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Canons et obusiers : quels calibres ?

Calibre                                   PM de l’obus          Cadence de tir            Masse délivrée

105 mm (*)                                13 kg                        10 c/min                         130 kg

155 mm                                      43 kg                          3 c/min                         129 kg

155 mm GCT (**)                     43 kg                         8 c/min                         344 kg

(*) Pour mémoire

(**) Grande cadence de tir

Données que nous pouvons comparer avec les possibilités des obusiers du Pacte de Varsovie :

Calibre                       PM de l’obus              Cadence de tir                        Masse délivrée

122 mm                           22 kg                          5 c/min                                        110 kg

152 mm                           43 kg                          4 c/min                                        172 kg

Comme nous pouvons le constater, grâce à la grande cadence de tir, l’artillerie de l’OTAN prend, à partir des années 1970, la supériorité qualitative à défaut de quantitative sur l’artillerie du Pacte de Varsovie.

Les portées

Suivant les obus, les portées, jusqu’à l’apparition d’obus à propulsion additionnelle, base bleed et culot creux, restent sensiblement égales à l’Ouest comme à l’Est avec pour les 152/155 mm des distances de l’ordre de 15 000 à 20 000 m. C’est-à-dire des performances identiques à celles des canons de même calibre de la guerre 1914-1918 (le 155 mm GPF de 1917 avait une portée comprise entre 14 500 et 18 000 m). Pour tirer au-delà, l’OTAN utilisera le canon de 175 mm automouvant M‑107 d’une portée de plus de 32 000 m qui tire un obus de 67 kg, puis le canon de 203 mm portant à 22 000 m (29 000 m avec propulsion additionnelle) dont l’obus pèse 92 kg. Les Soviétiques utiliseront le canon de 130 mm M‑46 d’une portée de 27 000 m et le canon S‑23 de 180 mm portant à 30 000 m. Toutefois, tous ces canons ne disposent que d’une cadence de tir faible, soit en moyenne un coup par minute. Aussi doit-on les utiliser par concentration, toujours vulnérable aux tirs de contre-batterie, pour obtenir l’effet recherché.

Les temps de mise en batterie

La durée de mise en batterie et sortie de batterie devient un facteur essentiel dès l’apparition des radars de contre-batterie, particulièrement efficaces contre les canons tractés dont la mise en batterie réclame jusqu’à une heure comme pour l’obusier de 155 mm ABS Mle 50 français. D’où la généralisation au sein de l’OTAN de canons automoteurs ou automouvants (sans protection pour l’équipe de pièce) mais dont la mise en batterie ne réclame que quelques minutes. Les Soviétiques suivront tardivement avec leur automoteurs M‑1974 de 122 mm et M‑1973 de 152 mm. Ces derniers comme le M‑109, dotés d’une tourelle, peuvent battre des objectifs à 180° dans le secteur avant et éventuellement dans le secteur arrière. Pour les matériels tractés de 155 mm plus récents, des affûts disposant d’une assistance hydraulique à partir d’un générateur de puissance font leur apparition, ce qui permet de supprimer les fameuses manœuvres de force et de réduire les temps de mise en batterie à quelques minutes mais aussi de faire passer les équipes de pièces de 10 à 4 ou 5 personnels. Le groupe de puissance alimente aussi un bras d’aide au chargement permettant d’atteindre une cadence de l’ordre de 6 coups par minute.

Le 155 mm s’impose

Aujourd’hui, le calibre de 155 mm est devenu le calibre standard de toutes les artilleries, ou du moins d’une majorité d’entre elles. L’allongement des tubes est également constaté. D’une longueur de 23 calibres dans les années 1950/1960, ils sont passés à 39 calibres et 45 calibres dans les années 1970/1980 puis à 52 calibres dans les années 1990. Grâce aux nouveaux obus, les portées atteignent 30 à 40 km pour des cadences de tir de l’ordre de 6 à 8 coups par minute. Avec des obus comme le Pelican de Nexter, elles peuvent être de l’ordre de 60 à 80 km contre des objectifs à haute valeur ajoutée. Toutefois, dans le domaine des très longues portées, l’obus est concurrencé par des roquettes comme le programme LRU (Lance-Roquettes Unitaires) pour le LRM capable d’emporter une charge de 89 kg d’explosif à des distances comprises entre 15 et 70 km. Il l’est aussi, et pas d’aujourd’hui, par les missiles sol-sol pouvant atteindre avec une grande précision des cibles situées dans la profondeur. Mais l’artillerie demeure avant tout l’instrument de la permanence des feux sur le champ de bataille et tout temps. Un atout qu’elle n’est pas près de perdre.

Notes

(1) Proscrites depuis 1997 et placées sous le contrôle de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), organisme international chargé de vérifier la destruction de toutes les armes chimiques existantes. Actuellement, seuls 7 pays n’ont pas signé ou ratifié la Convention de 1997, dont la Corée du Nord et la Syrie mais aussi Israël.

(2) D’une puissance comprise entre 2 et 5 kt.

(3) Ces dernières sont en voie de disparition selon la convention d’Oslo. La France a signé cette convention en décembre 2008 ce qui, outre les roquettes M-26 des LRM, a aussi mis à l’index les 13 000 obus de 155 mm à sous-munitions OGRE.

(4) Aujourd’hui, on préfère utiliser l’image du terrain de football soit 105 m × 68 m (7 140 m²).

(5) Principalement en portée.

Article publié dans DSI hors-série n°21, décembre 2011-janvier 2012

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