• accord de sécurité avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée en 2023, qui permettra à terme de renforcer la présence militaire américaine dans le pays ;
• sommet de Camp David entre les États-Unis, le Japon et la Corée du Sud en aout 2023, lors duquel les trois pays conviennent d’une plus grande coopération en matière de défense antimissile balistique et s’engagent à organiser des exercices trilatéraux annuels multi-domaines, à activer un mécanisme de partage de données pour échanger des données d’alerte aux missiles en temps réel qui amélioreront la détection et l’évaluation mutuelles des tirs de missiles de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) ;
• conclusion d’un partenariat de sécurité trilatéral composé de deux piliers (AUKUS) le 15 septembre 2021 entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis — le premier pilier concerne les sous-marins à propulsion nucléaire, le second étant la coopération en matière de technologies de rupture ;
• alliance redéfinie et approfondie avec la Corée du Sud dans le cadre d’une « alliance stratégique globale et complète » ;
• revigoration du dialogue du Quad, qui réunit les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde ;
D’autres initiatives commencent également à voir le jour, par exemple dans l’océan Indien avec l’I2U2 (Inde, Israël, Émirats arabes unis, États-Unis), ou encore l’initiative naissante entre l’Inde, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis. La stratégie indo-pacifique souligne en outre la volonté d’encourager les « alliés et partenaires à renforcer leurs liens les uns avec les autres […]. Nous soutiendrons et habiliterons nos alliés et partenaires à assumer eux-mêmes des rôles de leadership régional » (4).
La Russie : à l’Union européenne de prendre ses responsabilités
Pour Washington, l’alliance de l’OTAN reste le pilier principal de la sécurité transatlantique. Celle-ci s’est vue élargie à 32 pays avec l’adhésion de la Suède et de la Finlande. Si la guerre en Ukraine a freiné la politique de pivot vers l’Indo-Pacifique, les États-Unis étant obligés de maintenir et même de renforcer temporairement leurs forces présentes sur le continent européen (principalement aériennes et navales), Washington attend de l’Union européenne un meilleur partage du fardeau et une plus grande prise de ses responsabilités, non seulement face à la Russie mais également sur son flanc sud. Washington veut également éviter tout « free-riding » [resquillage] de la part de ses alliés et attend des pays européens un plus grand investissement dans leur défense, et ce, depuis une quinzaine d’années (le très médiatisé seuil de 2 % du PIB).
Ailleurs, le cas par cas est de rigueur
En raison de la prévalence des défis russe et chinois, les États-Unis évaluent de manière continue le recours à la force dans d’autres parties du monde. Deux exemples récents permettent d’illustrer notre propos : la riposte iranienne envers Israël et l’activité des Houthis par rapport au trafic maritime en mer Rouge. Dans les deux cas, les États-Unis ont réagi de manière à ne pas entrer dans une surenchère qui entrainerait une guerre régionale au Moyen-Orient, ce qui supposerait très probablement l’envoi de troupes sur le terrain (les boots on the ground). Vis-à-vis des Houthis, l’armée américaine s’est limitée à cibler les positions menaçantes par rapport au trafic maritime. À aucun moment il ne s’est agi d’éradiquer le mouvement houthi ou d’envahir le Yémen. En ce qui concerne la riposte iranienne, les États-Unis avec leurs partenaires et alliés (France, Grande-Bretagne, Jordanie, Arabie saoudite entre autres) ont veillé à intercepter les missiles et drones iraniens afin d’éviter qu’ils n’atteignent le territoire israélien. Si, certes, il s’agissait de défendre Israël, l’objectif était également de veiller à éviter une guerre entre les deux pays, ce qui pourrait entrainer les États-Unis dans le conflit, en évitant une contre-riposte israélienne. Ces deux cas montrent la volonté des États-Unis de réduire leur empreinte militaire. En outre, ils privilégient une approche dite « by, with, and through » [par, avec et à travers] : « Les opérations sont menées par nos partenaires, étatiques ou non, avec le soutien des États-Unis ou de coalitions dirigées par les États-Unis, et par l’intermédiaire des autorités américaines et des accords conclus avec les partenaires. (5) »













