Le besoin d’un continuum
Les infrastructures sous – marines sont devenues un espace de contestation discret, aux coûts asymétriques et aux bénéfices incertains pour l’agresseur. La réponse ne peut promettre ni invulnérabilité ni omniscience. Elle s’organise autour d’une triade simple : voir plus tôt, réparer plus vite, rendre l’attaque moins rentable.
Cela exige un continuum entre marines, autorités civiles et opérateurs, des innovations ciblées et une doctrine de réparation éclair. Les capteurs, drones et jumeaux numériques renforcent cette détection précoce et permettent de mieux anticiper les incidents et d’y répondre de manière optimale.
Si une coupure ne désorganise un service que quelques jours et si l’attribution devient probable, l’intérêt stratégique d’y recourir s’érode. La robustesse est alors moins un pari technologique qu’une discipline collective, patiente et exigeante. Elle requiert une formation continue des acteurs concernés ainsi que des exercices conjoints s’appuyant sur des scénarios originaux et transfrontaliers pour renforcer la théorie par une approche pratique développant les réflexes opérationnels.
Enfin, la résilience des infrastructures sous – marines critiques constitue un marqueur tangible de souveraineté et de sécurité économique. Elle montre que la coordination entre les acteurs publics et privés doit être renforcée, car elle permet de créer une protection tangible et opérationnelle dans un environnement maritime de plus en plus complexe et disputé.
Notes
(1) « Conseil de sécurité : 19 mois après le sabotage des gazoducs Nord Stream, la Russie en appelle à la coopération internationale pour établir les responsabilités », communiqué de presse, 26 avril 2024 (https://press.un.org/fr/2024/cs15683.doc.htm).
(2) « Des câbles sous-marins internet sectionnés en mer Rouge provoquent des perturbations sur le réseau de plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient », FranceInfo, 7 septembre 2025 (https://www.franceinfo.fr/internet/des-cables-sous-marins-internet-sectionnes-en-mer-rouge-provoquent-des-perturbations-sur-le-reseau-de-plusieurs-pays-d-asie-et-du-moyen-orient_7478422.html).
(3) État de la menace ciblant le secteur des télécommunications, CERT-FR, 18 décembre 2023.
(4) Benoit Crépin, « Unseenlabs : une technologie unique pour suivre depuis l’espace les navires suspects », Techniques de l’Ingénieur, 17 février 2023 (https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/unseenlabs-une-technologie-unique-pour-suivre-depuis-lespace-les-navires-suspects-120393).
(5) « Quand l’intelligence artificielle facilite la cartographie des fonds marins », INRIA, 5 octobre 2022 (https://www.inria.fr/fr/intelligence-artificielle-cartographie-fonds-marins).
(6) Commission européenne, « Communication conjointe au parlement européen et au conseil. Plan d’action de l’UE sur la sécurité des câbles », 21 février 2025 (https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52025JC0009).
(7) « Orange annonce sa participation dans le câble sous-marin “express” SEA-ME-WE-6 qui reliera la France à Singapour », communiqué de presse, 21 février 2022 (https://newsroom.orange.com/orange-annonce-sa-participation-dans-le-cable-sous-marin-express-sea-me-we-6-qui-reliera-la-france-a-singapour) ; « Orange déploie Sea Me We 5 pour renforcer sa liaison France-Asie », Silicon.fr, 18 juillet 2014 (https://www.silicon.fr/Thematique/cloud-1370/Breves/Orange-deploie-Sea-Me-We-5-pour-renforcer-sa-liaison-455468.htm).
(8) Carole Saout-Grit et Laurie Henry, « Les câbles sous-marins à fibre optique transformés en sentinelles de l’océan », Océans connectés, 14 avril 2025 (https://oceansconnectes.org/les-cables-sous-marins-a-fibre-optique-transformes-en-sentinelles-de-locean).
(9) « Reinforcing resilience: NATO’s role in enhanced security for critical undersea infrastructure », NATO Review, 28 août 2024.
Légende de la photo en première page : Des câbles sous-marins au large du Yucatan. (© Mayumi.K.Photography/Shutterstock)













