À la suite de la décision prise lors de la conférence de Moscou, deux commissions mixtes américano-soviétiques se réunirent afin d’établir un gouvernement provisoire en Corée, mais elles échouèrent alors que la guerre froide entre les États-Unis et l’Union soviétique s’intensifiait et la Corée ne put pas éviter la division de la péninsule. L’administration militaire soviétique commença en Corée du Nord le 8 septembre 1945, tandis que les forces américaines établirent un gouvernement militaire en Corée du Sud. Parallèlement, toutes les tentatives visant à former un gouvernement unifié par le biais d’un mouvement de coalition gauche-droite et de pourparlers intercoréens échouèrent également. En novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies va alors adopter une résolution établissant un gouvernement unifié par le biais d’élections générales dans les deux Corées sous la supervision de l’ONU. Cependant, l’Union soviétique rejette la visite en Corée du Nord de la Commission temporaire des Nations Unies sur la Corée, en signe de protestation contre la décision unilatérale des États-Unis de renvoyer la question à l’ONU. Finalement, seule la Corée du Sud organise des élections générales le 10 mai 1948. L’Assemblée nationale constituante, composée de 198 législateurs, donne officiellement au pays le nom de République de Corée et promulgue la Constitution le 17 juillet. Le premier gouvernement de la République de Corée voit le jour.
La Corée reste donc divisée en deux États au niveau du 38e parallèle. Si cette division ouvrira la voie, peu de temps après, à la guerre de Corée qui ravagera le pays pendant trois ans, l’histoire du combat pour l’indépendance coréenne vient néanmoins démontrer la volonté d’un peuple pour son droit à la liberté, la préservation de sa culture et servira de fondement aux années ultérieures de démocratisation et d’industrialisation de la Corée du Sud.
Par Thomas Delage, rédacteur en chef du magazine Diplomatie. Texte réalisé sur la base d’entretiens avec Kim Hee-gon, directeur du Mémorial national du gouvernement provisoire de la République de Corée, Lee Myung-hwa, directrice du Institute of Korean Independence Movement Studies, Kim Yong-dal, président de l’Heritage Academy of Korea et Han Soo, directeur du Musée national de l’histoire contemporaine de Corée.
Notes
(1) Les « cinq traitres d’Eulsa » est le surnom donné aux hauts fonctionnaires de l’Empire coréen ayant signé le traité.
(2) Les chiffres varient selon les estimations, mais la Korean Central News Agency propose le chiffre de 200 000 femmes coréennes contraintes à l’esclavage sexuel.
(3) La population coréenne était à l’époque d’environ 16 à 17 millions de personnes.
Légende de la photo en première page : Bas-relief représentant le mouvement du 1er mars 1919, mouvement indépendantiste non violent qui marqua un tournant dans le développement du mouvement de libération de la Corée, avec l’apparition de nombreux mouvements de protestation contre la domination japonaise et pour l’indépendance de la Corée. Les manifestations qui vont durer pendant plusieurs mois seront réprimées violemment par le Japon qui fera venir des renforts pour mater l’insurrection. Le mouvement va également conduire à l’établissement du gouvernement provisoire de la République de Corée à Shanghaï. (© Thomas Delage)













