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Puissance aérienne : quelles mutations à venir ?

Quelle est votre vision des opérations aériennes dans les années 2040 ?

Prédire l’avenir est futile. Cependant, nous pouvons projeter les tendances actuelles dans le futur. Premièrement, les progrès technologiques s’accéléreront inévitablement. De nouvelles merveilles technologiques continueront de façonner l’espace de bataille, modifiant encore plus notre perception du rythme et des marges des opérations. Deuxièmement, nous continuerons très certainement d’observer la nécessité d’une intégration multidomaine avec le cyber et l’espace en tant que domaines primordiaux distinctifs, facilitant les activités dans les domaines physiques traditionnels. Inévitablement, nous verrons un plus grand degré d’automatisation et le rôle de l’IA dans l’espace de bataille. Cela ne signifie pas que nous observerons nécessairement une situation où l’humain sera « en dehors de la boucle ». Le degré d’automatisation et d’IA dans les opérations futures dépendra de la progression de la programmation et des algorithmes pour résoudre les défis actuels. En ce qui concerne les forces aériennes, une plus grande automatisation est attendue, mais elle sera contrebalancée par des aéronefs pilotés.

En ce qui concerne les types d’opérations susceptibles d’être exécutées à l’avenir, j’ai tendance à penser que les distinctions traditionnelles tranchées entre les opérations classiques, de contre-­insurrection et de maintien de la paix s’estomperont. En outre, la tendance des adversaires pairs, quasi pairs et non étatiques prévaudra et nécessitera donc une structuration appropriée des forces armées afin de faire face à de multiples menaces. En outre, les MDO exigeront que le personnel militaire possède des compétences plus diversifiées. À leur tour, une formation et une éducation plus systématiques et pointues du personnel militaire devraient avoir lieu au cours des prochaines décennies. Suivant la tendance actuelle, des personnes issues d’autres modes de vie que les forces armées peuvent les rejoindre, apportant de nouvelles perspectives et une nouvelle expertise.

En termes de structure et de déploiement des unités, on peut faire valoir que des unités et des forces amphibies plus petites et plus agiles seront d’une importance considérable, en particulier compte tenu de leur adaptabilité à divers domaines physiques et de l’expérience déjà existante en matière d’intégration multidomaine.

Traduction par Philippe Langloit.

Propos recueillis par Joseph Henrotin, le 30 avril 2021.

Notes

(1) Henry « Hap » Arnold, « Air Power and the Future », in E. M. Emme (dir.), The Impact of Air Power: National Security and World Politics, Van Nostrand, Princeton, 1959, p. 305.

(2) Tony Mason et E. J. Feuchtwanger (dir.), Air Power in the Next Generation, Macmillan Press, Londres, 1979.

(3) British Air Power Doctrine (AP 3000), 3e édition, TSO, Londres, 1999, 1.2.1.

(4) JDP 0-30 (2017), p. 5.

Légende de la photo en première page : Un B-2 vu de l’intrados. Les logiques contemporaines sont de plus en plus réseaucentriques et de moins en moins plate-forme-centriques. (© US Air Force)

Article paru dans la revue DSI hors-série n°78, « Numéro spécial Aviation de combat 2021 », Juin-Juillet 2021.
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