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L’action héliportée dans la profondeur à l’heure de la guerre de haute intensité

Ces trois types de remote carriers, incluant donc missiles et drones, permettent méthodiquement de concevoir une manœuvre aérienne en environnement contesté selon trois vagues complémentaires :

‑  Une première vague de saturation avec des OWE consommables destinée à fragiliser les défenses ennemies, à laquelle on ajoutera les premiers missiles de précision tirés en stand‑off.

‑  Une seconde vague avec des CCA « attritionables » et des missiles connectés, destinée à détruire la défense sol‑air mobile adverse et créer des brèches suffisamment conséquentes pour être exploitées pendant le temps de l’action offensive.

‑  Enfin, une troisième vague dans laquelle pourront évoluer des aéronefs habités et des CCA onéreux « haut du spectre ».

La révolution du combat collaboratif à l’échelle de la campagne aérienne se décline logiquement jusque dans les missions des hélicoptères, ceux‑ci étant en mesure de larguer leurs propres remote carriers. Les applications envisagées de ces derniers en appui de l’action héliportée sont multiples : exploiter les bénéfices militaires de l’essaim et de la masse, notamment en saturant les défenses ennemies ; réaliser des missions de renseignement ou de guerre électronique ; leurrer les systèmes adverses par des manœuvres de déception, désigner et neutraliser des cibles, ou encore ouvrir des itinéraires pour lutter contre le minage aérien. Le remote carrier, à la fois capteur de renseignement et effecteur, s’inscrit pleinement dans le concept de Réseau multi‑senseurs multi‑effecteurs (RM2SE) et participe d’un changement profond de paradigme.

Les aéronefs dont les hélicoptères deviennent les nœuds d’un réseau de combat interconnecté, capable de voir bien au‑delà de leur propre ligne de vue, de fusionner et traiter des données en temps réel pour comprendre, décider et agir plus vite que l’adversaire, puis de porter le combat là où des effets stratégiques décisifs peuvent être produits. Au‑delà des plateformes autonomes, ce combat collaboratif aérien nécessite de mettre la donnée au centre des opérations militaires, d’utiliser un véritable Cloud de combat avec du Big Data et une connectivité ad‑hoc, mais aussi de développer les intelligences artificielles à même d’accélérer toujours la boucle de décision, sous supervision humaine.

Conclusion

En un mot, si la pertinence de l’hélicoptère militaire reste totalement avérée, son avenir dans les conflits de haute intensité passe par une survivabilité augmentée (en particulier autoprotection et vélocité), associée au combat collaboratif aérien permis par les indispensables remote carriers, la connectivité, et une gestion optimisée de la donnée.

Légende de la photo en première page : Le ravitaillement en vol élargit considérablement les possibilités. (© Johannes Kraak/Shutterstock)

Article paru dans la revue DSI hors-série n°108, « Opérations terrestres : le changement de donne capacitaire », Juin-Juillet 2026.
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