Ces lanceurs multiples pourront être montés sur véhicule avec tourelleau téléopéré (comme le Saab Trackfire) ou être installés conjointement sur le 4 × 4 MSHORAD avec le triple lanceur RBS‑70NG : ce 4 × 4 blindé peut alors accueillir six à huit Nimbrix en sus de ses trois missiles et compléter ainsi la capacité du véhicule avec une dotation mixte (une dotation complète de Nimbrix comprendrait de 12 à 16 missiles si l’on retirait les RBS‑70NG).
Le ratio entre le coût du missile et sa capacité de destruction est réputé excellent, bien que gardé à la discrétion de Saab. L’une des stratégies pour maintenir des coûts de production relativement bas est d’être très adaptable à la demande du client tout en conservant une base similaire pour chaque version. La portée peut être adaptée selon les besoins, de même que la charge militaire, l’autodirecteur ou l’aptitude à être tiré depuis une embarcation, un UAS d’attaque, un hélicoptère, un véhicule, un drone terrestre ou par un combattant débarqué. Certaines pièces ont été réalisées avec une imprimante en 3D et sont donc très faciles à produire. L’adaptabilité du concept à différents éléments disponibles sur étagère et fabriqués par des sous – traitants civils ou militaires correspond à une volonté : celle de pouvoir intégrer le Nimbrix à des architectures préexistantes plutôt que d’imposer un nouvel écosystème.
Saab travaille également avec l’armée de l’air suédoise et l’administration du matériel de la défense autour du concept Loke, et propose dans ce cadre une architecture C‑UAS complète. Présenté en février 2025, le concept Loke réutilise et réoriente des matériels existants auxquels de nouvelles technologies ont été intégrées pour formuler une réponse à ce nouveau besoin en lutte antidrone. Une différence majeure réside dans la rapidité avec laquelle ce nouveau système a été imaginé, testé et validé, soit en moins de 84 jours. Ce qui tranche avec les habituels programmes d’armement qui s’étalent, en moyenne, sur des années.
Le système Loke repose sur deux plateformes, l’une avec un radar 3D Giraffe 1X, un système de guerre électronique et différents capteurs (actifs et passifs, acoustiques, électro – optiques, entre autres) combinés à un logiciel de fusion de données, l’autre étant le support d’un effecteur que l’on choisit au sein d’une gamme pour l’adapter à la situation : cela peut être un 4 × 4 avec un tourelleau téléopéré Trackfire Ares armé d’une mitrailleuse lourde, d’un canon de 30 mm, d’un canon Trident de 40 mm, d’un lance – missile RBS‑70NG ou d’un Nimbrix, mais cela peut aussi être une vedette d’assaut CB90, équipée du même type de tourelleau téléopéré, ou une position fixe sur un site sensible.
Le système peut détecter et suivre des cibles physiques, mais également des signaux électromagnétiques, et proposer différents moyens de traiter la cible. De cette façon, la boucle décisionnelle est raccourcie au maximum afin de redonner aux unités un avantage tactique face aux drones. Pour le moment, le Loke est déployé pour donner une capacité C‑UAS à l’échelon de la section d’infanterie et il a été testé avec succès lors de l’exercice « Baltic Trust 2025 » en Lettonie. Son introduction complète au sein des unités de combat suédoises doit intervenir fin 2025.
L’Italie se dote du Fulgur
Destiné à remplacer le Stinger au sein de l’armée italienne d’ici à 2028, le Fulgur est le nouveau MANPADS de MBDA Italia, son développement découlant d’une requête émise en 2023 pour un missile de calibre 70 mm à très courte portée et respectant les standards OTAN. Dévoilé durant l’été 2024, le Fulgur est lui aussi un missile fire-and – forget supersonique doté d’un autodirecteur avec traitement d’image intégré, et destiné en priorité à l’infanterie légère, notamment les unités parachutistes, alpines ou amphibies. Long de 1,50 m pour un poids de 10 kg, il peut être tiré à l’épaule ou intégré à un véhicule tactique tel que l’Iveco VTLM 2 doté d’une tourelle Leonardo. Sa portée est de 5 km pour un plafond opérationnel de 3 800 m.
Comparé au Stinger, le Fulgur est plus rapide et l’autodirecteur électro – optique basé sur une imagerie infrarouge est plus efficace pour identifier sa cible tout en résistant mieux aux contre – mesures. Il est également plus souple d’emploi face à de petites cibles telles que les drones et les munitions rôdeuses. Il peut aussi être monté sur toute une gamme de véhicules (par exemple les 8 × 8 Freccia ou Centauro), sur l’hélicoptère d’attaque AW249 Fenice et être intégré au système Sky Warden de MBDA. Le contrat a été signé par l’armée italienne en juin 2025, les premières livraisons étant attendues pour début 2028. La production devrait atteindre un volume de 1 000 exemplaires par an.
Légende de l’image en première page : Représentation informatique d’une salve de Nimbrix contre un essaim de drones. L’échange de données permettant une allocation efficiente des cibles est un enjeu majeur. (© Saab)













