Comment s’en sortir ?
La majorité des filles de l’étude ayant donné lieu au livre, sur sept ans, quitte « le sortir »/la prostitution. Au début de l’enquête, certaines sont en train de quitter « le sortir », mais se maintiennent sur ses segments les plus flous où elles arrêtent graduellement et se stabilisent dans des relations conjugales. C’est l’aléatoire de ces relations qui fragilise et rend difficile les sorties. D’autres, après plusieurs péripéties et des tentatives de décrochage, des tentatives de formation pour s’insérer professionnellement, finissent au bout de quelques années par épouser un client ou (ré)intégrer les univers ouvriers. Certaines ne se stabilisent qu’après avoir circulé entre les lieux économiquement intéressants : Marrakech puis Istanbul, qui devient dès 2012-2013, après les révolutions arabes, un lieu de fête des diasporas arabes. Les issues les plus convoitées sont celles qui mènent vers la migration, de plus en plus difficile et périlleuse en raison des fermetures de frontières. Les trajectoires sont constamment connectées avec l’Europe, où ces filles rêvent d’aller.
Entretien réalisé par Anne Lohéac (octobre 2021).
Légende de la photo en première page : À Tanger, ville internationale du nord du Maroc, on assiste à une distinction croissante entre les différents usages féminins des espaces publics consacrés au divertissement. © Shutterstock/Luisa Puccini













