L’Indo-Pacifique libre et ouvert de Donald Trump : les limites de l’endiguement face au « rêve chinois » de Xi Jinping ?

En définitive, le ré-engagement économique des États-Unis en Indo-Pacifique est perçu comme bien peu attractif par les puissances alliées de la zone, qui restent dépendantes de la Chine (leur premier partenaire économique). Écartelées entre les deux géants, elles sont contraintes de pratiquer le hedging, une stratégie de couverture des risques militaires ou économiques en fonction des priorités du moment.

Face à cette menace grandissante de la compétition chinoise, la stratégie de Trump en Indo-Pacifique s’inscrit dans la continuité de la politique de défense des États-Unis menée depuis le début du XXIe siècle en Asie Pacifique (sous les administrations Bush puis Obama). Si les tentatives de rééquilibrage des outils employés (hard et soft) ont pu faire croire à l’élaboration d’une stratégie plus large dans la zone, une analyse plus précise des moyens mis en œuvre révèle, sans grande surprise, que c’est avant tout une stratégie de défense « augmentée », adaptée aux défis posés par la Chine en matière d’investissements technologiques qui est aujourd’hui à l’œuvre. Cependant, les derniers développements, marqués par le départ retentissant du conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, pourraient laisser penser que, particulièrement en Indo-Pacifique, l’administration Trump est en train de revoir son approche des questions de sécurité pour soigner son bilan de politique étrangère, dans la perspective de l’échéance électorale de 2020, en privilégiant la diplomatie plutôt que le conflit.

Notes

(1) Department of Defense, « Indo-Pacific Strategy Report : Preparedness, Partnerships, and Promoting a Networked Region », 1er juin 2019 (https://​bit​.ly/​2​L​M​P​7B3).

(2) Mike Pence, « Vice President Mike Pence’s Remarks on the Administration’s Policy Towards China », Hudson Institute, 4 octobre 2018.

(3) The New York Times, 6 septembre 2011 (https://​nyti​.ms/​2​k​S​6​zcD).

Légende de la photo en première page : le 5 août 2019, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo arrive à Kolonia, en Micronésie, pour une visite historique, puisqu’il s’agissait de la première fois qu’un chef de la diplomatie américaine se rendait dans cet État du Pacifique. Lors de cette visite, où il a également rencontré les dirigeants des Palaos et des îles Marshall, Mike Pompeo a déclaré : « Nous savons que la Chine cherche à s’impliquer et à influencer cette région, mais j’ai confiance dans le fait que la population des îles Marshall, des Palaos et de Micronésie comprenne que les meilleurs partenariats sont avec les pays démocratiques, les États-Unis, l’Australie et le Japon et les autres démocraties du Pacifique. » (© US Department of State)

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