Par ailleurs, l’Inde fait partie d’associations dominées par la Chine, telles que les BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS). En 2009, elle figure parmi les membres fondateurs de l’organisation dénommée sous le sigle anglais BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). En 2011, l’Afrique du Sud rejoint cette organisation, qui prend alors le nom de BRICS (S pour South Africa). Avec l’inclusion, en 2024, de l’Éthiopie, de l’Égypte, des Émirats arabes unis (EAU), de l’Arabie saoudite et de l’Iran, les BRICS deviennent les BRICS+. Comptant désormais dix membres, mais excluant les pays occidentaux auxquels elle s’oppose, l’organisation a vocation à s’étendre à plusieurs autres pays, dont le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie et l’Algérie. L’Inde a également rejoint, en 2016, en même temps que le Pakistan, l’OCS, créée en 2001 par la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan et le Tadjikistan.
Ainsi, l’Inde s’affranchit des États-Unis en coopérant avec des pays qui leur sont hostiles, en tout premier lieu la Russie, la Chine et l’Iran. Dans le même temps, elle s’en rapproche, comme en témoigne sa participation au Quad, regroupant depuis 2004 les États-Unis, l’Australie, le Japon et l’Inde. Des accords stratégiques ont été conclus avec les États-Unis ainsi qu’avec d’autres pays occidentaux, dont la France. Toutefois, New Delhi refuse de s’engager dans des alliances militaires aux connotations antichinoises trop prononcées. C’est pourquoi elle a décliné toute association à l’AUKUS, organisation regroupant depuis 2021 l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Défense : un nombre croissant d’accords
La montée en puissance de la Chine dans le domaine de la défense a toutefois incité l’Inde à conclure quatre accords militaires avec les États-Unis : le General security of military information agreement (GSOMIA) en 2002, garantissant la protection des informations confidentielles ; le Logistics exchange memorandum of agreement (LEMOA) en 2016, permettant aux forces armées indiennes et américaines d’utiliser mutuellement leurs bases pour des réparations et approvisionnements ; le Communications compatibility and security agreement (COMCASA) en 2018, facilitant l’interopérabilité des forces armées des deux pays et la vente d’équipements de haute technologie à l’Inde ; et le Basic exchange and cooperation agreement (BECA) en 2020, autorisant l’échange en temps réel d’informations confidentielles, notamment celles obtenues par satellite. Par ailleurs, un Defense framework agreement a été conclu en 2015 avec les États-Unis, valable pour dix ans. L’Inde, parfaitement consciente de la volonté des États-Unis de rester la première puissance mondiale, comprend qu’ils ont besoin d’elle pour contrer la Chine.

Afin de faciliter les coopérations bilatérales dans le domaine de la logistique, l’Inde a également signé des accords plus ou moins semblables avec d’autres pays occidentaux, dont la France et le Royaume-Uni, ainsi qu’avec des pays asiatiques — Singapour, Vietnam, Corée du Sud, Japon — et l’Australie. Ainsi est née, en avril 2021, la Supply chain resilience initiative (SCRI) regroupant l’Inde, l’Australie et le Japon dans le but de réduire leur dépendance à l’égard de la Chine.
Par ailleurs, l’Inde participe, à la fois à l’étranger et sur son propre territoire, à des manœuvres impliquant ses forces terrestres, aériennes et navales. Par exemple, des exercices navals réguliers, dénommés « Malabar », sont organisés avec les marines américaine, australienne, singapourienne, japonaise et indienne. Le nouveau commandement américain, le United States Indo-Pacific Command (USINDOPACOM), inclut l’Inde mais exclut le Pakistan, rattaché au Central Command. Les armées de terre indienne et japonaise effectuent alternativement dans les deux pays des manœuvres communes dans le cadre de « Dharma Guardian ». Des exercices de lutte contre le terrorisme, « Shinnyu Maitri », associent les forces de sécurité des deux pays. Des patrouilles de surveillance maritime sont organisées sur de longues distances avec plusieurs pays, dont l’Australie. Avec la France, des manœuvres communes sont organisées avec les armées de terre (« Frinjex », « Shakti »), les marines (« Varuna ») et les armées de l’air (« Garuda »). La marine indienne a aussi participé aux exercices navals multinationaux « La Pérouse » pour la sécurisation des routes maritimes entre les océans Indien et Pacifique. L’achat par l’Inde de systèmes français (Mirage 2000, Rafale, sous-marins Scorpène) facilite ces exercices communs. L’Inde dispose aussi d’infrastructures militaires à l’étranger, notamment sur l’ile mauricienne d’Agaléga.
Enfin, l’Inde a rejoint le projet américain « Partnership for global infrastructure and investment » incluant l’Arabie saoudite, les EAU, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Jordanie et l’Union européenne. Elle a également rallié l’I2U2 (Inde, Israël, EAU, États-Unis).













