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La campagne des Indes (1781-1783) ou l’art opératif sur mer

En se focalisant sur les batailles, les critiques de Suffren ont donc manqué l’essentiel, à savoir le talent opératif grâce auquel il a monté ces batailles en série de façon à atteindre ses objectifs stratégiques. La mise en sécurité du Cap pour pouvoir gagner l’Inde, la mise à terre de troupes pour appuyer Haïder Ali, la conquête de Trincomalé pour disposer d’une base fortifiée, les deux sauvetages de Gondelour pour garder un accès au continent, l’hivernage à Achem pour remettre l’escadre en condition, la guerre de course dans le golfe du Bengale pour la ravitailler : autant de séquences opératives dont les batailles n’ont été que des conditions ou des corollaires, et qui ont permis au bailli de remplir sa mission en dépit de circonstances très difficiles.

Notes

(1) Voir l’article que nous avons consacré aux Hospitaliers de Malte dans Défense & Sécurité Internationale, hors-série n° 103, août-septembre 2025.

(2) Cité par Rémi Monaque dans Suffren (Tallandier, Paris, 2009, p. 206). À compléter par Suffren et ses ennemis (La Varende, Les Éditions de Paris, 1948).

Légende de l’illustration en première page : La bataille de Porto Pray selon Pierre-Julien Gilbert. (© D.R.)

Article paru dans la revue DSI hors-série n°104, « Face au blocage tactique : réinventer la manoeuvre », Octobre-Novembre 2025.
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