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Les migrations internationales aujourd’hui et demain

Les immigrés se répartissent en quatre grands groupes dont les trois plus importants numériquement sont les personnes nées dans un pays du Sud et qui ont migré dans un autre pays du Sud — plus de 100 millions de personnes en 2020 —, celles ayant migré d’un pays du Sud vers un pays du Nord (en Europe, Amérique du Nord, Australie…) — un peu moins de 100 millions — et celles ayant migré d’un pays du Nord vers un autre pays du Nord — plus de 60 millions. Se rajoute le quatrième groupe des personnes nées dans un pays du Nord et vivant dans un pays du Sud : autrefois important, il est aujourd’hui minoritaire comme déjà mentionné, soit moins de 20 millions.

Quels sont les grands pays d’immigration ?

Examinons maintenant quels sont les grands pays d’immigration au vu du nombre et de la part des immigrés dans leur population, et voyons de façon plus générale comment les immigrés se répartissent à l’échelle de la planète.

Les États-Unis sont le pays ayant sur son sol le plus grand stock d’immigrés du monde : plus de 50 millions en 2020 (3). C’est près de quatre fois plus que l’Arabie saoudite (13 millions) et six fois plus que le Canada (8 millions). Mais proportionnellement à leur taille, ces deux derniers pays ont nettement plus d’immigrés : 39 % et 21 %, contre 15 % aux États-Unis. Si l’on rapporte de façon systématique le nombre d’immigrés à l’effectif de la population, cinq types de pays à fort pourcentage d’immigrés apparaissent :

• un premier groupe de pays, peu peuplés mais richement dotés en ressources pétrolières, où les immigrés sont parfois majoritaires. C’est dans ce groupe que l’on observe en 2020 les proportions les plus élevées sur le plan mondial : Émirats arabes unis (88 %), Qatar (77 %), Koweït (73 %), Arabie saoudite, Bahreïn et Oman ayant des taux compris entre 38 % et 55 % ;

• un deuxième groupe, formé de très petits territoires, des micro-États souvent dotés d’un statut particulier, notamment sur le plan fiscal : Monaco (68 %), Macao (62 %), Singapour (43 %) ;

• un troisième, qui correspond aux pays qualifiés autrefois de « pays neufs », dotés d’immenses espaces mais encore faiblement peuplés : Australie (30 %) et Canada (21 %) ;

• un quatrième, proche du précédent pour le mode de développement, celui des démocraties industrielles occidentales où la proportion d’immigrés est généralement comprise entre 10 % et 20 % : Suède (20 %), Autriche (19 %), Allemagne (19 %), Belgique (17 %), Espagne (15 %), États-Unis (15 %), Royaume-Uni (14 %), Pays-Bas (14 %), France (13 %) (4), Italie (10 %) ;

• un cinquième et dernier groupe, celui des pays dits de « premier asile », qui reçoivent des flux massifs de réfugiés du fait de conflits dans un pays voisin : le Liban hébergeait ainsi près d’un million de réfugiés syriens ou irakiens en 2020, soit l’équivalent de 20 % de sa population, et le Tchad 400 000 réfugiés (3 % de sa population) originaires du Soudan.

Peut-on anticiper les migrations de demain ?

Pourquoi les migrants partent-ils ? Qui migre ? Qui ne migre pas ? Les mêmes facteurs sont à l’œuvre dans les grands flux migratoires d’aujourd’hui. La probabilité qu’une personne migre d’un pays ou d’une région du monde à l’autre dépend ainsi de son niveau d’instruction et des ressources dont dispose sa famille. Les personnes totalement dépourvues d’instruction et de ressources migrent peu en comparaison de celles en ayant. Le flux migratoire entre deux pays, l’un de départ et l’autre de destination, est par ailleurs d’autant plus important que l’écart de revenu moyen est élevé entre les deux. Le fait de partager ou non une même langue, un passé colonial, une diaspora déjà installée et son importance, joue également un rôle (5).

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