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Guerre et rationalités

Enfin, le déroulement et les résultats d’un conflit ne peuvent être prédits dès l’entrée en guerre, tout simplement parce qu’ils découlent d’une dynamique conflictuelle où chacun continue de raisonner et éventuellement d’ajuster son action à une situation évolutive. Contrairement à ce que certaines perceptions semblent suggérer, la guerre ne se compose pas d’une décision initiale, prise ou subie, d’une action planifiée d’avance et d’un résultat. Elle est en permanence, de manière réciproque entre belligérants, évaluation, adaptation, décision intermédiaire, persévérance ou réorientation, etc. Mais ce n’est pas parce que la guerre réelle ne se déroule jamais comme « sur le papier » que cela invalide la nécessité de la planification, et surtout d’une planification prenant en compte les options d’action ou de réaction de l’ennemi à telle ou telle étape, pour s’y adapter par anticipation ou le plus rapidement possible. De ce point de vue, et malgré les performances tactiques de l’armée américaine, la versatilité confuse du Président Trump, dans le discours et l’action, est apparue comme trop importante pour ne pas donner le sentiment d’une navigation à vue et de phases d’indécision, plutôt que le sentiment d’une attitude politico-stratégique manifestant une grande agilité adaptative. Mais la guerre n’est pas encore terminée…

Notes

(1) Max Weber, Économie et société, tome 1 : les catégories de la sociologie, Poche, 2003.

(2) À travers également les catégories d’éthique de la responsabilité et d’éthique de conviction. Voir Le savant et le politique : une nouvelle traduction : « La profession et la vocation de savant », « La profession et la vocation de politique »,
La Découverte, Paris, 2003.

Légende de la photo en première page : Des AH-64 dans le Golfe. Les rationalités présidant au lancement d’une opération peuvent être multiples. (© DoD)

Article paru dans la revue DSI n°184, « Stratégie nucléaire chinoise : la doctrine Xi Jinping », Juillet-Août 2026.
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