Aussi, l’Australie cherche à renforcer sa nouvelle approche stratégique en formant des coalitions multinationales, en particulier avec le Quad (Australie, États-Unis, Inde, Japon). En effet, moins de 24 heures après son investiture, le Premier ministre Albanese a rencontré les dirigeants des trois pays, soulignant ainsi l’importance et la volonté de revitalisation de la coopération avec les partenaires clés de l’Indo-Pacifique. De même, à travers le pacte AUKUS avec les États-Unis et le Royaume-Uni, l’Australie cherche à renforcer la coopération entre ses partenaires démocratiques et anglophones, afin de contrer les tentatives de la Chine de modifier le statu quo dans la région. L’accord vise notamment à renforcer la sécurité et les capacités militaires de l’Australie en collaborant étroitement avec ses alliés, tout en envoyant un signal de consolidation fort à la région.
Enfin, l’engagement institutionnel est essentiel pour l’Australie dans la région de l’Indo-Pacifique. En tant que membre actif des regroupements régionaux, notamment l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) qu’elle a contribué à créer, Canberra considère l’architecture institutionnelle comme cruciale pour renforcer son influence et maintenir son ordre régional.
Au fil des dernières années, le paysage stratégique de l’Australie s’est considérablement complexifié, principalement en raison de la montée en puissance de la Chine, de son défi croissant à l’ordre indo-pacifique sous l’égide des États-Unis, et de la possibilité croissante de conflits entre États. Face à ces évolutions, l’Australie a entrepris un réajustement stratégique en adoptant une politique de rééquilibrage ferme. La revitalisation du format Quad et l’annonce d’AUKUS peuvent également être interprétées comme des témoignages de cette évaluation.
Malgré sa capacité historique à gérer des relations diversifiées, le recentrage australien sur la Chine complique la gestion des relations régionales en raison de la diversité politique et économique de ces pays de l’Indo-Pacifique. Les choix stratégiques de l’Australie risquent ainsi de compromettre sa capacité à promouvoir ses multiples intérêts dans un environnement régional toujours plus complexe.
Note
(1) T. Struye de Swielande et K. Orinx, « Chine-Océanie : fin de la lune de miel ? », Les Grands Dossiers de Diplomatie no 62, juin 2021 (https://digital.areion24.news/c2q).
Légende de la photo en première page : Alors que l’Australie est désormais membre des alliances du QUAD et de l’AUKUS, le gouvernement australien a annoncé en 2023 une nouvelle doctrine militaire, censée redéfinir « pour la première fois depuis 35 ans » les missions des forces de défense du pays afin de relever « des défis régionaux d’une ampleur sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale ». (© Royal Australian Navy)













