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Le BrahMos, succès indo-russe

Fruit d’une joint-venture du même nom entre le DRDO et la firme russe NPO Mashinostroyenia, le BrahMos – contraction de Brahmapoutre et de Moskva – a été l’un des premiers systèmes antinavires supersoniques à entrer en service. Emblématique des capacités missilières indiennes, il a vu sa fonction évoluer et a récemment connu son premier succès à l’exportation.

Sur le plan industriel, BrahMos Aerospace Limited a été mise en place en 1998, avec un actionnariat indien de 50,5 %, contre 49,5 % pour la partie russe, avec pour but de développer et de construire un missile supersonique. Concrètement, celui-ci est dérivé du SS‑N‑26 Strobile/Onyx, la partie russe fournissant les plans du vecteur, l’indienne se concentrant sur le guidage et la production. Avec 3 t au lancement, dont 200 kg pour la charge explosive, c’est un engin lourd, mais également encombrant, avec une longueur de 8,4 m. La propulsion repose sur un ramjet, activé après qu’un booster a donné au missile la vitesse suffisante après le lancement. Le missile effectue son vol aux environs de Mach 2,8 – dans le haut supersonique donc. L’énergie cinétique s’ajoute donc à celle de l’explosion au moment de l’impact.

Les BrahMos-A et BrahMos-NG

La portée de la version antinavire lancée depuis des bâtiments est donnée pour 290 km et son guidage combine des systèmes inertiels/GPS pour le vol, avant un guidage radar actif en phase terminale. L’engin adopte alors un profil rasant (sea skimming). Le premier essai d’un BrahMos a eu lieu en juin 2001, et suivi d’une dizaine d’autres dans le cadre des travaux de développement. Le missile est officiellement entré en service dans la marine en 2005. Plusieurs unités de différentes classes en sont dotées, que ce soit nativement (classes Visakhapatnam, Kolkata, Shivalik et la future Nilgiri) ou lors de modernisation (une partie des Talwar et des Rajput). Les lanceurs sont verticaux, à l’exception de ceux installés sur les Rajput (huit missiles en position inclinée).

Les différents essais ont aussi montré la diversification des plates-formes de lancement et des fonctions du missile. Dès 2003, des essais ont ainsi lieu depuis un lanceur mobile terrestre, le BrahMos devant équiper des unités de l’Indian Army, dans une logique d’attaque terrestre dont le guidage repose, dans un premier temps, sur la géonavigation spatiale et le système inertiel. Le premier régiment de l’Army doté du missile a été déclaré opérationnel en 2007. Cette première génération de BrahMos a également donné lieu au développement d’un système côtier, couplant lanceur terrestre et missile antinavire. Si son profil de vol implique d’être limité à 290 km de portée, la bulle antinavire créée est d’une taille respectable – tout en dépendant d’une capacité préalable d’acquisition de cible au-­delà de l’horizon. C’est cette version qui a été achetée par les Philippines, avec trois batteries pour environ 375 millions de dollars.

Les BrahMos Block 2 et Block 3 voient des évolutions au niveau du système de guidage, qui couple différents réseaux en plus du GPS : le GLONASS russe et le système régional indien. L’appui sur la géonavigation permet ainsi l’ouverture de domaines de vol. Pour accroître sa portée, le missile peut voler en altitude – aux environs de 15 km – et plonger ensuite sur son objectif. Le vol en haute altitude accroît la portée. De même, des trajectoires par points de navigation successifs ont été testées : elles permettent d’induire en erreur les capacités de détection adverses. Les antinavires de cette version disposent ainsi de la capacité à mener une attaque terminale plongeante. Si l’un des régiments de l’Army est doté de Block 1, les deux autres disposent du Block 2. Par ailleurs, une version à lancement sous-­marin a été testée en mars 2013 depuis un ponton immergé. Pouvant être tirée depuis une profondeur de 40 à 50 m, elle n’est cependant pas entrée en service. Toutes ces variantes relèvent de la famille « BrahMos‑A », dont l’industrialisation évolue par l’intégration d’un plus grand nombre de composants d’origine nationale. En janvier 2022, un essai a ainsi été conduit avec succès. Par ailleurs, des travaux portent également sur un accroissement de la portée, qui passerait à 800 km.

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