Quelle était la nature des relations entre l’URSS et les mouvements pour l’indépendance coréenne ? Et comment cette relation a-t-elle évoluée ?
À la fin du XIXe siècle, une première vague de Coréens traversa le fleuve Tumen pour échapper à la pauvreté et s’installa dans l’Extrême-Orient russe en tant qu’agriculteurs. Beaucoup d’autres suivirent, et ces migrants coréens vers le kraï du Primorié devinrent soit agriculteurs, soit ouvriers dans la construction ferroviaire et l’exploitation minière liées au développement de la Sibérie, formant des villages coréens dans la région.
Après que la Corée eut perdu sa souveraineté nationale au profit du Japon en 1910, de nombreux compatriotes partirent en exil politique dans les territoires russes, établissant des bases pour le mouvement indépendantiste à travers la Sibérie. Jusqu’à l’éclatement de la Première Guerre mondiale, la Russie adopta des politiques favorables aux migrants coréens (ou Koryoïn), faisant de la région un site propice à la résistance anti-japonaise et un bastion clé pour les militants de l’indépendance. Cependant, lorsque la guerre éclata en 1914, la Russie s’allia au Japon, et ce dernier insista fortement auprès de son nouvel allié pour restreindre les activités indépendantistes coréennes, plaçant le mouvement dans une situation critique.
Mais en 1917, à la suite du succès de la Révolution russe et de l’établissement du gouvernement soviétique par les bolcheviks, Lénine soutint avec ferveur le mouvement pour l’indépendance coréenne. Cependant, après la mort de Lénine en janvier 1924 et la soviétisation de la région sibérienne, l’Union soviétique cessa de reconnaitre ou de soutenir le mouvement d’indépendance coréen. Tous les groupes communistes coréens durent se conformer aux directives du Komintern. De plus, les fortes politiques d’assimilation du gouvernement soviétique affaiblirent considérablement le mouvement nationaliste coréen.
Parallèlement, l’Union soviétique et le Japon signèrent le Pacte de neutralité soviéto-japonais en avril 1941, s’engageant mutuellement à la non-agression et à la neutralité. Cet accord resta en vigueur jusqu’en avril 1945. À la suite de la reddition du Japon et de la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et l’Union soviétique divisèrent et occupèrent la péninsule coréenne le long du 38e parallèle, conduisant à la division de la Corée. Avec l’enracinement du régime de la guerre froide, l’Union soviétique rompit ses liens avec la République de Corée, et les échanges bilatéraux ne reprirent qu’avec l’établissement de relations diplomatiques en juin 1990.













