Les débats au sujet de la pertinence des choix faits sont légitimes et toute politique publique doit être évaluée et adaptée si nécessaire. La lutte contre la radicalisation ne peut cependant être correctement comprise sans la certitude que le défi sécuritaire, politique et social, qui dure depuis un demi – siècle au moins au Moyen – Orient, est appelé à durer et à durer encore. Les peines longues infligées aux djihadistes incarcérés en France, à la mesure des crimes commis, illustrent la temporalité du djihadisme. Menaçants en liberté, les terroristes le sont tout autant dans les prisons et ne rien tenter en matière de désengagement revient à laisser dans des entrepôts vétustes des explosifs mal conditionnés. On comprend que les responsables politiques et administratifs soient pris de vertige devant l’ampleur et la complexité du défi.
Notes
(1) Jean-Pierre Stroobants, « L’islamiste qui poignarde des policiers pour “punir” l’interdiction de la burqa », Le Monde, 14 juin 2012.
(2) « Paris : ce que l’on sait de l’attaque au couteau d’un gendarme à l’Arc de Triomphe », TF1 (https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/paris-ce-que-l-on-sait-de-l-attaque-au-couteau-d-un-gendarme-pres-de-l-arc-de-triomphe-aux-champs-elysees-2424690.html).
(3) Certains commentateurs oublient opportunément de citer l’attentat commis le 24 mai 2014 contre le musée juif de Bruxelles, première attaque réalisée en Europe par l’État islamique, des semaines avant le début de l’intervention occidentale contre l’organisation djihadiste.
(4) Claire Hache, « Prisons : enquête sur la difficile gestion des radicalisés », L’Express, 10 juillet 2019.
(5) Roger Noël, « Gestion des Jeux olympiques et paralympiques : puissance et limites du contre-terrorisme », Défense & Sécurité Internationale, no 174, novembre-décembre 2024.
(6) Christophe Ayad et Soren Seelow, « Terrorisme islamiste : les données inédites du parquet illustrent le difficile suivi des djihadistes à leur sortie de prison », Le Monde, 17 février 2026. Le Parquet national antiterroriste met ici en avant son rôle, mais ne paraît pas saisir que l’efficacité de la lutte contre le terrorisme djihadiste doit d’abord s’appuyer sur l’action des services de sécurité et de renseignement. Les mesures judiciaires en milieu ouvert ne sont que des appuis à l’efficacité manifestement insuffisante.
(7) Cf. le site du Secrétariat général du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (SG-CIPDR – https://www.cipdr.gouv.fr/plan-national-prevention-radicalisation).
(8) Thibaut Daussy, Paola Esteso Quiñonero et Roxane Maine, « Lutte contre la radicalisation violente en milieu pénitentiaire : l’opérationnalisation d’une catégorie d’action publique », in Tristan Renard et Romain Bertrand (dir.), Expériences autour de la radicalisation et sa prévention, ERES, Toulouse, 2024.
(9) Une démarche assurée par une poignée de Médiateurs du fait religieux (MFR), cf. une fiche de poste sur le site Institut d’études de l’Islam et des sociétés du monde musulman (IISMM – https://iismm.hypotheses.org/files/2020/02/fiche-de-poste-me%CC%81diateur-du-fait-religieux-002.pdf).
(10) Voir sur le site de la DGSI : « La prise en compte des sortants de prison radicalisés », 6 décembre 2022 (https://www.dgsi.interieur.gouv.fr/decouvrir-dgsi/nos-missions/lutte-contre-terrorisme-et-extremismes-violents/prise-en-compte-des).
(11) Christophe Ayad, « Le terrorisme djihadiste analysé par ceux qui l’affrontent », Le Monde, 2 janvier 2026.
(12) « Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe, condamné pour apologie du terrorisme », Le Monde, 10 décembre 2023.
(13) Les responsables qui ne cessent de pointer du doigt le risque de récidive sont parfois incapables de définir précisément celle-ci.
Légende de la photo en première page : Si l’État islamique a perdu sa base territoriale au Levant, son idéologie reste vivace. (© Musaib Mushtaq/Shutterstock)













