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La Chine en Arctique : quelle progression ?

Après sa candidature comme observateur au Conseil de l’Arctique en 2007, son admission en 2013 et la publication de sa politique arctique en 2018, l’intérêt de Pékin pour la région a suscité beaucoup de craintes chez les Occidentaux.

En réalité, la présence de la Chine s’est estompée dans de nombreux pays occidentaux arctiques. Au Canada, la mine Nunavik Nickel de l’Extrême-Nord du Québec est en exploitation depuis 2007 et sous propriété majoritaire de la chinoise Jilin Jien depuis 2011. Mais le projet de rachat de la mine d’or de TMAC à Hope Bay (Nunavut) par Shandong Mining a été bloqué en octobre 2020 par le gouvernement fédéral, sous prétexte d’enjeux de sécurité nationale qui n’ont jamais été explicités. Quant à la navigation, les compagnies maritimes chinoises ne s’intéressent plus guère au passage du Nord-Ouest.

Un déclin relatif dans la plupart des pays occidentaux

On peut identifier trois projets liés aux terres rares impliquant la Chine dans l’Arctique canadien. Deux d’entre eux sont en cours. 

Le projet Nechalacho (Territoires du Nord-Ouest) en est au stade de la pré-faisabilité. Shenghe Resources détient une participation de 9,9 % dans la société propriétaire, l’australienne Vital Metals. Shenghe Resource, société d’État, est l’une des plus grandes sociétés chinoises d’extraction et de traitement des terres rares. 

[La société d’État chinoise] Sinosteel participe au projet d’exploration Wicheeda (Colombie-Britannique), en raison de son expertise dans le traitement des terres rares, bien que la propriété du projet reste entièrement entre les mains de la société canadienne Defense Metals. 

La participation chinoise dans un troisième projet d’exploration, Clay Howell (Ontario) a pris fin lorsque les droits miniers ont été acquis par Argyle Resources en 2025. Aucun de ces projets n’est rendu au stade de l’exploitation.

On peut relever également quatre projets liés aux métaux de base dans l’Arctique canadien. Trois d’entre eux concernent des mines en phase de développement, dont un semble abandonné. La société publique chinoise MMG détient une participation de 100 % dans le projet Izok Corridor (Nunavut) et développe actuellement les gisements d’Izok Lake et de High Lake (cuivre, zinc). Une filiale locale de la société publique Yunnan Chihong développe le gisement de Selwyn, au Yukon (plomb, zinc). La mine Wolverine en Alaska (zinc, cuivre, plomb) a cependant cessé ses activités en 2015, vraisemblablement pour des raisons commerciales. Elle était exploitée par Yukon Zinc, dont Jinduicheng Molybdenum détenait 100 % des parts. La mine a été abandonnée sans démantèlement approprié, laissant derrière elle un désastre environnemental.

En Alaska, la compagnie China Investment Corporation (CIC), fonds souverain chinois, a acquis en 2009 une participation de 17,2 % dans Teck Resources, propriétaire de la grande mine de zinc de Red Dog. Depuis 2017, la CIC a progressivement réduit sa participation, qui est tombée à 5,4 % en février 2025.

Au Groenland, dans le domaine minier, l’implication des entreprises chinoises se révèle pourtant limitée. La licence d’exploitation de la compagnie General Nice pour le gisement de fer d’Isua a été révoquée en 2021 pour inactivité, Jiangxi Zhongrun Mining a abandonné son projet de mine de cuivre de Wegener Halvø, China Nonferrous Metal Mining a été écartée du projet de mine de zinc de Citronen, et Shenghe Holding ne détient que 7 % du capital de l’entreprise Energy Transition Minerals dans le projet de terres rares de Kvanefjeld, bloqué par le gouvernement groenlandais.

En 2018, plusieurs entreprises d’État chinoises avaient répondu à des appels d’offres pour la modernisation et la construction d’aéroports au Groenland. Des craintes américaines ont alors conduit le Danemark à intervenir dans le processus, de compétence groenlandaise, dans une démarche qui a abouti à l’abandon du projet par les entreprises chinoises.

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