Faire des études stratégiques en France

Comment en vient-on à faire une thèse sur les études stratégiques en France, domaine qui reste toujours un peu académiquement délicat ?

Matthieu Chillaud. J’avais rencontré Hervé Coutau-­Bégarie, lors du cocktail après la remise du rapport Heisbourg en juillet 2000. Nous avions sympathisé et gardé le contact et, par la suite, nous nous sommes régulièrement vus au bassin d’Arcachon, où nous avons beaucoup discuté. Je l’avais interrogé à propos d’un article percutant sur les études stratégiques en France qu’il avait publié dans le premier volume de l’Annuaire français des relations internationales. À l’origine, cet article devait être un livre, mais, pour une raison que j’ignore, l’ouvrage est resté au stade du manuscrit, que j’ai d’ailleurs encore avec moi. Il avait eu la gentillesse, de surcroît, de me confier quelques-­unes de ses archives personnelles. J’ai donc commencé à réfléchir à cette question, que j’avais d’ailleurs un peu effleurée au cours de mon service militaire à la Délégation aux Affaires Stratégiques (DAS), l’actuelle Direction Générale des Relations Internationales et de la Stratégie (DGRIS). J’ai donc décidé de me lancer dans une thèse en histoire contemporaine sur ce sujet à l’université de Montpellier‑III, université connue pour avoir été séminale, en France, dans la popularisation de l’histoire militaire. J’ajoute, par ailleurs, que cette décision n’était pas en soi très rationnelle puisque j’ai déjà un doctorat en science politique, après une thèse soutenue il y a une douzaine d’années. J’avais alors travaillé sur les pays baltes et leur insertion dans les équilibres stratégiques en Europe. Mais le sujet des études stratégiques en France me passionnait et j’avais l’intime conviction qu’il y avait beaucoup à dire.

J’ai voulu attaquer cette problématique sous un angle un peu original, qui n’avait été qu’effleuré dans le manuscrit d’Hervé Coutau-­Bégarie, c’est-à‑dire analyser la position de l’État français face à une contradiction qui est dans l’ADN même de la Ve République : comment peut-on soutenir une réflexion stratégique au sein d’instituts académiques, civils ou militaires, sans que cette réflexion se retourne contre le commanditaire ? J’ai l’intime conviction, mais c’est peut-être un peu moins vrai ces dernières années, que tout le problème vient de là, d’un discours très ouvert en faveur de la recherche stratégique. Précisons que j’entends par là ce qui ne relève pas des organismes internes au ministère des Armées. En son sein a existé le Centre de Prospective et d’Évaluations (CPE), entre 1964 et 1982, où l’on sait que des choses extraordinaires ont été faites, notamment sous l’impulsion du général Poirier. Mais cette réflexion est restée confinée et n’a débordé que marginalement sur les instances académiques civiles – d’autant lorsque l’on sait que, chez les universitaires, considérer la chose militaire comme objet de recherche fut, pendant très longtemps, et même dans une certaine mesure l’est encore maintenant, presque subversif.

Il y a eu des tentatives dans les années 1970, grâce notamment à la FEDN (Fondation pour les Études de Défense Nationale) afin de soutenir une myriade de diplômes de troisième cycle, DEA et DESS, à travers la France, consacrés aux études de défense ou aux relations internationales et une branche des sciences sociales et humaines alors absente du paysage académique. Ces tentatives ont été portées à bout de bras par des personnes qui ont fini par jeter l’éponge en constatant que, en dépit de leurs efforts, un champ disciplinaire – sans même parler d’une discipline – ne pouvait émerger. On note également une ouverture du ministère de la Défense à la fin des années 1990.

Des choses ont été faites, mais une fois que la DAS, par le canal de la Direction Générale de l’Armement (DGA), ont financé des thèses, ce n’est pas allé plus loin : le plafond de verre est celui de la reconnaissance du champ des études stratégiques au sein du Conseil National Universitaire (CNU). On a tenté de trancher le nœud gordien, notamment avec la criminologie dont les universitaires, dans leur écrasante majorité, ne voulaient pas. Au bout d’un an et demi, cette section a été supprimée. Ma conviction est que l’État se trouve dans une impasse, avec une double contradiction : d’une part, son hostilité latente envers l’émergence d’idées qui pourraient lui être contraires, tout en essayant, en même temps, de promouvoir les études stratégiques ; et, d’autre part, l’incapacité à comprendre la machinerie académique qui est, reconnaissons-le, très conservatrice. On aura beau trouver des astuces pour aider les jeunes qui veulent se lancer dans des thèses en études stratégiques, comprises au sens large, on se heurtera toujours à un plafond de verre. Seuls ceux qui ont habilement réussi à intégrer leur objet de recherche dans une discipline reconnue ont pu percer.

Ces trente dernières années, on a beaucoup glosé sur la faiblesse de la recherche stratégique en France. Comment percevez-vous la dynamique actuelle ? Sommes-nous en train de rattraper d’autres États, anglo-saxons notamment ? Ou avons-nous une spécificité propre ?

On a tort de se comparer aux autres, les situations sont trop différentes. Je ne suis pas convaincu lorsque j’entends, ici ou là, des gens dire que c’est moins bon chez nous que chez les autres. La machinerie académique est vraiment différente dans les pays anglo-saxons, elle est beaucoup plus souple lorsqu’il s’agit de s’ouvrir à des « sciences émergentes ». J’entends parfois que les fondations allemandes sont un système fantastique. J’ai réalisé une étude pour la DGRIS sur le système allemand, mais les études stratégiques sont tellement connotées idéologiquement que ceux qui s’y intéressent en Allemagne soit sont obligés d’aller à l’étranger, soit s’avancent masqués sur des thématiques ou des objets de recherche plus « soft ».

Il convient, enfin, de souligner que, dans le milieu universitaire français, la communauté des « stratégistes » est un véritable Clochemerle. Dans ce microcosme animé par un esprit très relatif de coterie, les querelles burlesques et les guerres picrocholines, tout comme les intrigues malveillantes, les crocs-en-jambe et les « grenouillages », sont légion. Les membres des réseaux de stratégistes français entretiennent couramment entre eux des relations de perpétuelle défiance, voire de concurrence, de jalousie et même d’hostilité, aussi bien pour des raisons idéologiques, d’influence et d’ego qu’à cause de la pénurie de postes universitaires. Avant de vouloir s’inspirer des autres pour faire mieux, essayons de changer de mentalité chez nous.

Les moyens manquent-ils chez nous ?

Je ne pense pas que les moyens financiers soient un obstacle. En revanche, il existe des verrous psychologiques que l’on ne parvient pas à faire sauter. Il y a une particularité de la Ve République, mais on note tout de même une continuité avec le système politico-administratif de la France depuis le XIXe siècle. On n’a pas cette tradition de philanthropisme, on s’en remet toujours à l’État ; et ce dernier y trouve son compte sous la Ve République, parce que cela lui permet de contrôler. Il suffit de voir l’ancêtre de l’Institut Français de Relations Internationales (IFRI), le Centre d’Études de Politique Étrangère (CEPE), dans les années 1930, avec des subsides des fondations américaines, mais qui n’avait pas suffisamment d’envergure pour devenir un véritable think tank, comme dans les autres pays. Cela a été mené énergiquement et à bout de bras par Jacques Vernant qui, en plus, n’était pas à l’origine un universitaire spécialisé sur les relations internationales, c’était un touche-à‑tout. La problématique des think tanks est consubstantielle à ce que je disais : comment des organismes extérieurs à l’État peuvent-ils influencer la doctrine de ce même État ? En France, les plus optimistes diraient que l’influence des think tanks est marginale tandis que les plus pessimistes sont convaincus qu’elle est quasi nulle.

Cela ne dépend-il pas du niveau auquel on s’intéresse ? Les travaux du Laboratoire de recherche sur la défense de l’IFRI ou la Fondation pour la recherche stratégique ont une certaine incidence sur les forces par exemple…

Oui, mais c’est l’exception qui confirme la règle. Dans une période de disette budgétaire, il est bien pratique de faire appel à des experts extérieurs qui apportent en prime une plus-value académique, tout en permettant de se prévaloir de soutenir les études stratégiques. On est donc dans une certaine continuité et le constat d’Hervé Coutau-Bégarie me semble toujours valable : ce ne sont pas les moyens qui posent problème et, quelles que soient les initiatives, elles se heurtent au difficile dialogue entre les militaires et le monde académique. S’y greffe la problématique du soutien par l’État des études stratégiques. C’est beau de parler de « revitalisation des études stratégiques », mais l’on ne sait pas trop ce que cela veut dire. Est-ce qu’un centre de recherche qui fait des études stratégiques et qui en plus fait de la paradiplomatie est bien dans son rôle ? Un institut de recherche académique ne devrait-il pas se concentrer sur la recherche ? Cette recherche doit-elle être uniquement opérationnelle ? Ou bien confinée à un stade théorique ?

Il faudrait revenir un peu à ce que Michel Debré voulait en 1972 lorsqu’il a créé la FEDN. Il faut relire le deuxième tome du Livre blanc de 1972, d’ailleurs paru en 1973, dans lequel Michel Debré part du constat que l’institut d’André Beaufre, l’Institut Français D’Études Stratégiques (IFDES) est trop faible pour qu’il puisse être considéré comme un vrai centre de recherche viable, et qu’il faut créer autre chose. Il écrit noir sur blanc que l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) n’a jamais réussi à se transformer en centre de recherche, donc qu’il faut créer une fondation – qui, entre parenthèses, sera présidée par le général Buis, alors directeur de ce même IHEDN. Et il va demander au général Poirier de le rejoindre à la FEDN alors qu’il était chargé des études au sein de l’IHEDN. Il y a donc une continuité entre les deux entités. Plutôt que d’attendre que l’étranger soit le philanthrope des études de défense en France, il considère que l’État assumera ce rôle de mécène. Mais le ver est déjà dans le fruit : faut-il financer une recherche qui aille dans le sens de l’État ou faut-il laisser au chercheur sa liberté académique ? C’était ambigu : la FEDN, jusqu’en 1993, était de facto un appendice du ministère de la Défense, même si ses statuts affirmaient son indépendance. Le cabinet du ministre ou le ministre pouvait à tout moment démettre le président de la FEDN et c’est d’ailleurs ce qu’il a fait en 1978 avec le général Georges Buis. Cela reflète une ambiguïté permanente consistant à vouloir donner d’une main tout en contrôlant de l’autre.

Se greffent d’autres problématiques, comme la mainmise permanente de la diplomatie sur les affaires stratégiques au ministère des Armées, mais pas l’inverse. Or la diplomatie et la stratégie ne marchent pas nécessairement main dans la main. Je m’aperçois maintenant que le service militaire que j’ai fait à la DAS – ce dont j’étais très heureux – m’a conduit à faire des relations internationales plus que de la stratégie. Je ne dis pas que ce soit inutile, je dis que ce n’est pas forcément logique, et cela crée de la frustration chez les militaires. Je ne suis pas vraiment convaincu de la plus-value pour la stratégie française d’organismes qui ont « dé-bellicisé » ce qu’ils appellent « la stratégie », qui ne l’est pas au sens militaire du terme. La DGRIS demande ainsi aux think tanks des EPS – Études Prospectives et Stratégie –, mais cela dénote bien l’ambiguïté de cette terminologie. Le terme même de DGRIS montre bien qu’il est question de « relations internationales » en plus de la « stratégie ». On voit l’effet de l’insertion de diplomates dans les questions stratégiques. Or le diplomate voit les choses sous un angle dé-bellicisé : la guerre étant pour lui la toute dernière option, son approche sera forcément biaisée. Personnellement, je suis plutôt convaincu par les thèses néoréalistes et, dans un monde anarchique, la guerre n’est certainement pas ce qu’il faut voir en dernier. Or on oublie le point de vue du militaire, qui a tout de même une expertise que le diplomate n’a pas, y compris pour lui dire, ou au politique, qu’une guerre n’est pas souhaitable. À l’inverse, il y a très peu de militaires au Quai d’Orsay.

Entre 1964 et 1992, nous avons donc eu successivement le CPE, le Groupement permanent de Planification et d’Études Stratégiques (GrouPES) et la Délégation aux Études Générales (DEG), qui étaient des organismes qui faisaient vraiment de la stratégie et beaucoup de prospective aussi. Avec la mainmise des diplomates sur le ministère de la Défense au début des années 1990, ces organismes sont devenus des cellules plutôt conçues pour faire du positionnement technocratique au sein du monde atlantique et de l’ONU dans un environnement stratégique post-guerre froide.

N’était-ce pas aussi une question d’époque ? À ce moment, la guerre était perçue – en dépit des guerres des Balkans – comme une anormalité et la stratégie comme une question de relations internationales plutôt que de survie…

C’est cela, tout se fait de façon complémentaire. Dans les années 1990, la DAS est, sous l’influence de Jean-Claude Mallet, montée en puissance au sein des armées tout en freinant la seule tentative de créer un centre de recherche sur la stratégie, la FED (Fondation pour les Études de Défense). Cela a eu pour conséquence d’écarter les militaires qui essayaient d’avoir une vision dissonante. À mon sens, pour refaire de la stratégie, il faudrait un équivalent, tout en le modernisant, du CPE. Les militaires n’étaient pas les seuls à y travailler. Ses membres venaient de tous les horizons et l’on y retrouvait des stratèges aussi bien que des tacticiens ou des ingénieurs de l’armement dans une forme de brassage et de complémentarité. Il se focalisait également sur la prospective, y compris à long terme – une vision qui n’intéresse pas le politique, qui veut des solutions à court ou moyen terme. Par ailleurs, personne ne se mêlait de produire des fiches ou un dossier ministre, ce qui relevait de l’état-major et du Quai d’Orsay. Cela a changé à la fin des années 1970 lorsque les organismes ont commencé à être utilisés comme des appendices au cabinet.

A-t-on un modèle permettant de sortir de la situation que vous décrivez dans votre thèse ? L’IRSEM ou le Pacte d’excellence enseignement supérieur sont-ils une solution ?

Je souhaite évidemment que cela marche, mais, si j’étais pessimiste, je me demanderais pourquoi cela marcherait alors que tous les dispositifs établis jusque-là soit n’ont pas fonctionné, soit ont fini par être supprimés. Je constate cependant que de gros moyens ont été mis sur la table – ce qui est une bonne chose. Au-delà, attendons de voir. Je remarque qu’initialement, les centres bénéficiaires du Pacte devaient être sept, mais seuls cinq ont été choisis, alors que les candidats de valeur ne manquaient pas.
De façon générale, les formations diplômantes sur les questions de défense existent, le problème est celui du devenir professionnel des étudiants qui choisissent des troisièmes cycles qui ne se prêtent pas forcément bien au monde professionnel tandis que, pour ceux qui optent pour la voie universitaire, les postes sont rares. Le Pacte d’enseignement supérieur, qui a vocation à parachever la volonté affichée de l’État de favoriser les études stratégiques dans cette logique au sein du milieu universitaire, représente-t‑il une inflexion en trompe-l’œil ou, au contraire, réelle ? La réponse est incertaine, mais, en tout cas, la diversité et la qualité des sujets en sciences humaines et sociales proposés par des historiens, des politistes, des juristes, des économistes et une géographe dans les dossiers de candidature imposent un constat qui est celui de la vitalité des projets en stratégie dans leur plénitude et dans une logique transdisciplinaire. Le projet du ministère, enfin, de financer sur plusieurs années des universitaires qui travaillent sur les questions de stratégie doit permettre, en toute logique, que, dans l’université, l’offre puisse favoriser la demande. Mécaniquement, les équipes qui bénéficieront du soutien financier du ministère des Armées pourront légitimer leurs travaux, à l’aune de critères académiques, dans le champ des études stratégiques et favoriser ainsi l’ouverture aux problématiques liées à la guerre et à la paix de l’Université, celle-ci n’ayant pas la responsabilité du financement.

Mais cela suffira-t-il pour conjurer la loi d’airain ? Comme nous l’avons vu, la logique de la Ve République, en la matière, est implacablement celle de la discontinuité des institutions et surtout du primat du contrôle de la production de la réflexion stratégique en amont. La production de la réflexion stratégique se fait immanquablement dans l’ombre de l’État d’autant que, dans le processus décisionnel, l’impact, et même l’influence, des universitaires est marginal alors même que les responsables politiques s’avèrent souvent concurrencés par les « intellectuels », plus idéologues que scientifiques. Mais l’idéologisation des études stratégiques n’est pas le seul écueil. La recherche en sciences sociales et humaines apporte du savoir, sans forcément se réduire à une expertise. Elle comporte toujours une dimension critique ; en envisageant des problèmes, elle provoque des débats, des doutes et des interrogations à l’opposé de ce qui existe dans le milieu militaire, plus marqué par le syncrétisme et la conviction que la hiérarchie ne peut qu’avoir raison. Même si ce manichéisme tend à s’estomper, la dichotomie entre, d’une part, la fonction de la recherche en sciences sociales et humaines pour l’universitaire et, d’autre part, la vertu de la pensée stratégique pour le militaire continue à problématiser une contradiction que le preneur de décision politique ne parvient résolument pas à gérer.

L’interaction avec les militaires est plus que souhaitable, mais n’est-ce pas courir le risque, sur le plan universitaire cette fois, de subir la disqualification des travaux au motif qu’ils sont techniques et relèvent de l’« expertise » et non de la recherche – un type de critique qu’on peut malheureusement encore retrouver ?

Il y a eu une espèce de dissonance entre les sciences humaines et sociales et les sciences « dures ». Quelqu’un comme Poirier pouvait faire de la stratégie parce qu’il savait combiner ses connaissances techniques et en sciences sociales. Il connaissait les effets physiques d’une arme nucléaire et savait comment cela fonctionnait. Une des forces du CPE était de pouvoir associer des militaires et des profils complémentaires. La maîtrise se faisait donc depuis la technicité des armes jusqu’à leur utilisation stratégique.

Nous n’avons plus de généraux Poirier ou Bru, ni même, dans la dimension pédagogique, d’Hervé Coutau-Bégarie. Sans doute faut-il plus de technique dans les champs des sciences sociales impliqués dans les études stratégiques, comme le droit international. Je pense que c’est dans la souplesse et le brassage qu’émergeront des idées percutantes, mais ce qui est certain est qu’il faut laisser les gens phosphorer dans leur coin sans que le politique vienne parasiter leurs travaux en leur imposant a priori ce que doit être le fruit de ces derniers.

Vous avez soutenu votre thèse, mais quand l’ouvrage paraîtra-t‑il ?

J’ai envoyé mon manuscrit aux Presses universitaires de la Méditerranée, où il est en cours d’examen. Affaire à suivre…

Propos recueillis par Joseph Henrotin, le 21 janvier 2019

Légende de la photo en première page : Le secteur des études stratégiques a beaucoup évolué ces quinze dernières années. (© US Army)

Article paru dans la revue DSI n°140, « Le T-90, cavalier des steppes », mars-avril 2019.

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