Cette question dépasse largement la seule politique des matières premières. Elle touche à l’ambition industrielle, à la rapidité institutionnelle, à la légitimité politique et à la disposition à accepter que la puissance moderne repose de nouveau sur des fondements matériels. La question de savoir si l’Europe pourra agir dans ce langage avec le même degré de cohérence stratégique reste ouverte.
Ce qui est déjà clair, en revanche, c’est que l’époque où l’activité minière pouvait être considérée comme une question technique ou sectorielle est révolue. Un nouvel ordre se forme à travers l’industrie, l’énergie, les infrastructures, la logistique et les matériaux qui les rendent possibles. C’est l’ère de la géopolitique minière.
Légende de la photo en première page : Le lundi 2 février 2026, dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche, le président Donald Trump annonce la création d’une réserve de minéraux critiques à destination de l’industrie américaine, baptisée « Project Vault ». Cette réserve d’une valeur de 12 milliards de dollars incluera des terres rares, du lithium, du nickel et d’autres minerais considérés comme essentiels pour l’industrie américaine. Malgré les initiatives de l’administration Trump pour sécuriser les approvisionnements en minerais stratégiques, les États-Unis restent très dépendants de la Chine, qui contrôle plus de 60 % de la production mondiale et près de 90 % du raffinage, un processus indispensable pour séparer les terres rares. La majorité des minerais américains sont par ailleurs exportés vers la Chine, faute de capacités de traitement suffisantes sur le sol américain. (© The White House/Molly Riley)













