Les « veuves noires » de Daech

Quoiqu’elle touche un groupe marginal, la féminisation du radicalisme djihadiste violent est devenue un phénomène social. L’engagement de jeunes femmes dans les rangs de l’organisation de l’État islamique (EI ou Daech) n’a cessé de croître. Les profils sont divers : toutes les catégories sociales, toutes les régions sont touchées, zones urbaines denses comme villes moyennes. En France, on dénombre autour de 30 % de femmes parmi les quelque 20 500 personnes signalées dans le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Le sujet occupe une place encore modeste dans les études françaises sur le djihadisme (1), contrairement à la littérature anglo-saxonne (2). L’évolution de la recherche dans ce domaine a contribué à la remise en cause des perceptions essentialistes tendant à représenter les femmes comme des soutiens passifs ou des actrices nécessairement non violentes des desseins de l’EI. L’introduction du paradigme du genre permet de dépasser l’idée selon laquelle l’engagement des femmes dans l’extrémisme djihadiste constitue une forme de déviance vis-à-vis des normes de féminité bien comprises.

Les muhajirat, l’élite féminine de Daech

Même si les femmes ont souvent des rôles de soutien aux moudjahidines et qu’elles n’ont généralement accès à des rôles décisionnels que lorsqu’il s’agit de recrutement et de maintien de l’engagement d’autres femmes, il faut aussi tenir compte d’évolutions plus récentes. Ainsi, des sphères féminines se sont formées au sein de la mouvance terroriste, principalement parmi les « migrantes » (muhajirat). Certaines d’entre elles disposent d’une forme d’autonomie par rapport à d’autres consœurs. Les propagandistes, recruteuses ou idéologues et dirigeantes de Daech font partie du groupe des privilégiées. L’analyse des trajectoires et des profils de ces femmes montre que leur ascension sociale ne dépend pas seulement de leur statut de muhajirat et de la place qu’occupent leurs maris (ou ex pour les veuves), mais aussi de leur position dans la hiérarchie et leur rôle au sein du groupe. L’étude, principalement à partir de la littérature qu’elles produisent, de ce que nous appellerons les « veuves noires » permet de mieux appréhender cette transformation des rôles du genre au sein de la mouvance terroriste.

L’appellation « muhajirat » s’applique principalement aux femmes occidentales ou étrangères qui ont fait le choix de « migrer » vers la terre du « califat » autoproclamé. Dans l’idéologie salafo-djihadiste, la hijra (exode) vers la demeure de l’islam est une « obligation » pour tous les musulmans. Ceux et celles qui l’accomplissent seront considéré·e·s comme « élu·e·s », faisant partie de la « secte sauvée » (al-firqa al-najiya).

Il s’agit d’une notion investie par le fondateur du wahhabisme, Mohamed ibn Abdelwahhab (1703-1792) (3), et reprise par Daech comme argument de propagande pour susciter des vocations. Concomitamment, l’EI pratique le takfir, c’est-à-dire le fait de déclarer comme « mécréants » (kuffar) les personnes ou l’ensemble d’un système qui n’adhèrent pas à sa conception de l’islam. De ce fait, les appellations « muhajirat » et « muhajin » (migrants) s’appliquent également aux individus venant des pays musulmans. On estime à plusieurs milliers (dont entre 300 et 400 Françaises) le nombre de femmes occidentales muhajirat qui se sont rendues en Syrie et en Irak entre l’autoproclamation du « califat » en juin 2014 et sa disparition territoriale au printemps 2019. Au total, 10 % des individus partis en Syrie depuis 2014 sont des femmes. Cette proportion est l’une des plus élevées par rapport à l’engagement des femmes dans les mouvements extrémistes. Elle exprime la fascination des Occidentales, notamment les adolescentes, pour le djihadisme.

Les muhajirat occupent une place privilégiée dans la hiérarchie sociale de Daech, notamment par rapport aux Syriennes et Irakiennes. Ces femmes volontaires incarnent en effet une sorte de loyauté féminine recherchée par l’organisation, qui ne table pas sur celle des esclaves capturées dans son territoire (yézidies, chiites, kurdes, chrétiennes, etc.) et servant principalement de cantinières, de femmes de ménage et de « machines reproductrices », ni sur celle des femmes issues de familles sunnites syriennes ou irakiennes forcées de se marier avec des combattants dans le cadre de chantages. Ainsi, selon l’anthropologue franco-américain Scott Atran, Daech peut demander à un père de famille ou à un cheikh local de donner des jeunes comme combattants (pour les garçons) ou fiancées (pour les filles) des moudjahidines en échange de quoi ses troupes promettent de ne pas piller sa maison ou son village (4).

Une stratégie de propagande pour recruter

Daech a recours à une stratégie communicationnelle spécifique qui cible principalement les jeunes femmes occidentales. Certaines muhajirat, notamment les conseillères (waizat), y participent activement. Il s’agit d’une catégorie de femmes instruites disposant d’un certain niveau de maîtrise des sciences religieuses. Leurs écrits traitent de thèmes spécifiques censés répondre aux besoins et aux attentes des femmes engagées dans cette idéologie, dont la polygamie, le divorce, l’éducation islamique des enfants ou la situation des veuves. Ils prennent la forme de conseils (nasaih) et de leçons (dourous) à destination des femmes, publiés principalement dans les magazines francophone (Dar al-islam) et anglophone (Dabiq) de Daech (5).

Le cas d’Umm Sumayyah al-Muhajirah, chroniqueuse et conseillère féminine de Dabiq, illustre bien ce phénomène. La jeune anglophone aborde des sujets variés tels que (le consentement de) la polygamie, les rapports conjugaux, le divorce, etc. Ce discours féminin tend aussi à calmer la population féminine dudit califat, au sein de laquelle semblent poindre des manifestations de mécontentement quant à son statut.

« Ô ma chère sœur, où est donc ta soumission à l’ordre de ton Seigneur et à Son décret, toi qui, à la base, n’a été appelée musulmane que pour ta soumission à Allah par le tawhid et ton obéissance envers Lui. C’est ce que je pense de toi et c’est à Allah que revient le compte de toute chose. Combien de sœurs muhajirah et étudiantes en science religieuse que je considère parmi les meilleures femmes, lorsque l’on évoque ce sujet (la polygamie) devant elles, tombent à la renverse et paraissent élever les préceptes de la laïcité. Il n’y a de force ni de puissance qu’en Allah ! », publie-t-elle dans Dar al-islam (no 7).

Elle s’appuie sur un registre religieux afin de légitimer ses propos. Des versets coraniques, des actes et des paroles attribuées au Prophète (hadith) et des références religieuses, notamment de l’islam hanbalo-wahhabite, structurent le canevas argumentatif : « Que toute musulmane sache également qu’il est de son droit d’être jalouse et triste si son mari épouse une autre femme. Nous ne sommes pas meilleures que la mère des croyants ­Aïcha, la pure, la véridique fille du véridique, dont la jalousie fut l’objet de nombreux récits, mais jamais elle ne s’opposa à ce qu’Allah a rendu licite ni n’empêcha son époux de se remarier » (Dar al-islam, no 7).

Les écrits d’Umm Sumayyah al-Muhajirah s’alignent sur la même méthode de détournement des textes religieux, mais aussi sur une rhétorique affective à connotation religieuse en ressassant les lignes du haram (« illicite ») et la nécessité de l’« obéissance », toujours dans l’objectif de convaincre sa lectrice potentielle : « It is haram for the mourning widow to move from her home », « O my sister, equip yourself with obedience and worship » (Dabiq, no 8) (6). À travers ses écrits, elle offre ses « consultations juridiques et canoniques » au public féminin dudit califat. Son discours sur la femme (de) djihadiste vise à procurer aux lectrices un sentiment de supériorité et d’appartenance à une caste privilégiée : « Here I want to say with the loudest voice to the sick-hearted who have slandered the honor of the chaste sisters, a woman’s hijrah from darul-kufr is obligatory whether or not she has a mahram, if she is able to find a relatively safe way and fears Allah regarding herself. She should not wait for anyone but should escape with her religion and reach the land where Islam and its people are honored » (Dabiq, no 8) (7).

Ce discours se retrouve dans les écrits de certaines épouses des « martyrs » qui participent également à la propagande féminine de Daech. Celles-ci représentent un modèle « idéalisé » de la femme « endurante » (« sabira »). C’est par exemple le cas de la Française Umm Umar al-Firansiyah, qui a signé un article dans le numéro 8 de Dar al-islam, après les attentats du 13 novembre 2015, dans lequel elle fait l’éloge de son mari, présenté comme martyr : « Mes sœurs, tout d’abord je voudrais vous dire que je vous aime en Allah et que vous êtes les meilleures des femmes de ce bas monde […] Avant tout, qu’Allah vous récompense pour chaque jour que vous passez auprès de vos maris, pour la patience de celles qui attendent leur retour, celles qui les ont suivis et celles qui se sont mariées ici. On se doit de les aider à raffermir leur haine envers les mécréants, on se doit de leur rappeler qu’ils sont venus combattre et non se replonger dans les plaisirs de ce bas monde, qu’ils ne doivent pas fléchir ni se montrer faibles face aux peurs qui les assaillent de temps à autre. »

Hayat Boumeddiene, la veuve d’Amedy Coulibaly, l’assaillant de l’Hyper Cacher de Paris en janvier 2015, fait également partie de cette catégorie des femmes propagandistes : « Prenez comme exemple Assiya, la femme de Pharaon qui a délaissé ce bas-monde alors qu’elle était la reine et qu’elle avait tous [sic] les richesses de ce bas-monde pour Allah et l’au-delà, sachant qu’elle a été torturée et tuée pour ce choix, mais Allah l’a raffermie et l’a élevée au-dessus de beaucoup de femmes et la louange revient à Allah Le Pardonneur Le Généreux » (Dar al-islam, no 2).

Ce modèle féminin idéalisé et sacralisé contribue à la promotion d’un pouvoir d’action réel des femmes djihadistes. Contrairement au discours qui les présente comme des victimes ou des agentes passives, nous postulons que ce discours est au contraire le premier facteur d’attraction des femmes européennes et occidentales, qui se voient conférer une place et un rôle sans commune mesure avec ceux qui étaient les leurs dans leur pays d’origine.

Maîtriser les réseaux sociaux

L’activisme djihadiste des femmes propagandistes et recruteuses s’opère également dans la propagande non officielle de Daech, notamment sur les réseaux sociaux. La Bretonne Émilie König est parmi les propagandistes recruteuses les plus connues. Elle a été placée sur la liste noire des combattants terroristes étrangers par la CIA. Née en 1984, originaire de Lorient, elle a été arrêtée en janvier 2018 par les forces kurdes en Syrie. Elle faisait partie des privilégiées de Daech du fait de son activité sur les réseaux sociaux, diffusant les productions médiatiques du groupe composées de montages vidéo et de chants appelant au djihad.

Le cas de Sally-Anne Jones illustre également le dévouement des femmes de Daech dans l’activisme djihadiste sur la Toile. Cette Britannique née en 1968 est partie en 2013 en Syrie accompagnée de son fils de 11 ans pour se marier avec le chef de la brigade « digi-djihad », Junaid Hussain, tué en 2015 par un drone américain. Elle est connue pour son activité intense sur les réseaux sociaux anglophones, notamment sur Twitter, où elle cherchait à attirer de jeunes femmes (et hommes) dans les rets de sa propagande irénique. Sur Internet, elle multipliait les menaces d’attaque en Angleterre, incitait à commettre des attentats et postait des tutoriels pour fabriquer des bombes ainsi que des clichés d’elle posant avec des armes. Elle écrivait dans l’un de ses commentaires sur les réseaux sociaux : « Vous les chrétiens, vous méritez tous de vous faire décapiter avec un couteau bien tranchant et d’être empalés aux grilles de Raqqa. Venez, je le ferai pour vous. » Elle serait morte en juin 2017 dans un raid en Syrie.

Les propagandistes recruteuses de Daech utilisent les différents réseaux sociaux et plates-formes numériques afin d’aider les potentielles migrantes à rejoindre la Syrie ou l’Irak. Certaines blogueuses anglaises, comme Umm Layth ou Aïcha, comptent parmi les plus célèbres « marieuses » de Daech. La première décrit son quotidien avec des récits de vie dont l’unique but est de séduire de potentielles recrues. À travers les réseaux sociaux ou les blogs, les propagandistes et recruteuses font l’éloge d’une supposée « vie parfaite » et d’une « promesse d’empowerment » offertes aux futures épouses des moudjahidines. Ces blogueuses faisaient également l’apologie du terrorisme sur la Toile : « Follow the examples of your brothers from Woolwich, Texas and Boston », « Wallahi there’s nothing more than beautiful fear into the hearts of the kuffar by attacking them where they think they are safest », tweete Umm Layth en 2013 (8).

À travers leur engagement dans la propagande et le recrutement, ces muhajirat ont joué un rôle important dans les transformations du cyberdjihadisme. Avant Daech, la cyberdjihadiste n’appartenait pas forcément à la « communauté virtuelle djihadiste ». De ce fait, elles étaient presque invisibles, voire considérées comme outsiders, dans le sens où leur « militantisme » sur la Toile n’était pas reconnu par les groupes auxquelles elles appartenaient. Après Daech, l’émergence de certaines figures féminines parmi les muhajirat par le biais de leur activisme sur les réseaux sociaux a transformé la représentation de la femme djihadiste et de ses rôles dans la djihadosphère.

La rhétorique violente des idéologues et des dirigeantes

Le cas de la blogueuse, écrivaine et « poétesse de Daech » Ahlam al-Nasr illustre cette transformation. Née en Syrie en 1998, elle a grandi en Arabie saoudite dans une famille d’intellectuels. Sa mère, Iman al-Bagha, professeure en études islamiques à l’université de Dammam, est la fille de Mustafa al-Bagha, un éminent savant proche du régime de Bachar al-Assad (depuis 2000).

Séduite par ledit califat, Ahlam al-Nasr a rejoint Daech en 2014 pour se marier avec l’un de ses dirigeants, Abou Oussama al-Gharib (1985-2018), un Autrichien ancien propagandiste du mouvement. L’événement est relayé sur les réseaux sociaux. Quelques mois plus tard, c’est sa mère, Iman al-Bagha, qui prête allégeance au calife autoproclamé et prend le chemin de la hijra vers son pays natal, en compagnie de ses deux jeunes enfants. Celle-ci est la seule femme à avoir cosigné la déclaration d’Abou Bakr al-Baghdadi sur le thème desdites « preuves scientifiques de l’État califal islamique » avec 50 autres savants. L’ancienne professeure se vante sur les réseaux sociaux : « Je découvre que je suis daechienne de par mon esprit et ma méthode, je suis daechienne même avant l’existence de Daech, et je sais que depuis le djihad est l’unique solution pour les musulmans. » Les écrits d’Iman al-Bagha abordent des sujets variés et révèlent un enthousiasme sans limites pour l’EI et un désir sans fin de critiquer ses ennemis. Elle occupait un poste de direction au sein du « ministère de l’Éducation » de Daech, et était connue pour ses fatwas (avis juridiques) justifiant la décapitation, les attentats et les châtiments corporels.

Quant à sa fille, Ahlam al-Nasr, son premier recueil de poésie, Le feu de la vérité, s’est rapidement diffusé sur la djihadosphère. L’ensemble de ses productions est accessible depuis son blog en arabe. Elles ont été publiées entre janvier et avril 2014 et diffusées par les différentes maisons d’édition de Daech. Plusieurs poèmes sont repris dans des chants djihadistes ; par exemple : « À Mossoul, ville d’islam, renseigne-toi sur les lions/Comment leur lutte féroce a apporté/La libération/La terre de gloire a lavé son humiliation et sa défaite et s’est revêtue de splendeur » (9).

À travers ses écrits, Ahlam al-Nasr a réussi à se faire une place dans la cour des grands idéologues et dirigeants de Daech, se positionnant de la même manière que sa mère en tant qu’actrice dans les conflits et querelles idéologiques et politiques au sein de la mouvance djihadiste, notamment entre Al-Qaïda et Daech. En février 2015, elle a rédigé un article de plusieurs dizaines de pages pour défendre la décision de brûler vif, un mois plus tôt, le pilote jordanien Maaz al-Kassasbeh. Dans un autre texte, elle attaque ­Ayman al-­Zawahiri, le leader d’Al-Qaïda. Ses écrits se caractérisent en outre par l’usage d’une rhétorique violente qui dépasse parfois celle des idéologues masculins. Au lendemain des attentats de Paris du 13 novembre 2015, elle écrit au sujet des victimes : « Des innocents ? Ce sont des mécréants (kuffar) et associateurs (muchrikun), des apostats (mulhidun), des juifs et chrétiens et des Majus […] Celui qui le (l’islam) combat et s’allie à ses ennemis doit craindre pour sa vie et celle de sa famille […], car nos couteaux sont bien aiguisés et nos cartouches sont prêtes pour le tir […]. »

D’autres figures féminines illustrent cette soif de pouvoir et de positionnement symbolique parmi les femmes dirigeantes de Daech. C’est le cas des jeunes Saoudiennes Nada al-Kahtani, surnommée Ukht Jilbib, et son amie Rim al-Jrish. La première a été promue par Abou Bakr al-Baghdadi en personne pour prendre la tête d’Al-Khansa (10), brigade entièrement féminine de Daech, à Hassaké, dans le nord-est de la Syrie. Rim al-Jrish, appelée Umm Maath, était quant à elle chargée de la création de la branche numérique de cette même brigade, avec d’autres muhajirat. L’objectif de cette branche est de recruter des femmes pour le djihad et d’assurer leur arrivée sur les territoires dudit califat. Rim al-Jrish postait sur les réseaux sociaux des clichés de ses enfants vêtus de treillis, une arme à la main ainsi qu’un bandeau de Daech sur la tête. Les deux femmes faisaient partie de la « cour » du calife autoproclamé. Rim al-Jrish a été tuée par la coalition en février 2016 alors qu’elle participait à une réunion avec d’autres dirigeants (masculins) du groupe.

Il est nécessaire de mieux appréhender l’engagement des femmes dans les rangs des groupes extrémistes djihadistes et leurs rôles ainsi que leurs motivations, en cumulant au maximum les données de première main, ce qui devrait s’avérer de plus en plus possible à mesure de leurs retours dans leurs pays d’origine, dont la France. Ces données pourraient constituer en outre une base précieuse pour élaborer un corpus de contre-discours à destination de leur cible de recrutement, ou pour modéliser la prise en charge de ce public.

Femmes et enfants de Daech

Notes

(1) Matthieu Suc, Femmes de djihadistes : Au cœur du terrorisme français, Fayard, 2016 ; Fethi Benslama et Farhad Khosrokhavar, Le jihadisme des femmes : Pourquoi ont-elles choisi Daesh ?, Seuil, 2017.

(2) Haras Rafiq et Nikita Malik, Caliphettes : Women and the Appeal of Islamic State, Quilliam, 2015 ; Nelly Lahoud, « Can Women Be Soldiers of the Islamic State ? », in Survival, vol. 59, no 1, 2017, p. 61-78 ; Charlie Winter, « ISIS, Women and Jihad : Breaking With Convention », Tony Blair Institute for Global Change, 2018 ; Joana Cook and Gina Vale, « From Daesh to ‘Diaspora’ : Tracing the Women and Minors of Islamic State », International Centre for the Study of Radicalisation, 2018.

(3) Hamadi Redissi, Une histoire du wahhabisme : Comment l’islam sectaire est devenu l’islam, Seuil, 2016.

(4) Scott Atran, L’État islamique est une révolution, Les liens qui libèrent, 2016.

(5) On recense 10 numéros de Dar al-islam, publiés entre janvier 2015 et août 2016, et 15 de Dabiq, parus entre juillet 2014 et juillet 2016.

(6) En français : « Il est haram (interdit) pour une veuve en deuil de quitter son domicile », « Ô ma sœur, arme-toi d’obéissance et d’adoration ».

(7) En français : « Ici, je tiens à dire de la voix la plus forte aux personnes au cœur malade qui ont calomnié l’honneur des sœurs chastes, une hijrah de la darul-kufr (terre des mécréants) est obligatoire si elle a ou non un mahram (tuteur), si elle est capable de trouver un lieu relativement sûr et craint le regard d’Allah. Elle ne devrait attendre personne, mais devrait s’échapper avec sa religion et atteindre le pays où l’islam et ses habitants sont honorés ».

(8) En français : « Suivez les exemples de vos frères de Woolwich, du Texas et de Boston », « Wallahi, il n’y a pas plus qu’une belle peur dans le cœur que celle des kuffar lorsqu’on les attaque là où ils se pensent le plus en sécurité ».

(9) Robyn Creswell, « Les poètes du djihad », in Books, no 69, octobre 2015.

(10) Al-Khansa était une poétesse du Nejd, en Arabie préislamique du VIIe siècle, connue pour ses élégies en l’honneur de ses frères et fils morts au combat.

Légende de la photo en première page : Femmes et enfants de l’Etat islamique dans le camp de réfugiés d’al-Hol, contrôlé par les Forces démocratiques syriennes, 11 mars 2019. ©VOA

Article paru dans la revue Moyen-Orient n°43, « Bilan géostratégique 2019 : la fin de Daech ? », juillet-septembre 2019.
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