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Géopolitique de l’agriculture et de l’alimentation : les questions au menu de 2020

Au moment où la Chine est secouée par la peste porcine africaine (PPA), quelle est la place des produits alimentaires et de l’agriculture dans la guerre commerciale qui oppose ce pays aux États-Unis ?

S. Abis : Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la peste porcine, qui fait des ravages en Chine depuis la mi-2018. Alors que l’empire du Milieu est à la fois le premier producteur et le premier consommateur mondial de viande de porc, cette épizootie (non transmissible à l’homme), d’une ampleur inédite et très difficile à contrôler, fait grimper les prix sur le marché mondial et impacte l’équilibre des échanges.

On estime ainsi à 200 millions le nombre de cochons qui manqueront à l’appel en Chine en 2019, soit l’équivalent de la production européenne ! Évidemment, le pays doit combler sa production par un approvisionnement accru sur le marché mondial, alors même que les prix du porc augmentent partout, comme en Europe où ils ont grimpé de 35 % en 2019. N’oublions pas que la Chine assurait près de la moitié de la production mondiale de porc et que cette crise sanitaire lui a fait perdre 40 % de son cheptel. Or, la PPA ne connaît pas de frontières et des cas ont été recensés dans les pays voisins, malgré les mesures drastiques prises par les autorités chinoises pour endiguer l’épizootie. Le Vietnam, cinquième producteur mondial, a déjà abattu plus d’un million de porcs ; Hong Kong a également déclaré avoir eu des cas de PPA.

Des aliments contaminés ont été détectés dans plusieurs pays de la zone Asie-Pacifique comme en Australie, en Corée du Sud, en Thaïlande, à Taïwan ou au Japon. Et dès 2018, la PPA s’est même étendue à l’Europe et fait l’objet d’une surveillance croissante de la part des autorités sanitaires, agricoles et militaires. Mais puisque le malheur des uns fait le bonheur des autres, soulignons qu’il s’agit là d’une aubaine pour les grands producteurs épargnés par la maladie, comme les États-Unis. Ce pays exporte donc davantage, et ce malgré le fait que sa viande de porc soit taxée à hauteur de 62 % par la Chine, contre 12 % en temps normal, en raison du contexte de guerre commerciale. Malgré les tensions entre les deux géants, l’action du plus important producteur américain de viande, Tyson Foods, a augmenté de plus de 75 % entre janvier et septembre 2019 !

M. Brun : Combinées à la guerre commerciale entre Washington et Pékin, les retombées géopolitiques et géoéconomiques de la PPA seront nombreuses. Si les différends se poursuivent dans le temps, il faudra voir comment la Chine sera capable de trouver de nouvelles origines pour importer la viande de porc nécessaire à sa consommation intérieure… Autre produit au cœur des différends commerciaux entre Washington et Pékin : le soja. En effet, les importations chinoises de cette légumineuse représentaient, avant les tensions, 65 % des importations mondiales en graines de soja. De l’autre côté, seulement deux pays, les États-Unis et le Brésil, ont compté pour 80 % des exportations mondiales pour 2016-2017. Les droits de douane imposés sur le soja nord-américain sont donc critiques pour les fermiers étatsuniens, qui représentent en outre une base électorale non négligeable pour l’actuel occupant de la Maison-Blanche, Donald Trump. Le soja importé par la Chine est d’ailleurs pour moitié utilisé pour nourrir les porcs, et on voit donc que ces deux paramètres vont provoquer des changements majeurs sur le marché mondial. Il faut aussi élargir la perspective et analyser la santé animale comme un enjeu considérable qui nécessite une grande attention. Les crises sanitaires peuvent avoir des conséquences géopolitiques et géoéconomiques majeures. Le secteur du végétal est lui aussi concerné par ces risques à prévenir. Prenons ainsi le cas du Sud de l’Italie, qui voit sa filière oléicole fragilisée depuis plusieurs années à cause de la bactérie Xylella fastidiosa. Face à ces risques sanitaires aux facettes multiples, il faut plus de coordination des acteurs, plus de surveillance intégrée et plus de solutions agropharmaceutiques adaptées.

À la lumière des événements récents sur le Brexit, dont les conséquences sont encore difficilement appréciables, qu’en est-il de la puissance agricole de l’Europe ?

S. A. : Il n’a échappé à personne que la mise en place du Brexit et de ses conditions ont été incroyablement chaotiques. Les conséquences qui le suivront seront probablement dans la même veine, y compris dans les domaines agricoles et halieutiques. Outre le fait que le Royaume-Uni (R.-U.) va irrémédiablement quitter la Politique agricole commune (PAC) — ce qui obligera ce pays à repenser ses politiques agricoles et son système de subventions aux agriculteurs —, des questions demeurent sur la mise en pratique du Brexit. Quid des transports et de la chaîne logistique de la filière agro-alimentaire, qui seront forcément impactés, d’une manière ou d’une autre ? Les conséquences vont s’inscrire dans le long terme et il faudra beaucoup de temps et d’adaptation pour reconstruire les industries agro-alimentaires européennes et britanniques autour de ce nouveau paradigme.

M. B. : Je rappelle également qu’un certain nombre de pêcheurs britanniques avaient soutenu le « Yes » lors du référendum de 2016, avec le slogan « Fishing for leave » (La pêche pour la sortie de l’UE). Ils s’opposaient à la Politique commune des pêches (PCP), l’une des plus intégrées de l’Union européenne (UE), et ont fourni beaucoup d’arguments aux partisans du Brexit. En filigrane, on peut lire dans cette position la volonté de reprendre le contrôle des mers, un élément majeur dans les stratégies géopolitiques britanniques. Ce secteur, la pêche maritime, très important pour l’économie du R.-U., va être forcément bousculé par le Brexit, même s’il est encore trop tôt pour savoir si ce sera porteur d’opportunités ou de risques. Les secousses devraient être ressenties en France et dans le reste du Vieux Continent évidemment, puisque beaucoup de pêcheurs français mais aussi des pays du Nord de l’Europe pratiquent leur activité en eaux britanniques.

L’Afrique s’apprête, peut-être, à accéder à un nouveau stade d’intégration économique en vue de la mise en application de sa Zone de libre-échange commerciale. Quel est l’impact attendu sur les économies de ces pays, et plus particulièrement sur leurs secteurs agricoles ? Dans les pays africains en développement, de quelle façon peut-on accompagner les agriculteurs pour trouver les modèles adaptés aux problématiques de demain ?

M. B. : En effet, le 21 mars 2018, 49 États africains ont signé l’accord prévoyant la mise en place d’une Zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC) sous l’égide de l’Union africaine (UA). Aujourd’hui, le projet a été signé par 54 États, mais tous ne l’ont pas encore ratifié. C’est effectivement une avancée encourageante pour l’intégration du continent africain, même si la ZLEC n’est pas encore appliquée dans les faits. Pour autant, elle ne doit pas masquer bon nombre de défis auxquels sont confrontées les économies africaines. Le principal objectif de l’accord sera, dans un premier temps, de participer au décollage du commerce intra-africain qui ne représente aujourd’hui que 16 % des échanges des pays du continent… Un réel problème en matière de développement pour ces économies déjà fragiles et qui, pour certaines, sont en pleine transition. Mais un libre-échange mal maîtrisé pourrait devenir un risque.

Les économies du Nigéria et de l’Afrique du Sud, foncièrement différentes, illustrent bien les disparités qui règnent sur ce continent vaste et complexe : ces deux champions économiques défendent des positions radicalement opposées vis-à-vis de la ZLEC. Si l’Afrique du Sud, dont l’économie est stable et diversifiée, a toujours fait preuve d’enthousiasme, le Nigéria, dont l’économie dépend essentiellement de ses exportations de pétrole brut, s’est montré plus réticent. Alors que le tiers des exportations de l’Afrique du Sud s’effectue déjà vers le marché intra-africain, l’économie nigériane, plus fragile, craint pour le sort de ses industries naissantes et le risque de dumping que pourrait engendrer un libre-échange mal maîtrisé. Même si Abuja a finalement adhéré à la ZLEC, ses réserves sont révélatrices des difficultés auxquelles pourrait se confronter le projet.

Soulignons un point central. Généralement, une zone de libre-échange naît du cas où plusieurs marchés s’échangent déjà des biens et des services et où le besoin de supprimer des droits de douane réciproques se fait sentir, ce qui vient accentuer le volume des échanges. La ZLEC, elle, est pensée comme une incitation à des échanges qui n’existent pas ou peu. La majorité des économies africaines trouvent leurs sources de revenus dans l’exportation de matières premières en dehors du continent, en l’absence d’industries de transformation qui permettraient la création de valeur ajoutée sur les territoires nationaux. Il faut donc dire que le principal levier du développement africain doit être l’industrialisation des pays et le déploiement de meilleures infrastructures, plus qu’une zone de libre-échange. Cela étant dit, l’agriculture offre de très grandes opportunités de croissance pour les pays africains, et notamment pour réduire la pauvreté.

Même dans un contexte de libre-échange, les États ne devront donc pas oublier de mettre en place de vraies politiques agricoles ambitieuses, qui replacent l’agriculture dans son rôle stratégique, dans des économies qui en sont profondément dépendantes. C’est le cas au Maroc, où l’agriculture — et en particulier ses campagnes céréalières — est un moteur essentiel de la croissance du PIB. Les années de sècheresse et de mauvaises récoltes handicapent l’ensemble des secteurs économiques. C’est la raison pour laquelle le pays s’est lancé en 2008 dans un ambitieux programme de développement, le Plan Maroc Vert, qui inspire aujourd’hui d’autres pays comme le Gabon.

Pour la plupart des pays africains, le développement de l’agriculture demeure un élément clé de la transformation des économies et de l’atteinte des Objectifs de développement durable, notamment sur le volet de l’emploi. L’Éthiopie, par exemple, mise sur ses ressources naturelles, l’eau et le foncier ainsi que sur le capital humain, à la fois pour son développement et pour sa stratégie d’influence. L’agriculture pèse pour 80 % de l’emploi aujourd’hui et la volonté d’émergence du pays fait face à un enjeu critique qui est celui de la capacité de l’économie à absorber la main-d’œuvre issue de la croissance démographique et de l’exode rural. Face au changement climatique et à la croissance démographique, le secteur agricole et alimentaire a donc un rôle à jouer, si tant est que les États soutiennent à leur juste valeur les agriculteurs et les agricultrices. Il n’existe pas de solution unique applicable à tout le continent. Il faut accompagner le développement d’innovations locales qui créent de la valeur sur les territoires, notamment dans la transformation, comme pour le cacao, dont l’essentiel de la valeur quitte le continent au lieu de créer des opportunités et des emplois.

Dans le contexte complexe de l’émergence de nouveaux produits et de nouveaux modes de production, comment se porte le commerce international du grain ?

S. A. : La démarche prospective est essentielle pour comprendre et anticiper l’impact des grandes innovations d’aujourd’hui et de demain. Prenons l’exemple des nouvelles productions hors-sol. De plus en plus d’êtres humains seront, demain, des urbains. Nous sommes 55 % à vivre en ville en 2019, nous serons 68 % en 2050 et même 85 % en 2100, selon les estimations, et la durée de vie moyenne ne cesse d’augmenter. Alors que la population mondiale totale devrait, elle aussi, continuer d’augmenter, le nombre des agriculteurs, lui, décroît.

Depuis les années 1970, on voit se développer de nouvelles productions agricoles hors-sol à la périphérie des villes ou au sein même de celles-ci. Les lieux les plus inattendus sont d’ailleurs propices au développement de cette nouvelle agriculture qui n’est plus ancrée dans la terre comme auparavant : déserts, friches industrielles ou containers sont autant d’endroits où il est possible de développer une production hors-sol. L’impact alimentaire planétaire est encore, bien entendu, assez limité, mais pas négligeable pour autant. Produire davantage de nourriture dans les villes et grandes métropoles mondiales s’avère ainsi très précieux pour contribuer à amplifier la sécurité alimentaire de tous. Néanmoins, insistons sur le fait que celle-ci repose avant tout sur le travail des agricultrices et des agriculteurs extra-urbains. Cette vérité planétaire ne va pas disparaître demain. En conséquence, il est illusoire de penser que le développement rural et la vitalité du secteur agricole dans ces espaces ne feraient plus partie des grands sujets stratégiques de ce siècle.

Il convient de bien comprendre que ce sera encore la combinaison des circuits courts et longs qui garantira une sécurité alimentaire en quantité, mais aussi en qualité et en diversité pour répondre à toutes les demandes. La mondialisation des produits agricoles et alimentaires progresse chaque année : le commerce agricole mondial, en 2018, c’est 1500 milliards de dollars et 8 % du commerce mondial total, selon l’OMC. Depuis le début du millénaire, il y a eu un triplement, à la fois en valeur et en volume, du commerce agricole et alimentaire mondial.

N’oublions donc pas que notre alimentation passe très majoritairement aujourd’hui par le marché mondial, et c’est notamment le cas pour les grains. La production des céréales, qui remonte aux fondements mêmes de l’agriculture depuis la sédentarisation de l’humanité, reste une composante essentielle de la sécurité alimentaire mondiale. La production du riz, par exemple, la troisième céréale la plus cultivée au monde derrière le maïs et le blé tendre, est en croissance constante. Sur les dix dernières années, sa production a augmenté de 50 millions de tonnes pour atteindre 500 millions de tonnes sur la récolte 2018 ! Pour ce qui est du blé, toujours sur les dix dernières années, nous avons produit 80 millions de tonnes supplémentaires. Et le marché mondial a participé à la hausse de cette production puisque sur la même période, 40 millions de tonnes en plus ont été échangées dans le monde. En volume, on place donc toujours plus de céréales sur les marchés mondiaux. Toutefois, si le commerce de céréales dans le monde représentait entre 20 et 25 % des échanges agricoles dans les années 1990, il ne représente plus aujourd’hui que 10 à 15 % du volume total. Cette baisse de la part céréalières est due à l’explosion du commerce de certains produits comme les fruits, les viandes, les produits de la mer, les boissons et les huiles, qui sont en fait les produits du quotidien, du panier de courses.

Pour revenir vers l’Union européenne, nous produisons en moyenne un peu plus de 300 millions de tonnes de céréales par an. Notre continent est le premier pôle de production de blé dans le monde, au sein duquel la France est un producteur central, notamment pour le blé. Mais ce constat n’est pas le même pour toutes les céréales : pour le maïs, sur lequel les Européens ont bien moins misé, c’est bien la production ukrainienne qui comble nos besoins.

Parmi les nouvelles productions non alimentaires, en avez-vous identifié de particulièrement porteuses ?

S. A. : On peut évoquer notamment le cannabis. Un vent de légalisation souffle sur le marché mondial de cette plante, même si elle est encore aujourd’hui très largement dominée par l’économie souterraine. On assiste en ce moment à la structuration de cette filière agricole qui est réellement en train de sortir de l’ombre : la « ruée vers l’herbe », surtout en Amérique du Nord, met en concurrence de nombreux acteurs de l’agroalimentaire. Pour autant, et même si ce marché représente un potentiel important, il reste tributaire de la prohibition du cannabis dans de nombreux pays. Il faudra tout de même surveiller l’évolution de cette filière dans les années à venir : selon des chiffres peut-être sous-évalués, en 2017, près de 4 % de la population adulte mondiale aurait consommé du cannabis ! On estime le marché mondial du cannabis, dans sa double composante légale et illégale, à environ 150 milliards de dollars.

En quoi le redressement de l’agriculture russe est-il un bon exemple du rôle que peut jouer l’agriculture dans les stratégies d’influence des États ?

M. B. : Il faut le rappeler, l’agriculture et l’alimentation ont fait et défait l’histoire. Facteur de stabilité comme de désordre, vecteurs de développement et de fragilités, marqueurs du pouvoir et des rivalités, l’agriculture et l’alimentation sont au cœur des préoccupations humaines. Nous avons tendance à oublier que si l’alimentation commence ou plutôt finit dans notre assiette, les conséquences géopolitiques sont telles qu’il convient de réfléchir à une échelle plus globale et considérer l’agriculture et l’alimentation comme des instruments de puissance. Les stratégies d’influence des États peuvent s’exprimer dans des domaines très nombreux et différents. L’agriculture en fait partie.

Dans le cas de la Russie, à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014, l’UE annonçait des sanctions contre le pays. En réponse, Vladimir Poutine a décrété un embargo sur les produits agricoles et alimentaires en provenance de l’Europe et a donc fermé un débouché majeur des productions européennes pour la viande, les fruits et légumes, les produits laitiers, etc. Mais il faut voir cet embargo dans une plus large stratégie menée par le président russe. L’objectif de celui-ci, dans le fond, est le redressement d’une agriculture malmenée depuis les années 1990. La conjonction de l’embargo et de politiques agricoles ambitieuses fait que le redressement de l’agriculture russe a été spectaculaire, à tel point que le pays est devenu le premier exportateur mondial de blé en 2017-2018 ! Aujourd’hui, 35 % des exports mondiaux de blé et 15 % de la production mondiale sont assurés par la Russie, l’Ukraine et le Kazakhstan, les pays dits « de la mer Noire ». Et cette remise à niveau s’est accompagnée d’une importante stratégie d’influence à l’international pour capter des parts de marché qui étaient jusque-là des marchés privilégiés pour les exportateurs européens, à l’instar de l’Égypte ou, plus récemment, de l’Algérie. L’enseignement à tirer de cet embargo est que toute décision géopolitique peut entraîner une reconfiguration de la hiérarchie des puissances exportatrices de denrées agricoles. Les stratégies d’influence ne sont alors jamais très loin.

Face à l’affirmation de la Russie et d’autres États comme la Chine, qui met la sécurité alimentaire au centre de sa stratégie de puissance, l’Europe se cherche, alors même que, dans le processus de sa construction, l’agriculture était un pilier majeur. Au gré notamment des réformes de la PAC et des choix opérés depuis 1992 par Bruxelles, la puissance agricole du continent s’est érodée. Avec le renouvellement de la Commission européenne et la volonté d’un green new deal, nous sommes à un moment charnière pour l’UE, ses agriculteurs et ses consommateurs.

Existe-t-il un marché en forte croissance sur lequel il faudra compter demain ?

S. A. : Oui, le marché des seniors. Ils constituent le « continent » à la plus forte croissance démographique d’ici 2030 : plus de 400 millions de personnes, à mettre en parallèle avec les 350 millions de nouveaux habitants que compteront l’Asie et l’Afrique respectivement. Il s’agit aussi de la troisième puissance économique mondiale derrière les États-Unis et la Chine avec 8000 milliards d’euros d’activités de services et de ventes de produits liés aux plus de 60 ans.

Le vieillissement de la population soulève plusieurs enjeux, parmi lesquels celui de l’alimentation. Celle-ci va conditionner leur espérance de vie en bonne santé. Ces seniors réclameront des aliments sains, des produits sur mesure pour éviter les carences dues à l’âge mais aussi de la diversité dans leur assiette pour se faire plaisir et découvrir d’autres cultures. Il s’agit donc d’un marché stratégique, où d’ores et déjà les investissements fourmillent et pour lequel des réponses adaptées doivent être inventées sur toute la chaîne (production, transformation, innovation, restauration, distribution, établissements de santé, etc.).

Propos recueillis par la rédaction, le 27 novembre 2019

Article paru dans la revue Diplomatie n°102, « L’Arctique : une région sous tension », janvier-février 2020.

Retrouvez ces thèmes, et bien d’autres, développés dans le Déméter 2020 (IRIS éditions, février 2020).

• Pierre Blanc, Terres, pouvoirs et conflits : une agro-histoire du monde, Paris, Presses de Sciences Po, 2018, 384 p.

• « Agriculture et géopolitique : des champs d’insécurité », Confluences Méditerranée, no 108, 2019/1 (https://​bit​.ly/​2​L​m​K​Xii).

À propos de l'auteur

Sébastien Abis

Chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et directeur de DEMETER. Directeur de la publication du Déméter 2020.

À propos de l'auteur

Matthieu Brun

politiste, responsable des études à Demeter et chercheur associé à LAM-Sciences Po Bordeaux.

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