroliers. Dès lors, si la perspective du déclenchement d’une pareille puissance de feu est dissuasive en soi, il n’est pas certain qu’elle puisse être engagée dans son ensemble.

Les forces aériennes et navales

La force aérienne se trouve dans un état opérationnel incertain. Si environ 600 appareils de combat sont alignés, les derniers appareils à être entrés en service l’ont été dans les années 1990. Seuls 20 MiG‑29 et 34 Su‑25 peuvent réellement être considérés comme modernes, bien que leur armement ne soit guère évolué. Pis, le nombre d’heures de vol par pilote est considéré comme très faible – moins de 30 heures par an, selon les estimations les plus hautes – du fait de la pénurie de carburant et, peut-être également, d’une logique recherchant la plus faible fatigue des équipements (9). Mais si les capacités de combat aérien sont faibles – de même que les capacités de reconnaissance ou de guerre électronique –, Pyongyang a compensé par le déploiement d’importantes capacités antiaériennes : 450 lanceurs SAM de moyenne et de longue portée, plus de 11 000 canons antiaériens et un grand nombre de MANPADS. Une évolution significative, de ce point de vue, est intervenue avec les essais du KN‑09, un système SAM à longue portée équivalent au HQ‑9/FT‑2000 chinois, lui-même copie sinisée du S‑300 russe. À défaut d’une capacité de combat aérien, Pyongyang peut donc chercher à mettre en place une capacité d’interdiction des espaces aériens.

Ce type de logique est également à l’œuvre dans le secteur naval, où les capacités reposent essentiellement sur 60 sous-­marins côtiers dérivés de designs chinois et 183 patrouilleurs de tonnages divers, essentiellement dotés d’une artillerie légère et de mitrailleuses. Dans les deux cas cependant, les capacités de mouillage de mines s’avèrent importantes. S’y ajoutent des capacités d’artillerie côtière, également utiles en interdiction de zone. Destinée à opérer sous le couvert de l’aviation amie, la marine nord-­coréenne ne dispose que de peu de capacités ASM modernes. Ses capacités antinavires sont cependant démontrées depuis la destruction de la corvette Cheonan, le 26 mars 2010, qui a causé la mort de 46 marins. Reste, cependant, que la Corée du Sud a depuis lors considérablement renforcé l’attention portée à la lutte ASM. Les capacités exactes de la marine nord-­coréenne sont peu connues, notamment du fait de la difficulté à estimer le niveau d’entraînement de ses équipages. Il semble cependant que le secteur des sous-­marins soit privilégié. C’est d’autant plus le cas qu’une trentaine de midgets sont plus particulièrement destinés à des opérations d’infiltration/exfiltration, au même titre que des vedettes semi-­submersibles. Cinq types en ont été développés, dont au moins deux emportent deux torpilles et peuvent atteindre des vitesses de l’ordre de 50 nœuds (10). En ce sens, la Corée du Nord pourrait constituer un bon exemple de techno-­guérilla navale (11).

Les capacités militaires nord-­coréennes dépendent également de deux inconnues. La première est l’aptitude des très nombreuses forces spéciales – on évoque plus de 150 000 hommes – à effectivement conduire des opérations de sabotage sur les arrières sud-­coréens. Il n’est ainsi pas certain que les soldats du Nord soient capables de gérer, du point de vue de leur discrétion, l’écart entre les modes de vie des deux pays. La deuxième est la capacité opérationnelle en cyberguerre, vantée comme importante et rassemblée au sein du « Bureau 121 », qui compterait 6 000 hommes au terme d’un récent doublement de ses forces. On peut ainsi s’interroger sur les aptitudes de spécialistes issus d’un pays où Internet est pratiquement inexistant. Il n’en demeure pas moins que la Corée du Sud accuse fréquemment Pyongyang de mener des opérations non seulement de hacking, mais également de brouillage des signaux GPS. De ce point de vue, si la question reste en suspens, il est certain que les capacités sud-­coréennes, en s’américanisant suivant les principes de la guerre réseaucentrée, ouvrent la voie à des vulnérabilités qui pourraient être exploitées par qui serait capable de réaliser la concentration de moyens nécessaires. P. L.

Notes

(1) Sur le concept de Juche et plus généralement sur l’évolution de la politique nord-coréenne : Han S. Park, North Korea: The Politics of Unconventional Wisdom, Lynne Rienner, Boulder, 2002 ; Young Whan Khil et Hong Nack Kim (dir.), North Korea: The Politics of Regime Survival, Routledge, Londres, 2015.

(2) Stijn Mitzer et Joost Oliemans, The Armed Forces of North Korea: On the Path of Songun, Helion, Solihull, 2015 ; Hazel Smith, North Korea. Markets and Military Rule, Cambridge University Press, Cambridge, 2015 ; Suk Hi Kim, Terrence Roehrig et Bernhard Seliger (dir.), The Survival of North Korea: Essays on Strategy, Economics and International Relations, McFarland & Company, Jefferson, 2011.

(3) Ils auraient dû être opérationnels en 2003.

(4) Dans ce type d’architecture, un peu de matériel de fusion est placé au cœur de la matière fissile, « dopant » l’explosion.

(5) Erreur Circulaire Probable : le rayon usuellement mesuré en mètres dans lequel la charge militaire a 50 % de probabilité de tomber.

(6) Notamment au moyen de 80 Hughes 500D obtenus frauduleusement dans les années 1980.

(7) Joseph S. Bermudez, The armed forces of North Korea, I. B. Tauris, New York, 2001 ; Joseph S. Bermudez, « The Democratic People’s Republic of Korea and Unconventional Weapons », in Peter R. Lavoy, Scott D. Sagan et James J. Wirtz (dir), Planning the Unthinkable: How New Powers Will Use Nuclear, Biological, and Chemical Weapons, Cornell University Press, Ithaca, 2000.

(8) Il est ainsi remarquable de constater que l’artillerie automotrice, sur chenilles, est plus volumineuse que l’artillerie tractée. La question de la mobilité est essentielle dès lors que moins de 800 km des routes nord-coréennes sont revêtus.

(9) On peut ajouter que la survivabilité de cette force est faible : si la Corée du Nord s’entraîne officiellement à utiliser des sections de route, leur faible nombre faciliterait le travail de contre-offensive aérienne.

(10) Voir Alexandre Sheldon-Duplaix, « Les sous-marins de poche dans le monde », Défense & Sécurité Internationale, no 110, janvier 2015.

(11) Joseph Henrotin, Techno-guérilla et guerre hybride. Le pire des deux mondes, Nuvis, Paris, 2014.

Article paru dans DSI n°123, mai-juin 2016.

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