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L’armée angolaise, la grande inconnue d’Afrique australe

A l’occasion du 37ème anniversaire de la marine, le chef d’état-major déclarait être en mesure de contrôler les côtes angolaise jusqu’à une distance de 100 miles et avoir pour objectif de porter cette capacité à 300 miles En vue d’assurer la surveillance des côtes et de la ZEE, les spécialistes s’accordent à dire qu’il faudrait à la marine angolaise au moins une frégate, trois corvettes, trois patrouilleurs de haute mer, plus des unités de moindre tonnage. Selon le site Infodefensa.com, une délégation de la Marine angolaise a récemment visité le porte aéronef Prince des Asturies pour une évaluation en vue d’une acquisition possible.

La force aérienne nationale / défense antiaérienne

Fondée en 1975, la force aérienne s’est installée dans les installations laissées vacantes par la force aérienne portugaise. Elle recevra successivement un soutien cubain, soviétique puis sud-africain à compter de 1993. Entre 1975 et 2002, la force aérienne a reçu approximativement 300 chasseurs MiG et Sukhoi[i][8]. Selon le rapport annuel Military Balance 2012, la force aérienne emploie 6 000 personnels et dispose de 88 avions de combat, 69 avions de transport et plus d’une soixante d’hélicoptères.

La défense aérienne du pays  repose sur six Su-27 livrés en 1999, par la Biélorussie sur la base aérienne de Benguela-Catumbela[9]. Cinq seraient opérationnels et un second lot d’appareils de ce type ou des Su-30 seraient en cours d’acquisition. Pour les missions d’appui air-sol, l’Angola dispose depuis 1989 de Su-25. Le pays utilise depuis la même période 12 Su-22 acquis auprès de la Slovaquie, suivi d’un second lot de 12 acquis auprès du même pays. La FANA utilise de longue date des petits monomoteurs du type PC-7 et PC-9 pour des missions d’appui-feu rapproché. Elle utilise aussi 13 EMB-312 Tucano, qui datent de la fin des années 1990. En juillet 2013, l’Angola a reçu le premier des 6 Super-Tucano achetés au Brésil.

La force aérienne dispose d’une capacité de transport stratégique importante grâce à quatre IL-76TD. Elle dispose aussi de 21 AN-24/26/32 et huit Antonov An-72 à décollage court. Ces moyens ont été utilisés du 24 au 31 août lors de l’exercice Zambèze Azul. L’école de l’aéronautique militaire a reçu livraison de Six Cessna 172R pour reconstituer les capacités de formation à la suite d’une commande de 2010.

Conclusion

Le rayonnement du pays à l’extérieur reste encore limité. La désignation de l’Angola pour présider, à partir de décembre prochain, la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL), reflète une certaine reconnaissance de l’engagement de l’Angola. Ce dernier ne s’est pas engagé au sein de la Brigade d’intervention des Nations unies qui combat dans l’Est de la RDC pour éradiquer les rebelles du M23, Luanda considérant de longue date que la résolution de la crise passe par le renforcement de l’armée de la RDC. De plus, elle n’a pas donné suite à la demande du secrétaire général Ban Ki-moon qui avait sollicité l’Angola pour fournir des hélicoptères aux missions de l’ONU au Congo et au Soudan. Le pays semble hésiter à engager des militaires à l’extérieur du pays pour diverses raisons.

Les forces armées sont encore fortement marquées par des comportements à risque. Les morts sont nombreux au sein des unités en raison des accidents, de la consommation excessive d’alcool ou des maladies. En 2012, la 6éme division, a perdu en service 88 militaires dont 17 officiers. La question de l’a réinsertion des anciens combattants reste par ailleurs pendante. Dix ans après la fin de la guerre, près de 3 000 ex-militaires des FAPLA de la province de Lunda Norte ont été intégrés dans divers projets sociaux dans le cadre de la lutte contre le chômage dans la localité mais ous ces projets semblent modestes au regard du nombre d’anciens combattants déçus par le manque d’attention des autorités à leur égard.

On peut enfin constater de longue date un affairisme militaire qui a été souvent lié à la fourniture de biens et de nourriture aux armées et à la police. Les commandants des unités militaires peuvent aussi louer des locaux appartenant aux armées avec le consentement du chef de l’état-major général pour accroitre les ressources dont ils disposent.

Article publié dans DSI n°97, novembre 2013

[1] UNITA : mouvement crée en 1966 par Jonas Malheiro Savimbi, qui a pris part à la lutte contre les portugais. J.Savimbi a été candidat à la présidentielle de 1992 ; puis a repris le combat en 1999 avant d’être tué en 2002 lors d’un assaut de l’armée angolaise.

[2] Site de défense sud-africain defenceweb.co.za

[3] SADC : Southern African Development Community

[4] La CEEAC est constituée par la République démocratique du Congo (RDC), la Guinée équatoriale, Sao Tomé et Principe, le Congo Brazzaville, la République Centrafricaine, le Tchad, le Cameroun, le Gabon, l’Angola, le Rwanda et le Burundi.

[5] CPLP : Communauté des Pays de Langue Portugaise, créée en 1996.

[6] Luis Bernardino, « A Posição de Angola na Arquitectura de Paz e Segurança Africana” édition Almedina Coimbra 2013

[7] La Communauté Economique des États de l’Afrique Centrale.

[8] Tom Cooper and Peter Weinert, African Migs, Vol 1, Harpia publishing 2010.

[9] Site d’information aéronautique scramble.nl

 

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