Du 15 juin au 18 octobre 1907 s’est tenue à La Haye, aux Pays-Bas, la seconde conférence de La Haye qui, comme la première de 1899, a jeté les bases d’un nouveau système international fondé sur le droit, s’ouvrant aux pays d’Amérique et d’Asie, afin notamment de favoriser la pratique de l’arbitrage pour régler les différends et assurer la paix. Alors que le Japon s’est arrogé l’hégémonie sur l’empire de Corée avec le traité d’Eulsa en 1905, privant la Corée de ses droits diplomatiques et empêchant l’autonomie promise, trois émissaires coréens envoyé par l’empereur Gojong, accompagnés d’un Américain, Homer Hulbert, s’invitent à la Convention de paix de La Haye de 1907 pour y faire invalider les manœuvres diplomatiques de Tokyo. Cependant, la mission diplomatique sera bloquée et les émissaires coréens ne pourront pas participer à la conférence. Pourquoi les grandes puissances ont-elles refusé que les délégués coréens participent à cette Convention de La Haye ?
L. Myung-hwa : La Convention de La Haye de 1907 a été convoquée à un moment où les puissances impérialistes étaient engagées dans une course aux armements pour étendre leurs colonies à travers le monde, la Russie cherchant à établir un nouvel ordre mondial dont elle serait le centre. Initialement prévue pour 1904, la conférence a été reportée en raison de la guerre russo-japonaise. Après avoir signé le traité de Portsmouth le 5 septembre 1905 pour mettre fin à la guerre et négocié avec les États-Unis, la Russie a communiqué en février 1906 à ces derniers la liste des 47 signataires, parmi lesquels figurait l’Empire coréen. Cependant, après un nouveau report de la réunion, la deuxième Convention de La Haye s’est finalement tenue du 15 juin au 18 octobre 1907, en présence de 239 délégués de 44 pays.
Les délégués coréens arrivèrent à La Haye le 25 juin malgré les efforts d’ingérence du Japon. Ils avaient l’intention de révéler la vérité : le Japon avait envahi la Corée et le traité nippo-coréen de 1905, également connu sous le nom de traité d’Eulsa, qui privait la Corée de sa souveraineté diplomatique, avait été imposé unilatéralement. Cependant, la Russie revint sur sa position initiale et retira son soutien promis, et Nelidov, président de la conférence, refusa de rencontrer les délégués coréens. Les délégués japonais ont activement empêché la Corée de participer à la convention, publiant une déclaration selon laquelle la Corée ne pouvait envoyer de représentants car elle avait transféré toute son autorité diplomatique au Japon. La Russie, qui avait initialement invité l’Empire coréen à la convention, a finalement accepté le contrôle du Japon sur la Corée afin de préserver ses propres intérêts supérieurs en Mandchourie et en Mongolie après le traité de Portsmouth.














