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La Russie et les chasseurs légers : il va falloir prendre une décision !

Il est un fait que la flotte des VKS, largement mise à contribution depuis février 2022, va nécessiter l’arrivée de sang neuf : ce qui est déjà le cas vu les rythmes de livraisons annuels de nouveaux dérivés des Flanker (Su‑30SM2, Su‑34 avec NVO et Su‑35S) et, dans une moindre mesure, de Su‑57. Dans ce cadre, on peut aisément envisager le futur Su‑75 comme étant un remplaçant crédible pour le solde de Su‑27 et de MiG‑29 toujours actifs : outre l’aspect opérationnel (un avion en théorie moins onéreux pouvant être acquis en plus grand nombre), il y a également un aspect industriel. Si le Su‑75 n’est pas acquis par les VKS, il aura été développé sans client(s) de lancement… et un abandon pur et simple du projet est une hypothèse qui n’est donc pas à exclure. L’acquisition d’un lot, même réduit, d’appareils pour les VKS donnerait une assise crédible au projet ainsi que la garantie d’un suivi technique pérennisé pour les décennies à venir. Sachant que KnAAZ travaille déjà de front sur le Su‑35S et le Su‑57 (et sa variante export Su‑57E), l’ajout d’un troisième modèle d’avion militaire ne viendrait que complexifier la tâche d’une usine croulant déjà sous la charge de travail. Il reste donc à voir si le futur Su‑75 marquera le grand retour du chasseur léger dans l’ordre de bataille des VKS à l’horizon 2030, 40 ans après la disparition des chasseurs légers monomoteurs. Ce qui indiquerait un amendement de la doctrine russe du « tout au lourd » pour y inclure une composante légère plus en phase avec les retours d’expérience provenant de la guerre en Ukraine. À moins que, comme les précédents, ce projet ne retourne dans un tiroir de bureaux d’études en attendant le prochain concept de chasseur léger destiné à équiper la Russie ? Réponse dans quelques années…

Notes

(1) Le 30 décembre 1947.

(2) Sans prendre en ligne de compte les variantes produites en Chine.

(3) Военно-Воздушные Силы СССР.

(4) Cette attrition n’a rien d’unique au Pacte de Varsovie : on peut notamment citer le cas du F-104G au sein de la Luftwaffe, surnommé le Witwenmacher (« Le faiseur de veuves »).

(5) Войска ПротивоВоздушной Обороны.

(6) Que ses concepteurs avaient eu la « mauvaise idée » de ne pas doter d’un canon fixe, pensant que l’ère du « tout missile » rendait l’emport de ce dernier obsolète.

(7) Перспективного Фронтового Истребителя (ПФИ) – Chasseur prospectif de première ligne.

(8) Многофункциональный Фронтовой Истребитель (МФИ) – Chasseur multifonction de première ligne.

(9) Ainsi que le projet S-22 de chasseur navalisé très proche du S-37.

(10) Лёгкий Фронтовой Истребитель (ЛФИ) – Chasseur léger de première ligne.

(11) Les moyens russes en la matière étant des plus restreints : une vingtaine d’Il-78M Midas en service.

(12) Лёгкий Тактический Самолёт (ЛТС) – Chasseur léger tactique.

(13) Voir l’article de l’agence TASS : https://​tass​.ru/​a​r​m​i​y​a​-​i​-​o​p​k​/​1​9​2​6​6​499.

Légende de la photo en première page : Décollage d’un MiG-21 croate en 2018. La formule du « simple et léger » a été abandonnée par l’URSS dès avant la fin de la guerre froide. (© DarioZg/Shutterstock)

Article paru dans la revue DSI n°183, « La guerre en Iran : stratégies, ripostes, enjeux », Mai-Juin 2026.
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