Les mutations de la guerre au XXIe siècle

Consacrée aux « mutations de la guerre », la 17e université d’été de la défense aborde une question centrale : les forces armées n’existent pas en soi et pour soi, mais pour répondre à une série de défis. De la réponse à la question posée découlent, de fait, les postures politiques (la stratégie déclaratoire) et doctrinales (la stratégie opérationnelle), mais aussi les structures de forces (la stratégie organique) et la conception des matériels (la stratégie des moyens). Reste que répondre à la question n’est pas simple…

Le cadre de l’action

La « guerre », entendue comme un affrontement de vive force, n’est plus aujourd’hui le seul type de recours à la force. Ce dernier s’étale sur un spectre large, entre compétition, rivalité et confrontation. Il comprend aussi bien des démonstrations de force que des actions « sous le seuil » – typiquement et pour rester dans l’actualité, le minage de pétroliers dans un port –, des actions par proxy (à l’instar de ce qui est observé dans l’est de l’Ukraine) et des actions de vive force, au besoin par des forces non militaires. En mer de Chine méridionale, l’affirmation de la présence chinoise ne passe pas tant par la marine de Beijing que par ses garde-côtes… ou les entreprises engagées dans la poldérisation de récifs et d’îlots et qui permettront in fine à la Chine de disposer de bases aériennes et navales en bonne et due forme (1). Si la faible intensité des actions n’implique par de flagrant casus belli, il n’en demeure pas moins qu’elles reflètent une confrontation latente.

Aussi, si l’on peut être tenté de voir en ces formes relativement apaisées de réalisation d’objectifs stratégiques une pacification des relations internationales, il ne faut pas s’y tromper. En effet, ces actions « sous le seuil de violence » sont également rendues possibles – jusqu’au fait accompli – parce que l’on hésite à les contrer directement, ce qui impliquerait de faire face à de vraies capacités militaires. C’est là le tournant que l’on observe depuis le milieu des années 2010 : ce qui peut être vu comme un assagissement cache de véritables compétitions stratégiques où les capacités de haute intensité sont, en réalité, centrales. Sans elles et la menace qu’elles font peser, point de liberté de manœuvre politico-stratégique. Paradoxalement donc, l’élargissement du spectre des postures revalorise l’usage de la force vive – ou, à tout le moins, la menace de son usage. On rejoint là la thématique de la dissuasion entendue par le général Poirier comme le mode préventif de l’interdiction. Et, en la matière, ce qui semble symbolique est intimement lié au pratique : on ne peut être dissuasif si l’on n’est pas crédible. C’est d’autant plus le cas que parler de dissuasion aujourd’hui, ce n’est pas uniquement parler du nucléaire.

Les acteurs, de ce point de vue, sont-ils plus crédibles ? Il faut d’abord constater que la technologie joue en leur faveur : les moyens se sont diversifiés, soutenus par une hausse constante des dépenses de défense depuis 2008 dans la plupart des régions du monde. Dans le même temps, les systèmes s’additionnent plus qu’ils ne se remplacent. Si une bonne partie des armées ont modernisé leurs capacités historiques – aviation de combat, marine, artillerie, capacités amphibies, etc. –, elles les ont aussi fréquemment accrues et elles voient également l’apparition de nouveaux systèmes. Dans le seul secteur de la défense aérienne, les capacités en termes de portée et d’altitude sont disponibles pour bien plus d’États que par le passé. Nombre de systèmes ont ainsi connu une prolifération. Deux facteurs entrent en ligne de compte dans le processus de densification capacitaire :

• d’une part, l’arrivée de nouveaux effecteurs : cyber, missiles antinavires supersoniques et bientôt hypersoniques (2), roquettes « missilisées » de longue portée (3) ou encore drones armés « épaississent » les forces avec, là aussi, une prolifération, y compris dans des États autrefois considérés comme de petites ou de moyennes puissances ;

• d’autre part, les enablers se diffusent eux aussi. Les processus de numérisation et de mise en réseau dans des systèmes intégrés, la guerre électronique, la multiplication des systèmes de renseignement ou encore la maintenance prédictive ne sont pas nouveaux (4), mais n’étaient historiquement accessibles qu’aux puissances les plus riches. Or ces systèmes permettent de « rentabiliser » les forces disponibles. Celles-ci sont donc certes plus efficaces du fait d’effecteurs plus modernes et plus puissants, mais elles deviennent également plus efficientes. Ce secteur des enablers connaîtra d’autant plus d’évolutions que nombre d’applications utilisant l’intelligence artificielle vont se diffuser dans les prochaines années (5).

Les moyens ne sont évidemment pas tout lorsque l’on parle de crédibilité : une capacité ne se résume pas aux matériels. Or nombre d’acteurs en sont conscients, accordant une plus grande importance à leur formation et à leur entraînement. Ils professionnalisent ainsi leurs forces, en plus de les moderniser et d’en augmenter la puissance. L’un dans l’autre, la distribution de la puissance à l’échelle internationale évolue. Lorsque Disclose dénonce les ventes d’armes effectuées à l’Arabie saoudite ou aux Émirats arabes unis, le média oublie ainsi de se replacer dans le contexte de leur évolution. Les matériels que l’ONG incrimine, vendus dans les années 1990 ou 2000, l’ont été à des puissances dont personne n’imaginait alors qu’elles seraient capables de mener des opérations offensives. Au milieu des années 2000, Riyad avait ainsi les plus grandes difficultés à manœuvrer au niveau brigade. Dix ans plus tard, les Émirats sont non seulement en mesure d’intervenir au Yémen, mais aussi en Libye (6), tout en mettant en place des bases à l’étranger. Ce phénomène des déploiements outre-­frontières, qui ne touche pas que la fédération, est d’ailleurs, en soi, un indicateur d’une plus grande activité stratégique de plusieurs États.

En outre, ce qui vaut pour des opérations offensives le vaut également dans un cadre défensif. Les années 2010 sont celles de l’émergence des postures A2/AD (Anti Access/Area Denial), combinant de manière intégrée des capacités antiaériennes et antinavires complexes (7). Là aussi, la combinaison entre effecteurs, enablers et professionnalisation a une incidence directe sur la distribution de puissance : la Russie et la Chine ne sont pas les seuls États à développer et à entretenir de telles capacités. C’est également le cas pour l’Iran (8) ou encore l’Algérie (9). Au demeurant, toutes ces évolutions n’empêchent nullement le développement d’autres capacités.

Dans le cas iranien, elles se doublent d’actions indirectes qui assurent une réelle liberté de manœuvre régionale, au travers du Hezbollah – et par ricochet, des groupes armés à Gaza – ou plus récemment du soutien aux Houthis. On le comprend donc, le cadre est large et les combinaisons de moyens montrent surtout, plus que leur opposition, une véritable complémentarité sur un spectre capacitaire large. Le résultat n’est pas nécessairement un monde plus dangereux, mais un monde du retour à la stratégie, et singulièrement à la stratégie militaire, où les rivalités sont plus affirmées et débordent le strict cadre de la diplomatie classique. En réalité, avec plusieurs décennies d’écart, ce monde continue de donner raison à Lucien Poirier lorsqu’il évoquait la notion de stratégie intégrale comme combinant « les résultats des trois stratégies, économique, culturelle et militaire, dans une unité de pensée et d’action qui combine et leurs buts et leurs voies et moyens (10) ». En matière de puissance, tout fait farine au moulin. La véritable question est plutôt celle de l’articulation et de la mise en cohérence des différentes lignes d’opération, tout comme l’édiction des objectifs stratégiques.

Du cadre géostratégique aux conséquences militaires

Derrière ces mutations des combinatoires capacitaires, il y a également celles des acteurs. Les États restent certes prédominants dans le système international : leur aptitude à la concentration capitalistique leur permet de financer leurs besoins régaliens – même si l’appétence à le faire est très variable (11). En revanche, des acteurs irréguliers peuvent également mettre en place des systèmes fiscaux/parafiscaux dans les zones qu’ils contrôlent, quelle que soit leur idéologie. In fine, certains de ces acteurs peuvent gagner une puissance capable de sérieusement déstabiliser des États, et ce – là est la mutation de ces vingt dernières années – sans nécessairement bénéficier d’un soutien extérieur. Si cela a été le cas des FARC en Colombie, ce l’est également plus récemment de l’État islamique.

La montée en puissance de ces groupes est d’autant plus rapide que les États qu’ils ciblent sont fragilisés. À cet égard, on aurait sans doute tort de limiter la mutation actuelle du caractère de la guerre aux seuls États. Les groupes irréguliers aussi peuvent s’appuyer sur une appropriation technologique – les phénomènes de techno-­guérillas (12) – et sur de solides processus de professionnalisation, tout en mettant en place des cadres stratégiques cohérents et en développant des systèmes d’alliances.

Au bilan militaire, les groupes irréguliers peuvent osciller entre techno-­guérillas et armées quasi régulières. Les Houthis possèdent ainsi une réelle puissance de feu terrestre, mais sont également capables de mener des opérations d’interdiction maritime, ou encore de frapper des cibles dans la profondeur saoudienne ou émirienne, au moyen de missiles balistiques (parfois tirés en salves) ou de drones. Le propre des techno-­guérillas contemporaines est ainsi d’investir les « espaces fluides » – aérien, naval, cyber – que les États dominaient historiquement. Certes, ces groupes peuvent tout au plus contester la domination de ceux-ci dans ces espaces, mais les risques politiques qu’ils imposent sont bien réels. De plus, dans les « espaces solides » aussi, les risques pour les États les affrontant sont bien réels. Les volumes de feu utilisés dans l’actuelle guerre dans l’est de l’Ukraine sont plus qu’importants, y compris dans des zones urbaines. Ils sont renforcés par une très forte densité d’actions de guerre électronique et cyber (13). L’irrégulier et l’hybride, de ce point de vue, éclairent également l’évolution des capacités régulières et étatiques.

Dans ce contexte, quelle est l’évolution du caractère de la guerre, lorsqu’elle est menée ? Si sa nature ne change pas – elle reste l’affrontement de volontés politiques opposées utilisant la force pour résoudre leur différend, quelles que soient les époques –, la forme qu’elle prend évolue bel et bien, ce qui a évidemment des conséquences sur la manière dont les opérations sont conduites. Tenant compte de tout ce qui a été dit, on peut d’abord constater une convergence des modes d’action régulier et irrégulier. La distinction entre ces deux modes était surtout conceptuelle, en particulier aux plus bas échelons (14), ce qui a pu entraîner des débats, notamment aux États-Unis, autour du « type de guerre » sur lequel les forces devaient se concentrer, en termes doctrinaux, de formation et d’équipements. En réalité :

• l’adversaire irrégulier tendra à se « régulariser » en disposant d’une puissance de feu de plus en plus importante et d’enablers (communications, cyber et influence), certes moins efficaces que ceux des États, mais qui lui permettront également de rendre ses forces plus efficientes ;

• l’adversaire régulier pourra s’« irrégulariser », notamment parce qu’il s’appuiera sur des opérations par proxys, sur ses forces spéciales (qui connaissent un vrai processus de diffusion), mais aussi sur les opérations cyber et les difficultés liées à l’attribution qu’elles entraînent ;

• dans les deux cas, les adversaires seront en mesure de s’appuyer sur une diversité de moyens non militaires, mais stratégiquement significatifs : influence et opérations psychologiques, jusqu’à l’immixtion dans les processus électoraux ou manœuvres cognitives sapant la confiance dans les institutions (15) ; diplomatie ou protodiplomatie incluant l’implication d’autres acteurs dans des coalitions ; lawfare faisant de l’interprétation du droit un enjeu stratégique, au service de ses propres intérêts.

À certains égards, cette configuration stratégique facilite la tâche des planificateurs : elle nécessite, sur le versant militaire, de se focaliser sur les savoir-­faire militaires – la guerre reste conduite par les hommes – en cherchant une stratégie de compensation technologique au déficit de masse.

Cela explique l’attention accordée à l’innovation et à des systèmes structurants, au-delà des simples modernisations générationnelles. C’est le cas pour SCORPION et la numérisation qui l’accompagne évidemment ; mais aussi de nouvelles munitions supersoniques, les premiers pas dans l’hypersonique, le cyber et, évidemment, le SCAF. On note, au passage, la forte dépendance de ces systèmes à une dimension « méta-structurante » : le cyberélectronique. Par ailleurs, ce qui est structurant n’est au demeurant pas nécessairement ce qui est le plus visible… ou le plus cher. Le drone NX‑70, par exemple, offre aux forces terrestres une capacité ISR qui permettra de réellement optimiser les feux indirects (missiles MMP, artillerie) à proximité des compagnies et sections. C’est précisément ce type de capacité qui a permis aux forces russes de raccourcir les boucles décisionnelles dans l’est de l’Ukraine, souvent à moins de trois minutes entre la détection et le tir d’artillerie, avec un solide appui de guerre électronique (16).

D’autres capacités moins visibles pourraient également avoir des incidences directes sur la conduite des opérations, cette fois dans le « spectre haut ». Le Space RIDER (Space Reusable Integrated Demonstrator for Europe Return) est un programme civil de l’Agence spatiale européenne lancé dans la foulée du démonstrateur IXV (17) visant à disposer d’un drone spatial réutilisable capable d’embarquer une charge utile de 800 kg dont le premier essai devrait avoir lieu en 2022. Sa militarisation – qui n’est pas actée – permettrait de disposer d’un système équivalant au X‑37B américain, dont les missions restent officiellement peu claires, mais qui incluent la reconnaissance ou le « butinage » de satellites. Rien ne s’oppose à une utilisation de tels systèmes dans la mise en panne « propre » (soit sans débris spatiaux [18]) de satellites adverses, donnant effectivement une capacité contre-­spatiale cinétique, en plus des armes à énergie dirigée actuellement à l’étude.

La vraie question, de ce point de vue, n’est pas le versant militaire des nouvelles moutures de l’art de la guerre, mais bien la manière dont on considère ses dimensions non militaires. Or la réponse ici n’est pas tant de nature technique que de nature politique. Si elle implique une forte capacité de renseignement permettant de distinguer le vrai du manipulé, elle met également le politique au défi de coordonner ses lignes d’opérations non militaires – diplomatiques (versants juridiques compris), économiques, culturelles, voire autres. Conceptuellement, la réponse est déjà fournie par Lucien Poirier. Mais si la guerre est un art simple, il est tout d’exécution…

Notes

(1) Sur ces problématiques, voir Alexandre Sheldon-Duplaix, « La Chine change-t‑elle de posture stratégique ? », Défense & Sécurité Internationale, no 123, mai-juin 2016 ; « Des flottes paramilitaires en première ligne des conflits en Asie », Défense & Sécurité Internationale, no 106, septembre 2014 ; et notre hors-série no 58, consacré à la distribution de puissance en Asie orientale.

(2) Joseph Henrotin, « La mutation hypersonique et ses défis », Défense & Sécurité Internationale, hors-série no 66, juin-juillet 2019.

(3) Philippe Langloit, « Quelques perspectives sur le missile sol-sol », Défense & Sécurité Internationale, hors-série no 60, juin-juillet 2018.

(4) Voir Joseph Henrotin, L’art de la guerre à l’âge des réseaux, ISTE, Londres, 2017.

(5) Voir à ce sujet notre hors-série no 65, en partenariat avec le CREC-Saint Cyr.

(6) Arnaud Delalande, « L’Égypte et les Émirats arabes unis en guerre en Libye », Défense & Sécurité Internationale, no 129, mai-juin 2017.

(7) Sur l’A2/AD et les moyens d’y faire face, voir notre hors-série no 56, octobre-novembre 2017.

(8) Alexandre Sheldon-Duplaix, « Manœuvres “Grand Prophète 9” : les capacités “anti-accès” de l’Iran et les missions de ses deux marines », Défense & Sécurité Internationale, no 114, mai 2015.

(9) Laurent Touchard, « L’évolution des forces armées algériennes », Défense & Sécurité Internationale, no 131, septembre-octobre 2017.

(10) Lucien Poirier, Stratégie théorique II, Economica, Paris, 1987, p. 114.

(11) La défense ne représente plus depuis longtemps le premier poste budgétaire des États européens. Dans l’OCDE, en 2015, elle représentait en moyenne 5,1 % des budgets publics, le record étant détenu par Israël (14,9 %) suivi des États-Unis (8,8 %). En Europe, le Royaume-Uni allouait à la défense 5 % de son budget public, suivi par la Grèce (4,9 %). OCDE, Structure of general government expenditures by function (COFOG) (https://​www​.oecd​-ilibrary​.org/​d​o​c​s​e​r​v​e​r​/​g​o​v​_​g​l​a​n​c​e​-​2​0​1​7​-​1​8​-​e​n​.​p​d​f​?​e​x​p​i​r​e​s​=​1​5​6​2​3​2​1​2​1​6​&​i​d​=​i​d​&​a​c​c​n​a​m​e​=​g​u​e​s​t​&​c​h​e​c​k​s​u​m​=​D​3​9​D​6​F​D​6​B​E​F​7​7​8​6​F​A​F​E​D​4​C​8​2​F​2​C​1​2​474).

(12) Sur cette question, très largement traitée dans nos pages, voir notre hors-série no 64, février-mars 2019.

(13) Voir notamment Yuri Lapaiev, « Ukraine as Clandestine Testing Ground for Russian Electronic Warfare », Eurasia Daily Monitor, vol. 15, no 157, 5 novembre 2018. Sur les aspects cyber, voir notamment Stéphane Taillat, Amaël Cattaruzza et Didier Danet (dir.), La cyberdéfense. Politique de l’espace numérique, Armand Colin, Paris, 2018.

(14) Voir notamment Joseph Henrotin, Techno-guérilla et guerre hybride. Le pire des deux mondes, Nuvis, Paris, 2014.

(15) Joseph Henrotin, « De la manœuvre dans les espaces cognitifs comme première des insécurités », Défense & Sécurité Internationale, no 142, juillet-août 2019.

(16) Philippe Langloit, « Protection multispectrale et déception. L’exemple du Barracuda MCS », Défense & Sécurité Internationale, no 142, juillet-août 2019.

(17) Entretien avec Guilhem Penent, « L’IXV, annonciateur de l’avenir spatial européen ? », Défense & Sécurité Internationale, no 112, mars 2015.

(18) Mais aussi discrète dès lors que les capacités de renseignement spatial telles que le radar GRAVES sont encore loin de connaître une prolifération.

Légende de la photo en première page : un Rafale B en Finlande. Le champ d’action naturel de la France est mondial, certes en fonction de ses territoires, mais aussi de ses ambitions politiques. (© V. Almansa/Dassault Aviation)

Article paru dans la revue DSI hors-série n°67, « Armées françaises : Quelles forces pour demain ? », août-septembre 2019.
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