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Les paradoxes de la victoire

L’antienne dans nombre d’États est celle du combat – et de la victoire – en alliance ou en coalition en raison de la complexité des opérations, des effets à obtenir et des faibles masses disponibles. Mais, y compris sous la menace nucléaire, on sait que ces objets politiques ont aussi leur vulnérabilité propre. Si chacun peut être défait, peut-on partager la victoire ?

Au sens que je propose de lui conférer, une victoire tactico-­opérative peut être partagée. C’est moins vrai dans le cas de l’étape qui lui succède éventuellement, celle du succès stratégique. Quant au couronnement du processus, le stade de la réussite politique, ce serait une illusion de le croire. Même dans l’alliance la plus cohérente du monde, il y a toujours un actionnaire majoritaire. Quia nominor Leo : on peut vaincre ensemble, mais l’histoire – et la science politique – suggère que, dès lors qu’il s’agit de la réussite politique finale, l’un des joueurs « amis » tirera davantage les marrons du feu que les autres… en la matière, il serait douteux que la guerre d’Ukraine fasse exception.

Propos recueillis par Joseph Henrotin, le 19 septembre 2023.

Légende de la photo en première page : La bataille de Malplaquet. (© D.R.)

Article paru dans la revue DSI hors-série n°92, « La victoire et la guerre », Octobre-Novembre 2023.
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