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Quand les LIFT se font chasseurs

Le F/A-50 est en revanche une version uniquement destinée au combat. Ayant effectué son premier vol en 2011, il dispose d’un plus grand emport en carburant, d’une suite de guerre électronique incluant des récepteurs d’alerte radar et des dispenseurs de leurres. Les types de pods comme de munitions qu’il peut utiliser sont plus variés. Récemment, le pod Sniper a été qualifié sur l’appareil dans le cadre de la modernisation Block 10. Un Block 20 est en cours de développement et prévoit l’intégration du missile à longue portée AIM‑120 AMRAAM. Le F/A‑50 devrait à terme recevoir un dispositif de ravitaillement en vol ou encore une épine dorsale élargie, à la manière de la variante proposée pour la compétition T‑X de l’US Air Force. Pour l’heure, la Corée du Sud en a commandé 60 exemplaires, l’Irak, 24 (le T‑50IQ est en fait un F/A‑50) et les Philippines, 12.

Le croque-Mitten : le Yak-130

Dès le début des années 1990, la Russie envisage de remplacer ses L‑39 d’entraînement avancé, deux programmes étant alors favorisés. Le premier débouche sur le MiG‑AT (mené en coopération avec la France pour la motorisation), mais est éclipsé par le futur Yak‑130 (code OTAN : Mitten), développé avec l’Italie. Il effectuera son premier vol en avril 1996 et sera choisi par Moscou en 2002. L’appareil est officiellement entré en service en 2009. Partageant de ce fait des similitudes de design avec le M‑346, le Yak‑130 offre des capacités d’attaque. Outre que sa structure utilise des matériaux composites, le biréacteur (deux Progress AL‑222‑25 de 2,5 t de poussée unitaire) transsonique est adapté aux besoins russes. Pour une utilisation depuis des terrains sommaires, son train est renforcé et des obturateurs d’entrée d’air sont automatiquement déployés à l’atterrissage et au décollage, des trappes d’alimentation en air s’ouvrant sur le dos. Sa formule aérodynamique en fait un appareil très manœuvrant (notamment grâce à des commandes de vol électriques), certes subsonique, mais bénéficiant d’un bon rapport poids/puissance.

Le cockpit, pressurisé, est tout écrans et comporte un viseur tête haute. L’avionique inclut les systèmes de navigation et un système d’autodiagnostic, de même que l’avionique d’entraînement. Elle permet de simuler des tirs d’armes air-air et air-sol, l’instructeur en place arrière pouvant également programmer le comportement d’une cible. L’appareil est doté d’un radar Osa apte à suivre huit pistes à 85 km et dispose d’un mode de cartographie du terrain survolé, mais aussi de lance-leurres et d’un détecteur d’alerte radar. Il peut être doté de brouilleurs actifs. Sa charge extérieure, d’une masse maximale de 3 t, est positionnée sur neuf points (un central, deux d’extrémité d’aile, trois sous chaque aile), les plus solides permettant d’emporter une arme d’une masse maximale de 500 kg. Pour la mise en œuvre des bombes guidées laser KAB, un pod Platan est installé en position centrale. Yak entend utiliser son appareil comme base pour des versions spécialisées : brouillage offensif, reconnaissance, chasse et attaque, attaque dans la profondeur, version navalisée. L’appareil a trouvé preneur en Russie – où il ne sert qu’à l’entraînement –, mais aussi en Biélorussie (12), en Algérie (16), au Bangladesh (13), au Laos (10 commandés), au Myanmar (12) et au Vietnam. La Syrie avait commandé 36 exemplaires avant la guerre civile.

Inde : le retour du Hawk

La première génération de Hawk britanniques était optimisée pour l’emport d’armement, sans cependant bénéficier d’une avionique développée. Le Hawk 200, monoplace, avait quant à lui été optimisé pour les missions d’attaque. Les appareils de nouvelle génération, adaptés au besoin LIFT, pouvaient ponctuellement être armés, mais leurs missions restaient centrées sur l’entraînement. En revanche, BAE Systems et HAL ont lancé un programme d’Advanced Hawk qui a effectué son premier vol en juillet 2017. Il reçoit une nouvelle motorisation, une aile modifiée – qui accroît considérablement sa manœuvrabilité –, mais aussi un nouveau cockpit tout écrans incluant des écrans larges, une perche de ravitaillement en vol et une capacité d’emport de munitions guidées de précision, en plus de missiles air-air. Il bénéficie également d’une suite de guerre électronique comprenant des récepteurs d’alerte radar et des leurres. Il n’a cependant pas encore trouvé preneur sur le marché.

Le mastodonte chinois

La Chine propose actuellement trois types d’appareils d’entraînement qui ont un potentiel de combat. C’est d’abord le cas du JL‑10 (L‑15A à l’exportation), un biréacteur supersonique (Mach 1,4 pour le L‑15B) destiné aux besoins en LIFT de la force aérienne chinoise et ensuite utilisé par l’aéronautique navale. Sa configuration générale le rend très manœuvrant. Ayant effectué son premier vol en 2006, il est entré en service en 2013. Le filon a été approfondi avec le L‑15B, optimisé pour le combat et présenté pour la première fois en mai 2017. L’appareil est doté d’un radar à balayage électronique, d’un système IFF, d’un récepteur d’alerte radar et de neuf points d’emport. Il est susceptible de tirer le missile air-air à longue portée PL‑12. La Zambie a acquis six appareils (L-15Z), entrés en service à partir de juillet 2016, dotés d’un armement réparti sur sept points d’emport. Elle semble intéressée par de nouvelles commandes et le Venezuela avait annoncé vouloir en acheter 24 unités avant que l’idée ne soit abandonnée pour des raisons budgétaires.

Le JL-9 (FTC-2000) est un appareil d’entraînement avancé. Ce monoréacteur biplace est la dernière évolution connue du JJ‑7, la variante sinisée du MiG‑21U Mongol. À l’instar des projets développés dans les années 1980 avec Grumman, les entrées d’air sont repositionnées sur les flancs, la voilure est revue, tout comme une partie du design. Il intègre également une perche de ravitaillement en vol rétractable. Tout juste supersonique, il a effectué son premier vol en 2003 avant d’entrer en service dix ans plus tard. Comparativement aux JJ‑7, le cockpit est entièrement revu, avec des écrans multifonctions, et l’appareil est doté d’un radar de conduite de tir Grifo F7 de même que d’un système de navigation inertiel et d’un GPS. Son armement comprend un canon de bord de 23 mm et cinq points d’emport pour une gamme d’armements guidés et non guidés. Il n’a pour l’heure été exporté qu’au Soudan, qui en a reçu six en mai 2018.

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