Une démocratie en mutation
En février 2025, soit deux mois après ce qui est désormais qualifié de tentative de rébellion, pour laquelle Yoon Suk-yeol risque la réclusion à perpétuité ou la peine de mort, la Cour constitutionnelle traite le procès en destitution du président, que l’ensemble des Sud-Coréens aspire à voir se terminer au plus vite – que ce soit pour la réintégration de Yoon Suk-yeol, comme le souhaitent ses partisans, ou pour la confirmation de sa destitution, privilégiée par la majorité.
Dans tous les cas, cet épisode, loin de témoigner d’une fragilité de la jeune démocratie sud-coréenne, en souligne le dynamisme et, malgré les incertitudes politiques et l’agitation, la fin des autoritarismes et de la violence d’État. Au soir du 3 décembre 2024, l’armée, déployée pour bloquer l’Assemblée nationale et les espaces publics, non seulement n’a exercé aucune violence, mais a également laissé la voie libre aux députés qui, en l’espace de deux heures, ont voté le refus de la loi martiale. Durant les semaines qui ont précédé l’arrestation de Yoon Suk-yeol, le 15 janvier 2025, la police a évité d’attiser les affrontements entre les manifestants partisans et opposants du président déchu.
Dans un contexte tendu avec Pyongyang, la crise politique de l’hiver 2024-2025 illustre la mue réalisée par la République de Corée depuis sa création en 1948 et l’effacement progressif des structures de l’État dictatorial s’appuyant sur l’armée et la police, et marqué par des clivages territoriaux fondés sur des structures administratives préindustrielles.

















