Canons et obusiers : quels calibres ?

Les temps de mise en batterie

La durée de mise en batterie et sortie de batterie devient un facteur essentiel dès l’apparition des radars de contre-batterie, particulièrement efficaces contre les canons tractés dont la mise en batterie réclame jusqu’à une heure comme pour l’obusier de 155 mm ABS Mle 50 français. D’où la généralisation au sein de l’OTAN de canons automoteurs ou automouvants (sans protection pour l’équipe de pièce) mais dont la mise en batterie ne réclame que quelques minutes. Les Soviétiques suivront tardivement avec leur automoteurs M‑1974 de 122 mm et M‑1973 de 152 mm. Ces derniers comme le M‑109, dotés d’une tourelle, peuvent battre des objectifs à 180° dans le secteur avant et éventuellement dans le secteur arrière. Pour les matériels tractés de 155 mm plus récents, des affûts disposant d’une assistance hydraulique à partir d’un générateur de puissance font leur apparition, ce qui permet de supprimer les fameuses manœuvres de force et de réduire les temps de mise en batterie à quelques minutes mais aussi de faire passer les équipes de pièces de 10 à 4 ou 5 personnels. Le groupe de puissance alimente aussi un bras d’aide au chargement permettant d’atteindre une cadence de l’ordre de 6 coups par minute.

Le 155 mm s’impose

Aujourd’hui, le calibre de 155 mm est devenu le calibre standard de toutes les artilleries, ou du moins d’une majorité d’entre elles. L’allongement des tubes est également constaté. D’une longueur de 23 calibres dans les années 1950/1960, ils sont passés à 39 calibres et 45 calibres dans les années 1970/1980 puis à 52 calibres dans les années 1990. Grâce aux nouveaux obus, les portées atteignent 30 à 40 km pour des cadences de tir de l’ordre de 6 à 8 coups par minute. Avec des obus comme le Pelican de Nexter, elles peuvent être de l’ordre de 60 à 80 km contre des objectifs à haute valeur ajoutée. Toutefois, dans le domaine des très longues portées, l’obus est concurrencé par des roquettes comme le programme LRU (Lance-Roquettes Unitaires) pour le LRM capable d’emporter une charge de 89 kg d’explosif à des distances comprises entre 15 et 70 km. Il l’est aussi, et pas d’aujourd’hui, par les missiles sol-sol pouvant atteindre avec une grande précision des cibles situées dans la profondeur. Mais l’artillerie demeure avant tout l’instrument de la permanence des feux sur le champ de bataille et tout temps. Un atout qu’elle n’est pas près de perdre.

Notes

(1) Proscrites depuis 1997 et placées sous le contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), organisme international chargé de vérifier la destruction de toutes les armes chimiques existantes. Actuellement, seuls 7 pays n’ont pas signé ou ratifié la Convention de 1997, dont la Corée du Nord et la Syrie mais aussi Israël.

(2) D’une puissance comprise entre 2 et 5 kt.

(3) Ces dernières sont en voie de disparition selon la convention d’Oslo. La France a signé cette convention en décembre 2008 ce qui, outre les roquettes M-26 des LRM, a aussi mis à l’index les 13 000 obus de 155 mm à sous-munitions OGRE.

(4) Aujourd’hui, on préfère utiliser l’image du terrain de football soit 105 m × 68 m (7 140 m²).

(5) Principalement en portée.

Article publié dans DSI hors-série n°21, décembre 2011-janvier 2012

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