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Du FAMAS à l’AIF (Arme d’Infanterie Future)

Entré en service à l'aube des années 1980, le FAMAS Mle F1 reste aujourd'hui le fusil automatique classique de l'armée française. Toutefois, l'armée de Terre se prépare à lancer un appel d'offres international pour lui trouver un successeur car il est arrivé en « butée d'évolution » malgré ses qualités qui en font encore aujourd'hui une arme de premier plan.

Le remplacement du FAMAS

Ce dernier n’est pas lié à l’arme elle-même mais au fait qu’elle soit arrivée en butée de développement et d’évolution. En effet, et comme tous les bullpup, il ne présente pas les possibilités d’évolution nécessaire au combat d’infanterie dans les années qui viennent. En particulier celle de recevoir des rails Picatinny d’une longueur suffisante pour y installer des systèmes de visée. Aussi, dès 2009, fut lancée une étude pour une Arme Individuelle Future (AIF) à culasse calée capable de tirer l’ensemble des munitions de 5,56 mm OTAN et de recevoir le système FELIN. L’arme devra se présenter en version standard d’une longueur de 80 à 90 cm avec crosse pliante mais aussi une version courte d’environ 80 cm. Un lance-grenades de 40 mm devra pouvoir être installée sous le fût tandis que son chargeur de 30 cartouches sera interchangeable avec celui du M-16. Le besoin exprimé est de 100 000 AIF y compris les réserves.

L’appel d’offres sera lancé dans les mois qui viennent auprès des armuriers capables de fournir rapidement une AIF adaptée aux besoins de l’armée française. Le général Bertrand Ract Madoux, chef d’état-major de l’armée de terre devait déclarer dans le cadre de la loi de finance 2012 devant la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat au sujet de l’AIF : « Pour ce qui est du remplacement du FAMAS, je regrette comme vous que cette arme ne puisse être française. Les équipements de petit calibre sont des équipements de cohérence. Malheureusement ce sont les premiers à être supprimés lors des arbitrages budgétaires. Nous savons que nous garderons le calibre 5,56 et que nous achèterons sur étagère deux versions ; une version standard à canon long principalement pour les unités d’infanterie, une version à canon court pour les autres. La cible du programme, toutes armées confondues, est de 60 000 pour la version standard. Le coût sera de l’ordre de 400 millions d’euros pour les trois armées. D’ici 2013, sera lancée l’appel d’offres et le matériel retenu devra bien sûr être compatible avec le FELIN ».

Notes

(1) Des prototypes de fusils bull pup en calibre 7,62 x 51 furent réalisés par la MAS (Type B) à l’aube des années 1950 pour études et essais suivant un concept inventé par un armurier britannique. Toutefois, cette voie ne fut pas poursuivie car dans le tir par rafale, l’arme se révéla incontrôlable et la détonation préjudiciable l’arme et au tireur.

(2) Dont plusieurs milliers d’exemplaires furent livrés l’armée libanaise par exemple. L’Allemagne n’ayant pas le droit d’exporter hors pays de l’OTAN du matériem de guerre, le relais de la MAS représentait une solution acceptable.

(3) Elle fut envisagée pour qu’en temps de guerre, les M-16 remplacent, du moins pour partie, les vieux FR MAS 36 et PM MAT 49 dont étaient dotée les unités de la force de réserve.

(4) La démarche fut identique pour les armées autrichienne et britannique ce qui les poussa à définir des armes du type bullpup comme le FAMAS.

(5) L’idée n’était pas si farfelue car un pistolet automatique avec chargeur de 20 coups capable de tirer par courtes rafales est destiné à “faire baisser les têtes” le temps de dégager. Cette idé a été reprise dans les années 1970 par Beretta avec son PA 93 R en 9 mm OTAN capable de tirer par rafales de 3 coups avec un chargeur de 15 ou 20 coups mais qui n’est plus produit aujourd’hui.

(6) Ce marché fut négocié par une équipe dont faisait partie un ami, aujourd’hui disparu, de l’auteur.

(7) La guerre du Golfe en fut un exemple « flamboyant »

Article paru dans DSI Hors-Série n° 24, juin-juillet 2012.

À propos de l'auteur

Stéphane Ferrard

Stéphane Ferrard

Journaliste spécialiste des questions de Défense, ancien rédacteur en chef de la revue Défense & Armement-Herakles. Décédé en 2015, il était l'un des meilleurs spécialistes de l'armement français (auquel il consacra plusieurs ouvrages techniques et historiques de référence) et fut l'un des premiers et des plus fidèles collaborateurs du magazine DSI.

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