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Économie de défense. Parités de pouvoir d’achat : un révélateur du niveau réel des efforts de défense entre nations

En période de tensions internationales ou de guerres, il est important d’évaluer le niveau réel des efforts militaires des différents pays. Cependant, la comparaison n’est pas aussi facile et évidente qu’il n’y paraît en raison de nombreuses distorsions qui faussent la perception des rapports de force militaires et de leur évolution. Convertir les dépenses nationales en parités de pouvoir d’achat permet d’avoir une meilleure appréhension en réduisant les risques de mauvaises interprétations des chiffres disponibles – avec de réelles surprises.

La forte augmentation des dépenses militaires, ces dernières années, nous amène à regarder de plus près les chiffres disponibles pour les comparaisons internationales afin d’évaluer les risques possibles de conflit et leurs conséquences. Par exemple, le Président Trump a-t-il raison de demander un budget de 1 500 milliards de dollars pour 2027 ? Ceci est a priori surprenant quand la Chine ne dépense que 336 milliards de dollars.

Une analyse plus fine montre que les comparaisons sont difficiles à établir. Il est important d’éviter de mauvaises interprétations – ce qui est une gageure car de multiples biais existent et conduisent à une lecture erronée de la réalité des efforts militaires et des rapports de force qui en résultent.

L’analyse annuelle des dépenses militaires mondiales du SIPRI fait autorité, car il s’agit de l’étude la plus complète et la plus objective disponible. Elle repose aussi sur une méthodologie précise qui évite de comparer des chiffres nationaux très souvent hétérogènes. Ceux-ci peuvent ainsi prendre en compte une partie seulement des dépenses militaires ou, au contraire, inclure des dépenses sans relation directe avec l’effort de défense.

À cela s’ajoutent des distorsions majeures de nature économique qui faussent les perceptions même quand les données nationales sont fiables. Ainsi, beaucoup d’experts n’ont pas manqué de rappeler que la Russie avait un PIB en dollars équivalant à celui de l’Espagne. De ce point de vue, les dépenses militaires de la Russie n’apparaissent pas si inquiétantes que cela. En valeur faciale, en convertissant le budget russe en dollars au taux de change de marché, il est possible d’interpréter les choses ainsi, mais cela fait fi d’un point crucial. Dans quelle mesure ce montant reflète-t-il la capacité militaire que la Russie retire de ses dépenses militaires ?

Les taux de change entre monnaies ne reflètent pas la valeur intrinsèque de l’économie réelle entre différents pays. Idéalement, la valeur d’une monnaie devrait correspondre à la valeur créée dans l’économie du pays correspondant, mais ce n’est que rarement le cas. Les taux de change observés surévaluent ou sous-évaluent la valeur réelle des monnaies les unes par rapport aux autres, comme le souligne le fameux « indice Big Mac » publié régulièrement par le magazine britannique The Economist.

De plus, le pouvoir d’achat d’un même montant dans une monnaie commune, comme le dollar américain, n’est pas identique d’un pays à l’autre. Il existe de grandes différences de prix entre pays pour les mêmes produits ou services. Les ingénieurs chinois ont, par exemple, des salaires bien plus faibles que les ingénieurs américains ou européens. Les coûts de développement et de fabrication des produits sont aussi très variables pour de multiples facteurs. De ce fait, une comparaison n’est réellement pertinente qu’à la condition de reposer sur une Parité de pouvoir d’achat (PPA).

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