Installée à Villacoublay (Yvelines), une brigade d’appui à l’activité assiste le GCFAS dans ses attributions organiques, sous l’autorité du CEMAAE. En coordination avec l’ensemble des autres grands commandements et directions de l’AAE, mais aussi de multiples organismes inter-armées, cette brigade s’assure de l’adéquation permanente des moyens des FAS à leur mission. Elle élabore les normes d’emploi et de soutien des capacités, et pilote la formation et la mise en condition opérationnelle et technique du personnel. Elle contribue également à l’exploitation de l’ASMP‑A dans le respect des normes de sécurité nucléaire et aux travaux de préparation de l’avenir, en relation avec l’état-major des armées, la Direction générale de l’armement et les directions interarmées chargées de l’infrastructure et des systèmes d’information. La cohérence d’ensemble de l’état-major sera encore renforcée en 2023, lorsque les deux brigades seront réunies à Taverny.
Les capacités opérationnelles des FAS sont stationnées sur trois Bases aériennes à vocation nucléaire (BAVN). Parties intégrantes des chaînes de commandement, de mise en œuvre et de sécurité, les BAVN disposent d’installations spécifiques leur permettant de prendre leur part à une montée en puissance nucléaire : postes de commandement enterrés, zones d’alertes, dépôts d’armes nucléaires, moyens de transmissions, de protection et de défense (face à tout type de menace, dont les menaces aériennes). Ces infrastructures et moyens de transmission spécialisés constituent des composantes à part entière du système d’armes global, au même titre que l’arme et son vecteur, le chasseur-bombardier qui l’emporte et le ravitailleur qui lui procure l’allonge nécessaire.
Saint-Dizier (Haute-Marne) est la base mère de tous les chasseurs-bombardiers, rattachés à deux escadrons de combat soutenus par un escadron de soutien technique. Istres (Bouches-du-Rhône) est celle des escadrons de ravitaillement en vol et de leurs unités de maintenance, qui assurent la montée en puissance du Phénix et, en attendant l’atteinte de sa pleine capacité, garantissent la tenue de l’ensemble des contrats opérationnels avec les vénérables KC‑135, encore indispensables. Avord (Cher) héberge pour sa part des capacités plus spécifiques. Toutes trois BAVN, Saint-Dizier, Istres et Avord sont en mesure d’armer des Rafale et de prendre l’alerte nucléaire, en liaison permanente avec leurs donneurs d’ordres.
Une capacité de réponse permanente éprouvée au quotidien
La permanence de la capacité de réponse des FAS, qui confère au GCFAS la plénitude des responsabilités de préparation et de mise en œuvre, est imposée par un contrat fixé par le président de la République. Ajusté en fonction du contexte international, ce contrat exige de pouvoir mobiliser un certain nombre de moyens dans des délais donnés. Il ne s’agit pas cependant d’immobiliser des capacités utiles et même de plus en plus indispensables à d’autres missions, mais de pouvoir les rappeler pour les conditionner à temps. C’est l’une des missions du COFAS, qui peut ordonner leur redéploiement où qu’elles se trouvent, en France ou à l’étranger, en anticipant de sorte que le contrat ne soit jamais rompu ni même menacé.
En pratique, cette permanence repose aussi sur une très forte résilience, face à tout type de menace, garantie par la redondance des structures de commandement et des moyens de transmission, la capacité de dilution des forces, le durcissement des infrastructures et la doctrine d’emploi. Elle repose enfin sur un très haut niveau de préparation opérationnelle. Les opérations d’ampleur, qui conduisent les FAS à manipuler régulièrement – au sol uniquement – des armes réelles dans des conditions d’entraînement représentatives d’une crise internationale, les missions aériennes dites équivalentes et les exercices de projection de puissance à très longue distance en sont l’illustration la plus connue. Ce sont elles qui contribuent de manière ostensible à concrétiser la capacité des FAS, composante « qui se voit », mais aussi celle de nos forces nucléaires dans leur ensemble, à imposer des dommages inacceptables.
En parallèle, pas un jour ne passe sans que, dans la discrétion, le personnel des FAS ne valide l’un ou l’autre des segments indispensables au succès de la « mission du grand soir ». De l’évaluation continue des menaces aux gammes réalisées au quotidien par les équipages ou par les équipes de maintenance, en passant par l’ajustement permanent des tactiques, les hommes et les femmes de la composante aéroportée œuvrent avec une conviction, un engagement et un professionnalisme exemplaires, jamais mis en défaut. Consubstantiel à la mission nucléaire qui en serait la manifestation la plus extrême, l’engagement de haute intensité en environnement très hostile a toujours été leur hypothèse de travail. Indispensable dans le cadre de la mission de dissuasion, ce conditionnement profite à l’ensemble des missions conventionnelles de l’AAE. Diffusées comme par osmose, l’organisation du commandement, la logique de montée en puissance, la pratique du ravitaillement en vol, de la pénétration tout temps ou encore la guerre électronique sont des exemples de capacités mises au point dans les FAS. C’est en cela qu’il est justifié de dire que les FAS tirent toute l’AAE vers le haut.
Le nécessaire maintien d’un équilibre vers l’avant
L’enjeu existentiel de la mission nucléaire pour notre nation et la complexité du système d’armes à mobiliser dictent de toujours conserver un temps d’avance face à l’évolution des menaces, qui tend à s’accélérer. Cette anticipation requiert de porter son regard aussi loin que possible, sur un horizon d’une trentaine d’années. Cela tout en étant extrêmement vigilant dès aujourd’hui, pour adapter matériels et procédures sans attendre. Car le maintien de la crédibilité est une obsession permanente.
Le défi de chaque instant est celui de la maîtrise de la mise en œuvre des capacités. La manipulation de matière nucléaire, activité sensible s’il en est, doit toujours garantir la sécurité du personnel et de l’environnement, et s’inscrire dans le plus strict respect des directives gouvernementales. Il s’agit ici du maintien des exigences de la sécurité nucléaire et du contrôle gouvernemental, assurés par des spécialistes qui exercent leur vigilance à toutes les étapes d’une montée en puissance. Un autre défi est celui de l’acquisition et de l’entretien de compétences vastes et pointues. Dans un contexte d’engagement opérationnel intensif, y compris dans le domaine conventionnel, la tension structurelle pesant sur la disponibilité des flottes et des équipements de mission complique d’autant plus la préparation opérationnelle des forces que la polyvalence des capacités a considérablement élargi la palette des savoir-faire à maîtriser.













