La vulnérabilité croissante des ressortissants et des investissements chinois, associée à leur présence dans un nombre croissant de pays à haut risque, laisse à Pékin peu d’options pour les protéger. Mais le pays doit faire un choix : redoubler d’efforts dans sa stratégie actuelle, basée sur les prestataires et services de sécurité locaux, dont l’efficacité diminue ; augmenter drastiquement les déploiements permanents de l’APL via des accords bilatéraux, un risque que ni Pékin ni les gouvernements locaux ne semblent prêts à assumer ; ou adopter son concept existant de coopération commerciale et étatique sous la forme d’ESP, offrant une solution rentable, moins exposée et probablement plus efficace.
Au-delà de la protection de ses actifs, ces ESP pourraient devenir un outil stratégique puissant pour Pékin, légalement déployées dans des régions stratégiquement importantes avec des capacités conventionnelles et non conventionnelles suffisantes. Sous Xi Jinping, le nationalisme chinois contemporain, soigneusement orchestré et mis en scène, accentue la pression sur Pékin pour qu’elle aborde ces questions au-delà des seuls aspects de la realpolitik. Dans l’article de Li Xiang, le journaliste s’inscrit dans un récit national de plus en plus affirmé en évoquant la scène finale du célèbre film chinois Wolf Warrior 2, qui a inspiré la nature agressive de la diplomatie chinoise contemporaine. Dans cette scène, un passeport chinois apparait avec le message : « Quel que soit le danger que vous rencontrez à l’étranger, n’oubliez pas qu’une mère patrie forte est derrière vous. » Alors que la vulnérabilité croissante de ses actifs à l’étranger se transforme en débat public majeur, Pékin se voit contrainte de satisfaire, d’une manière ou d’une autre, les fantômes qu’elle a elle-même éveillés.
Notes
*Pour consulter la version originale de l’article avec l’ensemble des notes : https://tinyurl.com/kmfh8x88
(1) Meia Nouwens, « China’s Use of Private Companies and Other Actors to Secure the Belt and Road across South Asia », dans « Roundtable. Where the Belt Meets the Road: Security in a Contested South Asia », The National Bureau of Asian Research, Asia Policy, vol. 14, n°2, avril 2019, p. 13-20 (https://www.nbr.org/wp-content/uploads/pdfs/publications/asiapolicy14-2_where_the_belt_meets_the_road_rt_apr2019.pdf).
(2) Gabriela Manea (dir.), Private Military and Security Companies (PMSCs), Geneva Centre for Security Sector Governance (DCAF), SSR Backgrounder, 2024 (https://www.dcaf.ch/sites/default/files/publications/documents/DCAF_BKG_26_PrivateMilitarySecurityCompanies.pdf).
(3) Xin Tian, « 中恐海外利益保湯私屺化初探 » [« Analysis of the Privatization in Protecting China’s Overseas Interests »], 恐烡展望 [Global Review], vol. 8, n°4, juillet-aout 2016, p. 57.
(4) Sebastian Heilmann (dir.), « Political leadership and regime legitimacy », China’s Political System, Rowman & Littlefield, 2nd édition, 2017.
(5) China.com, 5 décembre 2024, 恐家控股的“海外安保旗齪企甫”呼之欲出?(https://sd.china.com/cjzx/20000936/20241205/25942990.html).
Légende de la photo en première page : Soldats de l’Armée populaire de libération (APL) sur la place Tiananmen à Pékin. Pour l’heure, le Parti communiste chinois n’est ni disposé, ni en mesure, de déployer l’Armée populaire de libération à l’étranger pour protéger les entreprises et les citoyens chinois. (© Shutterstock)













