Les étapes suivantes visent à développer des véhicules opérationnels à double usage capables d’effectuer toute une série de missions commerciales et gouvernementales, telles que des missions « free flyer » pour l’expérimentation scientifique et la production en microgravité, des services en orbite (ravitaillement, réparations, mises à niveau) et le transport spatial, cargo puis habité.
La viabilité économique du programme VORTEX dépendra fortement de sa capacité à correspondre aux besoins et aux marchés mondiaux. Répondant à la fois à des missions commerciales et à des missions institutionnelles, le choix du lanceur sera donc évidemment clé et devra satisfaire aux exigences du client final sur des critères aussi bien économiques que stratégiques. Nous étudions dans cette perspective différentes options de lanceurs.
L’avion spatial est un objet délicat du fait des contraintes subies lors des retours dans l’atmosphère, mais aussi des lancements et de tout ce qui peut affecter le bouclier thermique. Comme abordez-vous cette question ?
Les protections thermiques sont en effet l’un des challenges majeurs d’un tel programme. Au-delà de leurs capacités à protéger le véhicule lors de la rentrée atmosphérique, elles conditionnent sa « réutilisabilité ».
Les technologies dans ce domaine évoluent rapidement, le besoin étant partagé également par les lanceurs réutilisables. De nouveaux matériaux sont testés, et nous élaborons d’ores et déjà une roadmap afin de pouvoir intégrer les meilleures solutions, roadmap qui comprend d’ailleurs notre démonstrateur dont le profil de vol est justement défini pour rencontrer des flux thermiques équivalents à ceux d’une rentrée atmosphérique complète depuis l’orbite.
Dassault a une expertise historique en matière de Conception assistée par ordinateur (CAO). À quel point aide-t‑elle celle de VORTEX ? Qu’apporte l’intelligence artificielle, que ce soit pour la conception de la machine ou la modélisation des effets de la rentrée dans l’atmosphère ?
La CAO est au cœur des outils et des processus de développement, d’industrialisation, de production et de support de tous nos avions. Ils apportent une plus-value unique sur tout leur cycle de vie. Dans les phases de conception d’un tel véhicule, des modélisations fines pour caractériser en particulier des écoulements, des flux thermiques ou des comportements de matériaux sont effectivement nécessaires et nous utilisons des outils complémentaires développés en interne, validés et recalés par la multitude d’essais en vol ou en soufflerie dont nous disposons. L’intelligence artificielle est désormais largement utilisée dans ces domaines et permet des avancées significatives : modélisations basées sur l’apprentissage, méthodologies d’optimisation des comportements et usages, traitement des données…
En imaginant VORTEX opérationnel, quel rythme d’utilisation/reconditionnement envisagez-vous par machine ?
La réutilisation est un facteur clé du modèle économique associé à ce véhicule. Un autre facteur est bien évidemment le marché, car les missions auxquelles VORTEX est destiné sont encore émergentes. Nous sommes néanmoins convaincus de la capacité d’un tel produit à contribuer de manière significative à la croissance et au développement de ces marchés. De nombreuses activités orbitales réclament ce niveau de service pour pouvoir se développer à une échelle plus industrielle. Je pense notamment au secteur pharmaceutique ou à celui des matériaux avancés pour lesquels l’environnement spatial offre des conditions uniques pour accélérer la recherche, les développements et la production.













