Magazine Les Grands Dossiers de Diplomatie

L’Amérique centrale : routes et flux migratoires

Perspectives

Actuellement, il y a sur le sol mexicain une population d’un peu plus d’un million de migrants clandestins venus d’Amérique latine, et environ 150 000 migrants provenant d’Afrique, d’Asie, d’Europe et du Proche Orient (4).

Si le président Trump et son « tsar de la frontière » Tom Homan mènent leur projet à terme, la présidente Sheinbaum sera confrontée à une migration clandestine « inversée » sans précédent. L’INM a déjà commencé l’aménagement d’un stade de baseball à Ciudad Juárez, à la frontière nord, pour accueillir les migrants sans papiers étrangers (5). Pendant que le gouvernement mexicain se prépare, un nouveau phénomène est apparu à la frontière sud du Mexique qui mérite aussi l’attention : la migration de la population mexicaine du Chiapas vers le Guatémala face à la présence du crime organisé et à la lutte des cartels pour un territoire qui s’avère riche en ressources naturelles.

Notes

(1) Les chiffres sont issus de l’Institut national des migrations mexicain (INM).

(2) L’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) fut signé en 1992 entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

(3) B. Zepeda et J. Fuentes, « La frontera Mexico-Guatemala y el perímetro de seguridad de Estados Unidos », Entre político y lo espacial: representaciones geopolíticas de la región transfronteriza México Guatemala, LibrosCIDE, 2000.

(4) Adam Isacson, « Weekly US-Mexico Border Update: Migration trends, Mass deportation, Border wall parts », 20 décembre 2024 (https://​rebrand​.ly/​9​9​7​a26).

(5) https://​rebrand​.ly/​0​0​9​c​hex

Légende de la photo en première page : Dans l’état mexicain du Chihuahua, des migrants marchent le long des voies ferrées après avoir quitté le train « La Bestia », le moyen le plus direct pour traverser le Mexique, qu’ils ont emprunté pour atteindre la frontière nord du pays avec les États-Unis. Chaque année, des dizaines de milliers de candidats à l’exil utilisent ce « train de la mort », qui cause de nombreux morts ou mutilés. Les migrants n’échappent pas non plus à la violence des cartels, qui les rançonnent, les enlèvent ou les enrôlent de force. (© Shutterstock)

Article paru dans la revue Les Grands Dossiers de Diplomatie n°84, « Géopolitique des migrations », Février-Mars 2025.
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