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Haïti : le chaos, la refonte du système ou le bricolage continu ?

Malgré les lourdes contraintes institutionnelles et structurelles, il reste une marge de manœuvre pour les parties prenantes en Haïti. Si elles veulent éviter le scénario du chaos, elles devront obtenir le consensus minimum nécessaire pour sortir de l’impasse et avancer vers une gouvernance et une économie plus stables. Ceux et celles qui rêvent d’une refonte du système devront construire les consensus plus larges requis pour entériner les réformes profondes qui s’attaqueront aux causes structurelles des problèmes récurrents. Pour citer le professeur Chantal une dernière fois, « s’agissant d’Haïti, on sait bien qu’il n’y a pas de solution facile ». Pas facile ne veut pas dire impossible, mais il faudrait que les parties prenantes relèvent le défi comme elles l’ont fait en 1804 et en 1986 (9).

Notes

(1) Mission des Nations Unies pour l’appui à la justice en Haïti (MINUJUSTH). Rapport du secrétaire général S/2019/563, New York, 9 juillet 2019, p. 16.

(2) Premier ministre Jack Guy Lafontant, Déclaration de politique générale, Port-au-Prince, février-mars 2017, p. 3.

(3https://www.banquemondiale.org/fr/country/haiti/overview.

(4) Déclaration du Core Group, Port-au-Prince, Ambassade des États-Unis, 10 février 2019.

(5) Robenson Geffrard, « Cadre d’échange pour une sortie de crise signé par quatre secteurs clés de la société », Le Nouvelliste.com, 29 juillet 2019.

(6) Ilionor Louis, « Haïti : changer de système », AlterPresse.com, 24 juin 2019.

(7) MINUJUSTH. Rapport du secrétaire général, op. cit., p. 3 et 5.

(8) Roromme Chantal, « L’éloge du chaos en Haïti », Le Devoir.com , 26 juillet 2019.

(9) Haïti a obtenu son indépendance de la France en 1804, à la suite d’une révolution sanglante, mais rassembleuse des forces anticoloniales. En 1986, la dictature des Duvalier tombe, sous la pression d’un large mouvement démocratique ; ce mouvement réussira aussi à faire adopter une Constitution très inclusive en 1987.

Légende de la photo en première page : Le président haïtien, Jovenel Moïse (au centre), s’adresse en juin 2017 à la presse au cours d’une visite sur le terrain dans le cadre de sa « Caravane du changement », ensemble de projets d’infrastructures (routes, accès à l’eau, électrification…) et de modernisation du secteur agricole. Dauphin de Michel Martelly (l’ancien président élu en 2010), ce cinquantenaire était surtout connu avant son élection comme PDG d’Agritrans, une entreprise de production et d’exportation de bananes biologiques. (© Twitter/@moisejovenel)

Article paru dans la revue Diplomatie n°100, « Le monde en 2050 »,  septembre-octobre 2019.

Stephen Baranyi, « Second-Generation SSR or Unending Violence in Haiti? », Stability: International Journal of Security & Development, vol. 8, no 1, 7 mars 2019, p. 2. [http://doi.org/10.5334/sta.668]

À propos de l'auteur

Stephen Baranyi

Stephen Baranyi

Professeur agrégé à l’École de développement international et de mondialisation à l’Université d’Ottawa, au Canada. Depuis 2005, il visite régulièrement Haïti en missions de recherche et de coopération.

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