Magazine Diplomatie

Le Cambodge des Khmers rouges : la mémoire des survivants face aux impératifs géopolitiques

Enfin, la lecture du second, le Rapport de la Mission Génocides (11) dirigé par Vincent Duclert en 2016-2018, m’encourage à croire en un avenir plus sensibilisé aux violences extrêmes et aux crimes contre l’humanité. Cet ouvrage présente les mécanismes, les origines et les facteurs qui incitent aux génocides et aux crimes de masse — car les cycles et schémas se répètent ; idéologie, propagande massive, déshumanisation, banalisation de la violence, crimes méthodiques, etc. Un programme pédagogique sera développé pour initier les professeurs, les élèves et l’opinion publique aux phénomènes de violences extrêmes afin de mieux les prévenir et les combattre. C’est dans ce même esprit de prévention et de sensibilisation que je donne des conférences et apporte des témoignages auprès d’établissements scolaires et d’autres instituts publics et privés.

Propos recueillis par la rédaction, le 4/6/21.

Les massacres de masse des Khmers rouges (1975-1979)

Notes

(1) Patrick Heuveline, « L’insoutenable incertitude du nombre : estimations des décès de la période Khmer rouge », Population, vol. 53, no 6, 1998, p. 1103-1117.

(2) Henri Locard, « State Violence in Democratic Kampuchea (1975 – 1979) and Retribution (1979 – 2004) », European Review of History, vol. 12, no 1, 2005, p. 121-143. Marek Sliwinski, Le génocide khmer rouge : une analyse démographique, Paris, L’Harmattan, 1995.

(3) Francis Deron, « Un cas d’autogénocide : Les Khmers rouges », Books, no 11, janvier-février 2010. Amanda Borschel-Dan, « Les Cambodgiens affrontent peur propre génocide à travers l’étude de la Shoah », The Times of Israel, 15 avril 2017. Richard Rechtman, « Non, ce ne fut pas un autogénocide », Le Monde, 28 avril 1998. Adrien Legal, « Cambodge : pourquoi le terme “génocide” a mis quarante ans à s’imposer », Le Monde, 16 novembre 2018.

(4) John Pilger, « How Thatcher gave Pol Pot a hand », New Statesman, 17 avril 2000. Hervé Lacrampe, « Le jeu trouble de l’Occident et des Khmers Rouges », Les cahiers du Nem, 8 février 2021.

(5) Voir par exemple ce post sur son compte Facebook : https://​www​.facebook​.com/​b​e​r​n​i​e​s​a​n​d​e​r​s​/​p​o​s​t​s​/​h​e​n​r​y​-​k​i​s​s​i​n​g​e​r​s​-​a​c​t​i​o​n​s​-​i​n​-​c​a​m​b​o​d​i​a​-​c​r​e​a​t​e​d​-​t​h​e​-​i​n​s​t​a​b​i​l​i​t​y​-​t​h​a​t​-​a​l​l​o​w​e​d​-​p​o​l​-​p​o​/​9​7​9​4​7​7​8​5​2​1​0​7​2​19/ et l’analyse de Gary J. Bass « Henry Kissinger feels the Bern », Politico Magazine, 12 février 2016.

(6) Pierre-Emmanuel Dauzat, « L’aveuglement des intellectuels face au génocide khmer rouge », L’Express, 10 janvier 2012.

(7) Yann Henry, « Khmers rouges et communisme », Contrepoints, 16 février 2012.

(8) Voir l’entretien avec Michel Strulovici, « À propos de Sorties de guerre. Vietnam, Laos, Cambodge (1975-2012) (Les Indes Savantes, 2016) », réalisé par Emmanuel Lincot pour Asia Focus, IRIS, #8, décembre 2016.

(9) Phouséra Ing, dit Séra : artiste franco-khmer, peintre, dessinateur, sculpteur et chargé de cours à l’École des arts de l’Université Paris 1- Panthéon Sorbonne.

(10) Hélène Le Bail et Khatharya Um (dir.), Générations post-réfugié.e.s. Mémoire, identité et citoyenneté des descendants de réfugiés d’Asie du Sud-Est en France, Presses universitaires François Rabelais, coll. Migrations (à paraître, 2022). Khatharya Um est politologue et maître de conférences au département Études ethniques à l’Université de Berkeley en Californie. Ses recherches portent sur le génocide, l’exil, la mémoire et la diaspora cambodgienne. Hélène Le Bail est chercheuse au CNRS, Sciences Po Paris, Centre de recherches internationales (CERI).

(11) Vincent Duclert (dir.), (Préface : Dominique Schnapper. Postface : Henry Rousso), Rapport de la Mission Génocides, Paris, CNRS Éditions, 2018. Il s’agit de la publication d’une version éditée du rapport de la Mission ministérielle d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse, remis au gouvernement le 4 décembre 2018.

Légende de la photo en première page : La sculpture de l’artiste franco-cambodgien Séra, À ceux qui ne sont plus là, commémorant la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, exposée devant le musée de S-21, l’ancien centre de détention et de torture du régime de Pol Pot. Prévue pour être exposée dans l’espace public, considérée comme une des « réparations » des crimes du « Kampuchea démocratique » décidées par la justice en 2014, l’œuvre a finalement été déplacée dans ce lieu excentré, à l’écart du quotidien des Cambodgiens. (© Nathavi Ing)

Article paru dans la revue Diplomatie n°110, « Ouïghours : La Chine et ses nationalités… », Juillet-Août 2021.

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