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Dix ans après, rien ne nous éloigne de la prochaine crise financière

D’où viendra la prochaine crise financière ? On ne le sait pas et, comme à chaque fois, on sera vraisemblablement surpris de son épicentre. Deux choses sont sûres néanmoins. La première est que les zones de sismicité financière se situent à peu près partout dans le monde. L’indécision européenne, l’imprévisibilité américaine, l’affaiblissement des émergents, l’immensité des défis financiers, sociétaux, environnementaux que la Chine devra relever pour confirmer sa puissance, sont autant de catalyseurs possibles dans le contexte actuel car ils sont source de tensions et de déceptions. La deuxième est que la régulation du système financier international est loin d’avoir suffisamment progressé pour que le prochain choc financier puisse être encaissé sans dommage. À n’en pas douter toutefois, ses coûts seront toujours, à peu de choses près, aussi mal partagés. Ceux qui profitent des emballements financiers ne sont pas ceux qui pâtissent le plus du retournement. De quoi comprendre au fond que la volonté de faire progresser la régulation financière ne soit pas plus forte.

Too big to fail ? (Trop grosses pour chuter ?)

Notes

(1) Isabelle Bensidoun et Jézabel Couppey-Soubeyran (dir.), « Les réformes bancaires ont-elles été poussées trop loin ? », L’économie mondiale 2017, Paris, La Découverte, coll. « Repères », septembre 2016.

(2) Chargé de renforcer la solidité du système financier mondial, l’efficacité du contrôle prudentiel et la coopération entre régulateurs bancaires, le Comité de Bâle, créé en 1974, rassemble aujourd’hui les superviseurs de 28 pays ou juridictions (Afrique du Sud, Allemagne, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Belgique, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Espagne, États-Unis, France, Hong Kong, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Luxembourg, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Russie, Singapour, Suède, Suisse, Turquie, Union européenne).

(3) Gunther Capelle-Blancard, « À quoi servent les (centaines de milliers de milliards de) transactions boursières ? », Revue d’économie financière, 2017/3 (no 127).

(4) Pour décrypter cette rhétorique, voir : J. Couppey-Soubeyran, Blablabanque : le discours de l’inaction, Paris, Michalon, 2015.

(5) Cf. Charlotte Gardes, « Un premier pas vers la neutralisation du Dodd-Frank Act aux États-Unis (Policy Brief) » (http://www.bsi-economics.org/897-neutralisation-dodd-frank-act-aux-us).

(6) https://www.bis.org/publ/arpdf/ar2018_ov_fr.pdf

(7) Voir « On n’aime pas la dette mais on l’encourage, toujours et encore », par J. Couppey-Soubeyran, Le Nouvel économiste, 3 décembre 2015 (https://www.lenouveleconomiste.fr/on-naime-pas-la-dette-29034/).

(8) « Tempérer les cycles financiers de la zone euro pour la guérir de ses divergences », par J. Couppey-Soubeyran et Salim Dehmej, juin 2017 (https://theconversation.com/temperer-les-cycles-financiers-de-la-zone-euro-pour-la-guerir-de-ses-divergences-78686).

Article paru dans la revue Diplomatie n°94, « Russie : le monde selon Poutine », septembre-octobre 2018.

Légende de la photo ci-dessus : L’ancien siège de Lehman Brothers à New York, racheté à bas prix par la Barclays en même temps que les activités américaines de l’établissement. Fondée en 1850, Lehman était la quatrième plus grande banque d’investissement américaine avant de faire faillite, en septembre 2008, donnant une ampleur systémique à la crise financière partie des États-Unis un an plus tôt. (© David Shankbone)

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