Magazine Les Grands Dossiers de Diplomatie

L’Indo-Pacifique : noyau des échanges commerciaux

Comment se positionnent globalement les autres pays de la zone indo-pacifique par rapport à ces alliances, mais aussi face à la rivalité commerciale sino-américaine ? Est-ce qu’il sera de plus en plus difficile de ne pas choisir son camp ?

Il y a une volonté à la fois interne et externe d’obliger les pays à faire un choix entre les deux grandes puissances. Pour la plupart des pays de la région, notamment en Asie du Sud-Est, il n’est pas question de choisir entre les deux, la plupart des pays considérant que c’est se mettre en danger. Si le Japon et la Corée semblent avoir choisi les États-Unis, les autres pays de l’Asie du Sud-Est ne veulent pas choisir, même si, parfois, des sensibilités pro-américaines ou prochinoises existent.

L’Inde a par exemple toujours eu une politique de l’indépendance économique et sécuritaire, ne voulant pas complétement basculer du côté des États-Unis. Cependant, dans le cadre des BRICS, l’Inde et la Chine échangent, malgré les tensions frontalières et historiques. Bien que la Chine soit un voisin encombrant, des canaux de communication quotidiens existent, notamment grâce aux diasporas qui font le relais — la diaspora chinoise étant particulièrement importante en Asie du Sud-Est.

La tradition des pays de l’Indo-Pacifique est donc de saisir chaque opportunité permettant le développement économique et l’intégration régionale : c’est pour cette raison que plusieurs pays participent aux trois partenariats sans que cela n’émeuve grand monde en Indo-Pacifique.

Propos recueillis par Thomas Delage le 24 janvier 2024.

Les principales options d’intégration économique et commerciale en Asie-Pacifique 

Légende de la photo en première page : Le 7 juin 2023, le secrétaire général de l’ASEAN annonçait que cette dernière s’efforçait d’augmenter le nombre de membres du RCEP, qui représente 32 % du PIB mondial et 30 % de la population mondiale et qualifié de plus grand accord de libre-échange au monde. Cet accord, qui doit éliminer jusqu’à 90 % des droits de douane sur les marchandises échangées entre les signataires d’ici 20 ans, intéresse notamment le Bangladesh, le Sri Lanka, Hong Kong et le Royaume-Uni. (© Shutterstock)

Article paru dans la revue Les Grands Dossiers de Diplomatie n°78, « L’Indo-Pacifique à la croisée des puissances », Février-Mars 2024.

À propos de l'auteur

Éric Mottet

directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), codirecteur de l’Observatoire géopolitique de l’Indo-Pacifique et professeur à l’Université catholique de Lille.

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