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Armes chimiques 2. L’art de la guerre chimique

Si la défense chimique des armées occidentales est généralement bien organisée, c’est loin d’être le cas au niveau des populations. Aussi, face au risque terroriste, il est peu probable que des niveaux de formation et de préparation matérielle et psychologique similaires à ceux que l’on trouve dans le domaine militaire soient atteints. Au contraire, le manque de préparation provoquerait une augmentation supplémentaire de la mortalité (le cas de parents allant chercher leurs enfants à l’école alors que se calfeutrer est préférable). Les hôpitaux civils eux-mêmes seraient totalement débordés. Les services de pompiers – pourtant en première ligne – disposent rarement des moyens nécessaires à la détection et à la décontamination, tandis que les autorités politiques ont parfois fait montre (lors, par exemple, d’affaires « d’enveloppes contenant de la poudre blanche ») de leur aversion à faire appel aux moyens militaires, pourtant plus rapides et susceptibles de sauver plus de vies que les seuls laboratoires civils (9). À cet égard et comme le note Claude Meyer dans son ouvrage de référence, l’incrédulité est non seulement mortelle mais pourrait également être un facteur d’efficience – et donc, de prolifération – des frappes chimiques (10).

Article publié dans DSI n°72, juillet-août 2011.

Notes

(1)       Cf. l’article consacré à cette question dans DSI-Technologies n17.

(2)       Sur les premières, cf. Joseph Henrotin, « Les (ré)évolutions du caméléon. Combat futur et formation des structures de force entre Transformation, guerre hybride et nouvelles formes d’application des conceptions de technoguérilla », Les Cahiers du RMES, Vol. 5, n2, hiver 2008-2009.

(3) À l’instar, d’ailleurs, des armes biologiques. De larges franges de plusieurs armées considéraient ces types d’armes comme contraires aux engagements internationaux pris par leurs États mais aussi comme déshonorants.

(4) On notera que, là aussi, ces frappes auraient pu connaître une exploitation, cette fois par le biais des unités de VDV (parachutistes soviétiques). 

(5) La signature de la CAC n’est pas une garantie absolue qu’elle ne soit pas trahie : l’armement chimique est sans doute l’un des plus « couverts » par des accords internationaux depuis le 19ème siècle, ce qui n’a pas empêché son utilisation à plusieurs reprises…

(6) À ce moment-là, un système centralisé de filtrage injecterait de l’air décontaminé par une pipette dans le masque à gaz. 

(7) On notera d’ailleurs qu’une véritable bataille a eu lieu concernant les types de peintures utilisées pour les véhicules de l’armée de Terre, qui sont à présent à base de polyuréthanne, qui permettent de mieux « fixer » (pour ensuite mieux être décontaminées) les agents toxiques plutôt que les anciennes peintures glycérophtaliques.

(8) Elle va inhiber de façon réversible la cholinestérase, avec des prises toutes les huit heures.   

(9) Entretien avec J. Henrotin sur les mesures antiterroristes prises en Belgique après le 11 Septembre.

(10) Claude Meyer, L’arme chimique, Coll. « Perspectives stratégiques », FRS/Ellipses, Paris, 2001.

 

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