Au Soudan, les Forces de soutien rapide (RSF), tout comme l’armée, utilisent des drones commerciaux pour la reconnaissance ainsi que pour larguer des grenades sur des véhicules ou des positions ennemies. En revanche, l’utilisation de drones FPV est peu répandue et n’est pas comparable à celle observée en Ukraine, en Birmanie ou au Moyen‑Orient.
Au Moyen-Orient
Lors de l’attaque du 7 octobre 2023, le Hamas avait utilisé des drones commerciaux pour larguer des munitions sur les tours de guet le long de la frontière israélienne avant de percer des brèches dans le mur séparant Gaza de l’État hébreu. D’autres éléments ont fait de même contre un char Merkava IV et des troupes israéliennes. À partir de 2025, le Hamas a augmenté l’usage des drones contre les forces de Tsahal dans la bande de Gaza.
En Syrie, l’opposition a commencé en novembre 2024 à adopter une nouvelle approche dans l’usage des drones pour attaquer l’armée, ce qui a provoqué un renversement du rapport de forces et permis la prise de Damas par le Hayat Tahrir al-Cham (HTC), menant ainsi à la fin du régime de Bachar al-Assad.
Les unités de drones du HTC, appelées brigades Al – Shaheen, ont employé de petits drones kamikazes à réaction développés et fabriqués en interne avec de la fibre de verre et des pièces imprimées en 3D. De dimensions réduites et d’une portée moindre comparée à celle des OWA-UAV (One way attack – Unmanned aerial vehicles) classiques, ils ont permis de cibler des véhicules, des hélicoptères, des appareils de combat et d’autres équipements militaires, ainsi que des officiers de haut rang, avec une marge d’erreur inférieure à 5 %. Ils se sont également révélés très difficiles à contrer par les troupes au sol à proximité de la cible.
L’appui de spécialistes ukrainiens (20 opérateurs drones aguerris et 150 drones FPV) a gonflé les capacités des brigades Al – Shaheen, auxquelles la Turquie a également apporté son aide pour le développement et la rétro – ingénierie à partir de drones kamikazes russes et iraniens capturés. Plus de 200 drones kamikazes ont ainsi été réalisés par le HTC.
En mai 2025, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a commencé à utiliser des drones FPV à fibre optique pour attaquer des unités de l’armée turque engagées dans le sud-est du pays et au Kurdistan irakien. Lesquelles sont bien équipées et dotées de systèmes de brouillage, que le guidage par fibre optique permet de contourner. Le PKK fixe au drone un explosif improvisé qu’il fait détoner après celui-ci a atteint sa cible.
En Asie du Sud-Est
Le conflit de territoire entre le Cambodge et la Thaïlande survenu à l’été 2025 a lui aussi été le théâtre d’engagements par les drones entre les forces armées de ces deux pays. Le 24 juillet 2025, des drones cambodgiens furent repérés par l’armée thaïlandaise près du temple de Ta Muen Thom. À la suite de leurs actions de riposte, les unités thaïlandaises ont conduit des attaques coordonnées contre des unités cambodgiennes avec des drones FPV, des drones largueurs de munitions et des munitions téléopérées dans la zone frontalière entre Ta Muen Thom et Ta Krabey, dans le nord-ouest du Cambodge, où ils ont frappé des postes de commandement, des dépôts de munitions, des positions d’artillerie et des lignes de communication. Après l’Ukraine, la Thaïlande est ainsi le second pays à avoir utilisé des drones FPV dans un conflit armé contre un autre pays et les Thaïlandais ont démontré que les drones multirotors pouvaient être employés dans la jungle sans perte d’efficacité.













