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« Promesse véritable IV ». Un premier bilan des frappes de contre-force iraniennes

Le 28 février 2026, les Iraniens lançaient l’opération « Promesse véritable IV », toujours en cours début avril. De ce mois de guerre on retiendra que si ce sont les frappes de contre-valeur iraniennes qui ont le plus retenu l’attention des médias, l’impact global des frappes de contre-force ne doit pas être sous-estimé.

La rapidité de la réaction iranienne malgré la mort quasi simultanée d’une quarantaine de dirigeants, y compris le Guide suprême, Ali Khameinei, trouve en partie son origine dans la doctrine du Sepâh, soit le corps des Gardiens de la révolution, dont la marine et la force aérospatiale mettent en œuvre la totalité de l’arsenal de missiles balistiques et une grande partie de celui des OWA-UAV (One way attack-Unmanned air vehicle) que possède l’Iran, le solde étant opéré par l’Artesh, soit l’armée régulière. L’action de ces deux entités est coordonnée par un état – major commun, le Khatam al – Anbiya (1).

En effet, le Sepâh est non seulement marqué par ses origines irrégulières, puisque ses premiers cadres avaient été formés à la guérilla au Liban avant même la révolution de 1979, mais il a surtout adopté, à la suite de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 et sous l’impulsion du général Mohammad Ali Jafari, qui le commanda durant plus de dix ans, la doctrine dite de la « mosaïque ». Celle-ci prévoit notamment une décentralisation et une autonomisation très poussée des unités et des commandements territoriaux afin qu’ils puissent opérer indépendamment, sur la base d’intentions préétablies, même s’ils se trouvent coupés de leurs chaînes de commandement. Cette décentralisation s’est accompagnée de vastes chantiers de durcissement et de dispersion des infrastructures, ainsi que du développement d’armements spécifiquement conçus pour opérer face à un adversaire disposant d’une supériorité conventionnelle écrasante. Face à celui-ci, Téhéran s’efforcerait alors de l’emporter en adoptant une posture asymétrique consistant à absorber les coups dans la durée, tout en prélevant sur son adversaire un tribut aussi élevé que possible en termes militaires, économiques et politiques. Cette conception fut mise à l’épreuve une première fois durant la guerre des Douze Jours en juin 2025, et l’est de manière beaucoup plus intense depuis le 28 février 2026 (2).

Vagues incessantes

Au 24 mars 2026, le Sepâh indiquait avoir mené sa 79e vague de frappes de drones et de missiles depuis le début du conflit. Selon un décompte partiel fondé sur les communiqués de plusieurs États visés, ces vagues auraient alors totalisé au moins 1 435 missiles et 3 925 OWA-UAV. Toutefois, le rythme des tirs a nettement diminué au fil du temps. Durant les trois premiers jours du conflit, près de 800 munitions étaient lancées chaque jour en moyenne. Cette cadence a ensuite été divisée par quatre entre le 3 et le 8 mars 2026, pour atteindre environ 234 munitions quotidiennes, avant d’être de nouveau réduite de moitié entre le 9 et le 24 mars 2026, avec une moyenne d’une centaine de munitions par jour. Les communiqués israéliens confirmaient cette tendance, puisqu’ils faisaient état du lancement de 140 missiles balistiques contre le pays les 28 février et 1er mars, avant de passer à 15 par jour en moyenne du 2 au 24 mars, pour un total d’environ 470 missiles tirés à cette dernière date. La force aérienne iranienne a, quant à elle, mené une poignée de frappes réalisées par ses avions de combat évoluant à très basse altitude, avant que ses sorties ne s’interrompent après la destruction revendiquée par le Qatar de deux Su‑24 par un F‑15QA le 2 mars 2026 (3).

Deux raisons peuvent expliquer cette baisse rapide du volume des tirs. La première tient au fait qu’une partie importante des frappes israélo – américaines contre l’Iran est consacrée à la neutralisation des moyens offensifs iraniens. Si les forces coalisées peinent à pénétrer les complexes souterrains iraniens profondément enfouis, elles en bombardent régulièrement les entrées et les sorties, celles-ci devant être régulièrement déblayées par leurs garnisons, tandis que leurs abords font l’objet de largages de mines.

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