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Griffon et Jaguar au cœur de SCORPION

À l’arrière de la caisse est installé le GMP dont le temps de remplacement est estimé à un peu moins de trois heures. Le moteur est d’origine suédoise, car RTD, chargé de la motorisation, fait partie du groupe Volvo. De type Euro 3, le moteur HDE 11 de 11 l de cylindrée développe 490 ch. Il est couplé à une boîte de vitesses allemande ZF permettant aux 25 t du Jaguar d’atteindre 90 km/h en marche avant et 25 km/h en marche arrière. Le réservoir à carburant est implanté à l’avant droit, entre les premier et deuxième essieux, à l’extérieur de la caisse. Sa capacité, qui est pour l’instant de 380 l, semble être remise en question, car jugée insuffisante pour satisfaire une autonomie de 800 km exigée par le cahier des charges.

Le Griffon, remplaçant du VAB

L’engin a pour fonction principale de transporter huit fantassins sous blindage dans la zone de combat. D’un prix unitaire compris entre 1,3 et 1,5 millions d’euros, il est décliné en 15 versions, dont cinq principales : véhicule de transport de troupes (1 022 exemplaires) ; commandement (333) ; sanitaire (196) ; observation d’artillerie (117) ; dépannage (54), sur un total de 1 722 véhicules. L’étape 1 du programme prévoit la livraison de 780 véhicules à partir de 2018, priorité étant donnée aux véhicules de transport de troupes, de commandement et d’observation d’artillerie. L’armée de Terre projette de disposer de son premier GTIA « Griffon » (40 véhicules côtoyant encore des AMX‑10RCR) projetable en 2021. Il faudra patienter jusqu’en 2025 pour voir une brigade interarmes entièrement équipée de Griffon et de Jaguar. Toutefois, les régiments qui devraient percevoir les premiers exemplaires sont trois unités de la 9BIMa subordonnée (1re division) : le 3e RIMa de Vannes, le 6e régiment du génie d’Avrillé et le 11e RAMa de Saint-­Aubin. Ils seront suivis l’année d’après par les régiments de la 27e brigade de montagne.

L’effectif du parc de service permanent d’un régiment d’infanterie est fixé à 29 véhicules, contre 21 pour celui d’un régiment du génie. Ainsi, un GTIA « Griffon » se verrait armé en opérations de deux ou trois compagnies d’infanterie équipées de Griffon et d’un escadron de Jaguar. Bien que sa structure soit modulaire en fonction des missions qui lui sont assignées, chaque compagnie d’infanterie classique devrait être dotée d’une section de commandement comprenant un Griffon PC, un de dépannage et deux « sanitaire », trois sections d’infanterie à quatre Griffon, une section génie combat à trois Griffon « génie », d’une section d’appui avec deux Griffon « mortier de 81mm », un Griffon « tireur d’élite » et un de lutte antichar avec missiles MMP. De plus, il faut ajouter un Griffon VOA et plusieurs camions et véhicules légers tout-­terrain.

Dérivé du prototype BMX01, le Griffon bénéficie d’un agencement classique. Il s’agit d’un énorme camion blindé à six roues motrices, et quatre roues directrices (essieux avant et arrière), avec le GMP à l’avant. Le conducteur à gauche et le tireur du tourelleau téléopéré à droite sont abrités par un pare-­brise blindé monobloc. Ils accèdent à leur siège par les portes latérales équipées de fenêtres blindées. Jaguar et griffon ont en commun 70 % de composants, ce qui facilite les opérations de maintenance et la manœuvre logistique. Le train de roulement et la transmission des deux véhicules sont très proches, mais le Griffon ne possède pas de système de variation de garde au sol.

Le blindage de la caisse, aux dimensions généreuses (longueur : 7,32 m ; largeur : 2,54 m ; hauteur hors-tout : 2,6 m), répond au standard OTAN STANAG 4569 de niveau IV et de niveau III contre les mines et IED. Il est modulaire en fonction des nombreuses missions auxquelles le Griffon aura à prendre part. De plus, il est équipé des mêmes brouilleurs et détecteurs que le Jaguar, installés sur le toit. Le moteur d’origine Renault-­Volvo est monté sur rail, facilitant les opérations de maintenance. Il s’agit d’un MDE 8 de 8 l de cylindrée développant 400 ch. Couplé à une boîte ZF, il permet aux 24,5 t du Griffon d’atteindre la vitesse maximale 90 km/h et une autonomie de 800 km, mais à 60 km/h. Ses capacités de franchissement sont de l’ordre de 1,2 m pour un gué, 50 cm pour une marche franche et 1 m pour un fossé.

La partie arrière de la caisse est occupée par le compartiment où huit fantassins équipés prennent place face à face sur des sièges anti-blast fixés aux parois latérales. Ils y accèdent par une rampe dotée d’une porte de secours et d’un épiscope. Le compartiment arrière est surmonté de quatre trappes de toit : une à l’avant droit, derrière le pilote ; une au-­dessus du poste tireur, au niveau du tourelleau téléopéré ; deux de sabord arrière afin de mettre en œuvre les deux mitrailleuses légères de 7,62 mm montées sur affût. Installé à l’avant droit du toit, le tourelleau téléopéré et stabilisé « T1 » est couplé au SLAT. Il est armé, au choix, d’une mitrailleuse lourde de 12,7 mm (1 200 coups), d’une mitrailleuse légère de 7,62 mm (2 600 coups) ou un lance-­grenades de 40 mm (380 coups). Huit lanceurs Galix montés à la base du tourelleau pouvant tirer différents types de charges, létales ou non, complètent l’armement.

 

Article paru dans DSI hors-série, n°55, août-septembre 2017

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