Les espèces sauvages : un trafic qui bat des records

Internet est tout d’abord un vaste supermarché ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans frontières, sans réglementation contraignante et pour lequel les forces de l’ordre chargées de surveiller ce qu’il s’y passe ont des moyens limités. Surtout, Internet apporte la garantie d’un anonymat particulièrement intéressant pour les criminels.

Par ailleurs, la multiplicité des sites sur Internet permet de nombreux points d’accès entre l’offre et la demande. Si nous disposons de peu de données sur l’ampleur du trafic en ligne, nous avons pu constater au cours des dernières années que de plus en plus de spécimens sauvages protégés — vivants ou non — sont à disposition sur Internet.

Enfin, un nouveau phénomène est en train d’apparaître : le web devient une plateforme de commande de la part de certains acheteurs pour des produits spécifiques, ce qui stimule la collecte illégale en amont.

Qu’est-ce qui est fait aujourd’hui concrètement — ou qu’est-ce qui pourrait être fait — pour lutter efficacement contre ce trafic ?

Concrètement, un certain nombre d’actions concomitantes sont menées tout le long de la chaîne d’approvisionnement. En amont, nous assistons à un renforcement de la lutte sur le terrain, voire même à une militarisation de la lutte contre le braconnage ; les braconniers étant souvent munis d’armes de guerre, face à des rangers qui payent un lourd tribut dans le cadre de cette criminalité. Certaines technologies militaires sont de plus en plus utilisées telles que les drones, les caméras thermiques, etc. À ce titre, IFAW a notamment mis en place au Kenya en 2015 le projet tenBoma : il s’inspire des techniques de contre-terrorisme pour lutter contre le braconnage et s’appuie sur la création d’un centre interservices de renseignement sur la criminalité faunique pour démanteler les réseaux criminels. Le renseignement et l’humain sont au cœur de ce dispositif et c’est pour cela que nous faisons appel à la population locale, et pas uniquement aux rangers.

Nous mettons également en place des ateliers de formation à destination des autorités locales pour les sensibiliser aux espèces menacées et aux méthodes de contrebande utilisées par les trafiquants. La lutte contre la corruption constitue également un élément très important.

Enfin, il est nécessaire de travailler auprès des consommateurs pour les détourner de ces produits et les informer de l’impact que leur appétence peut avoir sur les espèces sauvages.

Propos recueillis par Thomas Delage, le 28 juin 2019.

Note

(1) https://​www​.cites​.org/​f​r​a​/​d​i​s​c​/​s​p​e​c​i​e​s​.​php

Légende de la photo en première page : Défenses d’éléphant confisquées avant la destruction de l’ivoire. (30 avril 2019, Malaisie). ©Shutterstock/MIFAS

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