Les principales caractéristiques des pièces d’artillerie pour survivre sur le champ de bataille d’aujourd’hui
Paramètres de sauvegarde dans la zone de déploiement des canons
Le moyen de frappe prédominant contre les pièces d’artillerie est les MTO. La notion de précision qui s’applique à ces munitions dépasse celle que l’on conçoit pour les munitions d’artillerie ou aériennes : elles permettent de frapper une partie très précise du système d’arme. Nous sommes entrés dans l’ère de l’ultraprécision. Les MTO FPV (First person view) sont des drones quadricoptères capables de voler à basse vitesse. Ils peuvent viser une partie aussi étroite que le tube ou la culasse (5), ou entrer dans le véhicule. Les munitions rapides, telles que le Lancet, doivent viser une partie plus volumineuse du véhicule, telle que la cabine ou la tourelle. Toutes ces munitions peuvent aisément frapper des véhicules en mouvement. C’est parce qu’obus ou roquettes étaient incapables de poursuivre un objectif mobile qu’il était autrefois essentiel de frapper une pièce aussi vite que possible après l’avoir localisée.
Frapper un objectif avec une MTO offre beaucoup plus d’options, mais leur capacité d’emport en explosif est réduite : la majorité des Lancet n’en contiennent que 3 kg (6). Leur rôle est donc le plus souvent de chercher à provoquer une explosion des munitions transportées par la pièce d’artillerie. Or, au sein d’une force terrestre, peu de véhicules transportent autant d’explosif et de poudre qu’une pièce d’artillerie. Lorsque les munitions transportées détonent, l’explosion est catastrophique ; lorsque seuls les 3 kg de la MTO explosent, les dégâts sont le plus souvent réparables.
Le premier facteur différenciant les pièces d’artillerie est donc désormais leur capacité à se déplacer sans munitions et à pouvoir tirer des munitions prédéployées sur une position de tir par un autre vecteur (7). Certaines pièces – comme le M‑109 ou le CAESAR – sont en mesure de le faire grâce à leur architecture et au nombre de personnels qui les servent, alors que d’autres ne le peuvent pas, comme la plupart des canons automatisés, où l’introduction des munitions dans les systèmes de chargement se fait une par une. Une pièce d’artillerie qui transporte ses munitions et leurs charges est une bombe roulante dont le détonateur est une MTO (8). Si elle transporte 40 obus explosifs, cela représente 320 kg d’explosif et 840 kg de charges propulsives (9), soit près de 400 fois plus de matière active qu’une MTO contenant 3 kg d’explosif.
Le moyen de détection et de localisation des pièces d’artillerie prédominant étant le drone, nous sommes désormais dans l’ère de la transparence du champ de bataille. Ils peuvent être orientés par les radars de trajectographie ou par les capteurs acoustiques après un tir, mais eux seuls sont capables de détecter un canon à tout moment, sans qu’il ait eu à tirer. Ces pièces peuvent certes être détectées par un drone alors qu’elles sont sur la position de tir : la rapidité de sortie de batterie reste donc importante, car elle permet d’empêcher que l’ennemi ait de temps de riposter avec son artillerie. Mais toute pièce qui quitte la position de tir en moins d’une minute après le dernier coup échappe à un tir de contre – batterie classique, si le tir a duré une minute (10).
La fumée des tirs attire souvent l’attention des drones, ce qui fait dire à certains artilleurs qu’il est encore nécessaire de quitter la position de tir aussi rapidement que possible. Mais aujourd’hui, plus que les quelques secondes gagnées à la sortie de batterie, le facteur le plus important est que le canon quitte la position de tir sans aucune munition ni charge à bord.
Puisque le drone peut détecter une pièce à tout moment, d’autres phases de la manœuvre de l’artillerie rendent désormais les canons plus vulnérables : le réapprovisionnement en munitions et en carburant. Certaines pièces d’artillerie mettent jusqu’à 40 minutes pour se réapprovisionner en munitions manuellement ou avec un ravitailleur automatisé. S’il est décidé qu’un CAESAR 6 × 6 emporte ses munitions, il ne faudra qu’une minute à son équipe de pièce pour le réapprovisionner. Cette différence est due au fait que les canons automatisés ne disposent que d’une alvéole de chargement permettant le chargement d’un obus à la fois, alors qu’il est possible de réapprovisionner plusieurs obus en même temps sur les systèmes à casiers latéraux, en fonction du nombre de personnels.













