L’IA au service du renseignement : le cas d’Earthcube

Si Earthcube a pour ambition de continuer à croître sur les marchés export, cette croissance se fera avec un très grand souci de respecter des principes éthiques au cœur de la culture de la société. Nous avons ainsi mis en place un comité éthique définissant un cadre d’emploi strict pour nos solutions, que cela concerne l’ajout de nouvelles fonctionnalités ou les clients auprès de qui nous commercialisons nos produits. Ces règles se fondent sur des indicateurs internationalement reconnus mesurant notamment le respect des principes démocratiques.

L’innovation aussi bien que tout ce qui touche au renseignement sont des domaines prioritaires pour le ministère des Armées. Vous sentez-vous suffisamment soutenu par ce dernier ?

La société n’existait pas depuis trois mois quand elle a été identifiée par le ministère des Armées. Quatre ans plus tard, notre chiffre d’affaires connaît une très forte croissance, multiplié par quatre en 2019 et en passe de connaître la même accélération en 2020. Notre société compte une cinquantaine d’employés actuellement, et nous serons près de 200 d’ici à deux ans. La confiance des acteurs de la défense ne se gagne pas en un jour, mais les premiers contrats peuvent rapidement atteindre des montants dix fois supérieurs à ce qu’une start-up peut connaître sur des marchés civils.

Sous l’impulsion de la ministre des Armées, Florence Parly, un très fort accent a en effet été mis sur l’innovation. Cette innovation n’est pas l’apanage des start-up : elle mobilise tout un écosystème de laboratoires de recherche, de PME/ETI et de grands industriels. Des organisations comme l’Intelligence Campus et l’Agence de l’innovation de défense ont pour mission de favoriser l’émergence de solutions innovantes en mettant en lumière les besoins du ministère des Armées et en raccourcissant les délais d’acquisition.

Par ailleurs, le ministère des Armées a un rôle fortement moteur pour promouvoir ses champions industriels à l’international. Après avoir été parmi les cinq sélectionnés aux États-Unis dans le cadre du FCT (1) au sein d’un panel de plusieurs centaines de sociétés internationales, Earthcube a ainsi tiré parti d’un évènement organisé par la Direction internationale de la Direction générale de l’armement (DGA) à l’ambassade de France à Washington pour être mis en relation avec une quinzaine de prospects américains.

Enfin, dans le contexte de crise sanitaire et économique de ce début d’année, la DGA a porté une attention particulière à la santé des industriels à travers l’action de son Service des affaires industrielles et de l’intelligence économique. Elle a par exemple ainsi veillé à ce que les paiements des contrats engagés ne soient pas retardés.

Propos recueillis par Joseph Henrotin, le 3 juillet 2020.

Note

(1) Voir : DGA, « Le programme Foreign Comparative Testing du département de la défense américain : présentation et opportunités », 29 mai 2020 (https://​www​.defense​.gouv​.fr/​e​n​g​l​i​s​h​/​d​g​a​/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​l​e​-​p​r​o​g​r​a​m​m​e​-​f​o​r​e​i​g​n​-​c​o​m​p​a​r​a​t​i​v​e​-​t​e​s​t​i​n​g​-​d​u​-​d​e​p​a​r​t​e​m​e​n​t​-​d​e​-​l​a​-​d​e​f​e​n​s​e​-​a​m​e​r​i​c​a​i​n​-​p​r​e​s​e​n​t​a​t​i​o​n​-​e​t​-​o​p​p​o​r​t​u​n​i​tes).

Légende de la photo en première page : L’analyse de l’imagerie est chronophage… alors même que les flux s’accroissent et que le recrutement de spécialistes est délicat. (© Earthcube)

Article paru dans la revue DSI hors-série n°73, « Armées françaises : dans l’œil du cyclone ?  », août-septembre 2020.

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