Magazine Moyen-Orient

Gouverner les anciens territoires djihadistes : l’avortement géopolitique d’une utopie autogestionnaire

Le « mouvement öcalanien » (1) a construit son projet politique en Syrie à la faveur du retrait du régime du nord-est du pays dès 2012, puis, à partir de 2014, de la lutte contre l’organisation de l’État islamique (EI). Si le premier lui a permis de sécuriser les territoires à forte présence kurde, le second l’entraîne dans l’intérieur arabe. L’alliance avec les États-Unis était une occasion de s’insérer dans un front international large. La gestion d’un espace autour des territoires à majorité kurde devait être un lieu de réalisation de la nouvelle utopie autogestionnaire. Mais la polarisation entre le mouvement öcalanien et son environnement régional empêchera son développement.

Lorsqu’il décida d’aller au-delà de ses territoires pour déloger l’EI de son hinterland arabe, le mouvement kurde avait alors à gérer ce qui pourrait apparaître comme une double tension : comment un mouvement irrigué de nationalisme kurde peut-il gérer des zones à majorité arabe et comment ce nationalisme se revendiquant d’un projet révolutionnaire peut-il projeter une vision sur des territoires conquis à la faveur d’une vision contre-insurrectionnelle soutenue à la fois par l’impérialisme américain et les États les plus réactionnaires et « contre-­révolutionnaires » de la région (Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Jordanie, Égypte) ? En apportant des réponses immédiates sans trop s’embarrasser d’idéologie. Le résultat est la mise en place d’une gouvernance à deux vitesses dans les zones contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS). Les zones à majorité kurde deviennent le lieu de réalisation de l’utopie öcalanienne, alors que l’ensemble de l’arc arabe (Tal Abyad, Manbij, Thaoura/Taqba, Raqqa, Deir ez-Zor) fait l’objet d’une gouvernance beaucoup plus pragmatique dominée par un impératif à court terme de stabilisation.

De l’idéologie à petite dose et beaucoup de pragmatisme

C’est lors de la reprise de Tal Abyad en juin 2015 que, tout à coup, les Unités de défense du peuple (YPG) se trouvent pour la première fois dans un territoire majoritairement arabe. Après l’euphorie de la victoire, il fallait, comme le disait un responsable chargé de la mise sur pied des administrations dans la ville en 2015, « organiser les populations » à partir de ce qu’il désigna comme la « recette » (2). Il s’agit moins de la réalisation d’un projet idéologique préexistant que d’une série de réponses pratiques et parfois ad hoc à un problème nouveau : sécuriser des territoires qui, pour partie, furent des bastions de l’EI.

Le premier instrument de la recette, c’est le bureau des relations publiques des YPG. Outil de gestion et de filtrage sécuritaire des populations, coopérant depuis la bataille de Ras al-Aïn avec certaines notabilités tribales arabes, sa mission est l’engagement des populations. La situation à Tal Abyad est chaotique. Pendant la bataille, les civils ont quitté les zones de combats et se sont dispersés dans les villages alentour, souvent dans des conditions précaires. Ensuite, de peur que l’EI ne se réorganise, les YPG veulent filtrer les populations, mais manquent de connaissance fine du milieu reconquis. Il leur faut des interlocuteurs locaux capables de les aider dans leur double mission de sécurisation et d’administration du territoire.

Le mouvement öcalanien va alors être pris dans un dilemme : d’un côté, en tant que parti émargeant idéologiquement à la gauche radicale, il se pose en avant-garde éclairée, soucieux de réformer les populations sous son contrôle dans une perspective progressiste. Il perçoit les territoires arabes qu’il est en train de prendre comme anomiques et sans leader ou structurés sur des allégeances tribales et claniques que le mouvement a toujours combattues comme réalités réactionnaires ou soupçonnées de collusion avec l’ennemi. D’un autre côté, précisément parce que le mouvement öcalanien voit la société arabe comme communautaire et tribale, il va prendre langue avec elle sur un mode traditionnel avec l’objectif de « gagner les populations arabes avec les notabilités tribales », comme l’exprimait un responsable sécuritaire à Qamichli. Cette nouvelle croyance dans les tribus peut trouver sa justification idéologique : le leader du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan (emprisonné en Turquie depuis 1999), après avoir longtemps vu les tribus comme un vecteur d’arriération des sociétés, voire de connivence avec l’État colonial, tend à y voir désormais un vecteur de résistance face aux États centraux oppresseurs. Dans cette perspective, la tribu devient un allié naturel dans le projet de mise à distance de l’État central et de renforcement des modes locaux d’autogestion, à savoir le confédéralisme démocratique. Pourtant, si la tribu est sollicitée par les vainqueurs de l’EI, c’est avant tout parce qu’il fallait au mouvement des interlocuteurs locaux prêts à faire alliance avec lui dans son plan d’organisation des collectivités reprises à l’EI.

Une procédure se met alors en place : durant les batailles, les populations sont maintenues à l’écart des zones de combats. Le retour des civils est ensuite conditionné par la coopération des notabilités locales ou tribales. Celles-ci sont sollicitées à trois fins : aider les services de renseignement des YPG à lister les membres de l’EI, participer à la mise en place des conseils locaux et contribuer au recrutement de comités de défense locaux. Les notabilités deviennent alors intégrées à des comités de sécurité incluant également les différentes structures de renseignement et de sécurité, lesquelles, collectivement, organisent le filtrage des populations. Elles vont ensuite jouer un rôle prépondérant dans le recrutement des jeunes dans les rangs des FDS. Cela permet à ces dernières d’être entourées de combattants connaissant les zones où les combats se portaient et facilite la reconquête en cours.

Cette formule s’avère efficace dans les environnements ruraux. Une population peu dense, une structure sociale peu complexe y facilitent l’identification des édiles tribaux. Les accords tissés permettent, la plupart du temps, un retour des populations sans trop de heurts. En revanche, dans les environnements urbains, la « recette » est plus difficilement applicable. D’abord en raison du nombre, mais surtout parce que la complexité de la société rend plus difficile l’identification des relais locaux. Ainsi, lorsque la ville de Suluk, à l’est de Tal Abyad, est reprise par les YPG en décembre 2016, la mécanique se grippe : considérée comme un bastion de l’EI, Suluk est regardée avec suspicion par les responsables sécuritaires. Les abus sont massifs, les arrestations arbitraires également, les populations civiles sont dispersées dans les villages alentour pendant des mois dans des conditions difficiles et, divisées et désorganisées par la guerre, elles ne parviennent pas à mettre en place un mécanisme de représentation unique. Les comités de notables se multiplient et rivalisent, chacun porteur de listes différentes concernant les personnes impliquées dans les structures de l’EI.

Face à une société qu’il connaît mal, le mouvement öcalanien n’a guère de moyens de filtrer l’information et tergiverse. D’un côté, les politiques veulent s’assurer l’allégeance des populations qu’ils vont devoir administrer. De l’autre, les sécuritaires redoutent les cellules dormantes. Des attaques sur les checkpoints vont faire prévaloir leur point de vue et ils se livrent à des arrestations en masse. Les organisations de Droits de l’homme s’alarment ; l’opposition en Turquie ainsi que certains diplomates parlent alors de nettoyage ethnique. Finalement, il faudra plus d’un an pour que la population de Suluk puisse revenir, qu’une administration se mette en place et que la situation se normalise (accès aux services, remise en route minimum de l’économie).

Peu à peu, notamment au cours de la bataille de Manbij (mai-août 2016), la « recette » s’affine. Progressant d’abord dans les campagnes, l’avancée des troupes kurdes toujours plus secondées par des forces arabes recrutées localement est lente, ce qui facilite les opérations de filtrage des populations. Dans chaque village repris et, dans les villes, dans chaque quartier récupéré, des « kommun » assurent un minimum de services. Pain, gaz, mazout sont distribués à bas prix alors que les comités du pain enregistrent les détails des familles à approvisionner sur des listes servant également à des fins sécuritaires.

Les administrations sont sommaires, composées d’un conseil local chapeautant des comités spécialisés chargés principalement de la distribution des services de base ou de la paix sociale. Les communes sont la cellule de base de l’administration. Les conseils sont contrôlés par des commissaires politiques formés souvent à l’école du PKK en Syrie ou ailleurs. Chaque ville a son commissaire, lequel peut compter par ailleurs sur des « camarades » présents dans les comités clés comme ceux du pain ou du mazout. C’est le commissaire politique, épaulé par des conseillers locaux, en coopération souvent avec les bureaux des relations publiques des YPG, puis des FDS, qui créent les collèges électoraux qui désigneront les conseils locaux. Le budget des administrations est assuré par le Conseil syrien démocratique.

Avantages et défauts d’une structure de parti

Encadrée de près par les commissaires politiques, financée directement par le mouvement öcalanien, l’administration ainsi mise en place est de nature partisane. « Donner un rôle prépondérant à une avant-garde révolutionnaire capable d’organiser des populations anomiques était le seul moyen d’éviter le chaos qui aurait immanquablement suivi la libération des populations alors sous le joug de EI », rappelle l’un de ces commissaires chargé de la ville de Manbij.

À court terme, ce constat est exact : une structure semi-autoritaire régie par une logique de parti dominant est sans doute la meilleure manière d’assurer la mise en place d’une administration d’urgence capable de stabiliser les populations sur les terres reprises à l’EI et de faciliter le retour des déplacés. Sur ces bases, l’encadrement des populations a ainsi permis d’assurer l’essentiel : des services et un minimum de sécurité. En effet, dans l’ensemble de l’arc arabe désormais sous contrôle des FDS, à l’exception d’une attaque massive contre Tal Abyad par l’EI en février 2016, aucun attentat majeur n’a eu lieu. L’autoritarisme reste – selon la norme syrienne – relativement mesuré. Les vagues d’emprisonnement qui ont suivi les premières batailles en zones urbaines (Tal Abyad, Suluk) n’ont plus eu lieu par la suite. Les arrestations arbitraires continuent, mais les médiations des notabilités tribales, souvent soutenues par les commissaires politiques, auprès des services de sécurité permettent la plupart du temps de faire libérer les détenus. Les cas de disparus existent, mais sont relativement rares. Quant aux services, le minimum vital est assuré : pain à bon marché, mazout pour l’hiver et enseignement – même si la qualité de ce dernier laisse à désirer.

Cela dit, la « recette » souffre de deux problèmes centraux, tous deux liés à sa nature partisane. D’abord, le flirt avec les édiles tribaux, nécessaire dans un premier temps d’un point de vue sécuritaire (il fallait de l’information et des capacités de recrutement), a débouché sur une forme de clientélisme où les élus sont désignés, où les conseils sont parfois confisqués par certains clans, où ces conseils sont vus comme étant contrôlés en sous-main par des commissaires politiques liés au mouvement öcalanien, soumis à l’ingérence des responsables locaux des services de renseignement, ou, simplement, des collèges traditionalistes peu attirants pour les diplômés urbains.

Cette réalité a empêché, à ce jour, le ralliement des classes moyennes et des secteurs éduqués de la société. Ceux-ci se tiennent pour trois raisons principales à l’écart des structures administratives mises en place par le mouvement. En raison du contrôle exercé par les commissaires politiques, souvent peu compétents sur les dossiers que ces administrations sont appelées à gérer. Ensuite, ils ne s’engagent pas en raison du flou politique lié à l’avenir plus qu’incertain de cette administration contestée autant par Damas (le retour du régime à terme est jugé probable) que par la Turquie (dont une incursion n’est pas à exclure) et protégée par des États-Unis à la présidence plus qu’erratique. La désaffection des classes moyennes est enfin également le fait de la multiplication d’organisations soutenues par la communauté internationale payant des salaires de trois à quatre fois plus élevés. Le constat est tout aussi vrai dans les zones kurdes où les classes moyennes n’ont pas vraiment participé à la mise en place des institutions de l’administration autonome.

On se retrouve finalement face à un binôme où se font face une administration clientélisée et largement – mais pas uniquement – de facture tribale, d’un côté, et une société civile réduite autant par les États engagés dans la stabilisation des territoires FDS que par les dirigeants redoutant les « entités parallèles » (selon le terme d’une officielle chargée des relations avec les organisations) à son rôle de distributeur de services, de l’autre. Le pouvoir local est alors dépolitisé, ce qui réduit ses capacités à produire de la représentation et à institutionnaliser la contestation.

En second lieu, l’affiliation partisane de ces administrations pose un problème géostratégique. Le maintien, à ce jour, d’une structure partisane adossée au réseau des commissaires politiques formés à l’école du PKK provoque l’ire de la Turquie. Pour elle, la coopération militaire entre la coalition et les YPG, devenues dès leur entrée en territoire arabe les FDS, revient à cautionner la constitution d’un « micro-État PKK » sur son flanc sud, ce qui est, de son point de vue, une « menace existentielle » pour reprendre les termes d’un officiel à Ankara.
Les États de la coalition, États-Unis et gouvernements européens en tête, vont être placés devant un dilemme : comment contribuer à stabiliser les territoires repris à l’EI et assurer sa « défaite durable », selon l’expression désormais consacrée de l’administration américaine, tout en prenant en compte les préoccupations de la Turquie qui considère que tout soutien financier dans les zones sous contrôle des FDS est déjà une forme de reconnaissance et de renforcement indirecte du PKK ? La réponse va principalement être de contourner les structures de gouvernance sous contrôle des commissaires politiques du mouvement öcalanien et de se concentrer sur l’humanitaire, un minimum de travaux d’infrastructure, de déminage et de déblaiement des gravats.

L’effet est alors paradoxal : pour ne pas s’aliéner la Turquie, les États occidentaux ne s’engagent qu’en matière de « stabilization light », c’est-à-dire font du service minimum en ce qui concerne l’assistance civile tout en contournant la question de la gouvernance pour ne pas légitimer le PYD. Mais en faisant cela, ils la délèguent implicitement au mouvement öcalanien et, en raison de l’investissement minimaliste sur la stabilisation dans les territoires FDS, le poussent à y investir encore plus en ressources humaines et financières.

Les craintes turques de voir se créer un micro-État PKK à l’ombre de la guerre contre l’EI fonctionnent bien dans une logique de prophétie autoréalisatrice. Un des chefs militaires souriait à ce propos mentionnant la situation à Manbij : « On nous demande de nous retirer d’ici. Si les salaires du conseil militaire de la ville étaient entièrement pris en charge par la coalition, nous y serions prêts [les forces américaines payent uniquement les soldats formés par leurs soins, ils reçoivent alors un salaire de 100 dollars ; les FDS rajoutent 100 dollars supplémentaires pour les mettre aux normes des rétributions des autres combattants]. » Ajoutant sur un ton ironique qu’« il faudrait aussi qu’ils acceptent que nous retirions nos services de renseignement et qu’ils les remplacent ». La faiblesse de l’engagement occidental a bien créé un fait accompli, une administration et une structure milicienne de nature partisane, difficile à gérer et surtout désormais trop importante pour être ignorée par les États de la région.

Le salut par l’utopie : le dépassement du modèle partisan possible ?

Selon l’un des chefs militaires, la mainmise des commissaires politiques sur les administrations les relève du provisoire et leur progressif désengagement des institutions fait partie même de leur vision idéologique : « Nous avons eu recours à une avant-garde révolutionnaire pour nous aider. Certains étaient d’ici, d’autres de l’étranger. Ils sont venus nous prêter main-forte face à Jabhat al-Nosra d’abord, puis face à l’EI. Plus notre situation était fragile, plus nous nous sommes appuyés sur les élans de solidarité de volontaires internationaux dédiés à la cause.

Dans les zones arabes, sans structures existantes sur lesquelles nous appuyer, nous avons dû organiser les populations. Sans notre encadrement, et sans les efforts financiers que nous avons réalisés, les conseils locaux mis en place n’auraient jamais tenu. Mais notre plan n’est pas de laisser ces territoires en l’état ; ce ne sont pas les nôtres, nos propres bases nous reprochent d’y être. Notre objectif est, à terme, de nous en retirer sans provoquer de chaos, car l’autoadministration des populations est l’objectif politique que nous visons. Notre progressif désengagement ne pourra se faire qu’avec un minimum de stabilité. »

C’est bien sur le dernier point que le bât blesse. En effet, pris en tenaille entre une Turquie plus que jamais hostile au nord et un régime à Damas rivé sur son objectif de reprise en main, décidés tous les deux, à défaut de pouvoir prendre ou reprendre les territoires des FDS protégés par le dispositif militaire américain, à les miner de l’intérieur, la condition de la stabilité a très peu de chances de se réaliser. Sur sa frontière nord, les manœuvres militaires turques sont accompagnées, à l’intérieur, d’une campagne d’assassinats ciblés visant les principaux médiateurs comme Omar Allouch, le parrain de la mise en place des structures de gouvernance dans les zones à majorité arabe, assassiné en mars 2018, ou le cheikh Bachir Fayçal al-Howaidi, tué dans sa voiture à Raqqa en novembre. Plus au sud, à Deir ez-Zor, la situation est bien plus critique. Les attaques sur les checkpoints des FDS sont quotidiennes, les assassinats ciblés fréquents et le régime est déjà à la manœuvre pour retourner les notabilités tribales en sa faveur, annonçant son retour proche et favorisant les rumeurs allant dans ce sens, le tout sans mentionner les cellules de l’EI encore bien présentes dans une zone en situation de combat.

La sortie du modèle de contrôle partisan pour la réalisation du projet idéologique du confédéralisme démocratique fondé sur l’autonomie des communautés de base ne pèche donc pas en raison de l’autoritarisme impénitent des leaders du mouvement, mais des dynamiques régionales induites par sa structure d’alliance avec la filiation sur le PKK d’un côté, et l’alliance militaire sans ouverture politique avec les Américains de l’autre. Celles-ci ont polarisé les États de la région, tous à l’exception de l’Irak, ainsi que la Russie, lesquels, à des degrés divers, se sont lancés dans la déstabilisation de la situation dans les territoires sous contrôle du mouvement öcalanien.

La polarisation régionale, particulièrement la tension avec la Turquie, bloque la démocratisation possible des structures mises en place dans les territoires repris à l’EI, à savoir l’autonomisation des structures de gouvernance en zones arabes du contrôle des cadres formés à l’école du PKK. À terme, c’est le risque réel d’une guerre contre ce modèle qui se profile, avec toutes les conséquences que cela induirait sur la Syrie et la région. La stabilisation ne se fera pas si l’ancrage géostratégique problématique du projet öcalanien en Syrie n’est pas déconflictualisé. Elle passe d’abord par un rapprochement réel et solide entre l’administration et au moins l’un des deux principaux pays concernés : la Syrie de Bachar al-Assad (depuis 2010) ou la Turquie de Recep Tayyip Erdogan (président depuis 2014). À partir de là, le dépassement du modèle avant-gardiste du contrôle des institutions par le parti et le transfert du pouvoir aux populations locales sera la meilleure manière de réconcilier ces territoires avec leurs environnements local et régional, Turquie comprise, et de réduire le risque réel d’une confrontation militaire pour le contrôle du nord-est syrien.

Notes

(*) Les analyses présentées sont celles de l’auteur, pas celles de son organisation.

(1) Le « mouvement öcalanien » décrit la direction du projet politique mis en place dans le nord-est syrien. Aucun des nombreux acronymes des non moins multiples institutions créées ne peut être utilisé comme terme générique. Par exemple, le Parti démocratique du peuple (PYD) ne décrit pas les instances de décision, qui sont peu connues ; les experts considèrent que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) d’Abdullah Öcalan joue un rôle prépondérant.

(2) Les citations sont issues d’entretiens réalisés par l’auteur.

Légende de la photo en première page : Rue de Qamichli en mars 2014 ; le quotidien reprend le dessus sur la guerre.

Article paru dans la revue Moyen-Orient n°41, « Kurdistan syrien : réalité politique ou utopie ? », janvier-mars 2019.

À propos de l'auteur

Patrick  Haenni

Patrick  Haenni

Chercheur, conseiller sur la Syrie pour le Centre pour le dialogue humanitaire.

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