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Les États-Unis à l’heure de la géopolitique minière

Sous l’administration Trump, et avec Marco Rubio comme l’une de ses voix stratégiques les plus claires, les États-Unis ont commencé à faire des minéraux critiques une composante explicite d’un réordonnancement plus large de l’industrie, de l’intérêt national et de la puissance matérielle.

Au cours de l’année écoulée, les États-Unis ont commencé à parler des minéraux critiques avec une clarté et une force institutionnelle difficiles à ignorer. Ce qui prend forme n’appartient ni au seul registre de la gestion des chaines d’approvisionnement, ni à une discussion technique confinée à la transition énergétique. Cela relève d’un effort plus large visant à restaurer la profondeur industrielle, à réduire la dépendance à l’égard des intrants critiques et à réancrer la puissance nationale dans la capacité matérielle.

Cette évolution dépasse largement le seul cas américain. Elle concerne également l’Europe, qui connait son propre éveil à la dimension matérielle de la puissance ; la Chine, qui traite depuis longtemps capacité industrielle, transformation et matériaux stratégiques comme des composantes d’un projet d’État plus vaste ; l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie au-delà de la Chine, où réserves, infrastructures et capacités de transformation sont prises dans la compétition entre puissances ; et l’activité minière, désormais bien plus proche du centre de la pensée stratégique.

Du point de vue de la géopolitique minière, c’est le basculement décisif. L’activité minière n’est plus abordée comme une simple fonction extractive destinée à alimenter ailleurs des secteurs dits « réels ». Elle est devenue une composante du cadre par lequel les États organisent résilience industrielle, souveraineté technologique, sécurité nationale, légitimité territoriale et puissance de long terme. Le cas des États-Unis est particulièrement révélateur, parce qu’ils rendent cette transition explicite à travers leur langage politique, leurs engagements financiers, leur ingénierie commerciale et leur construction d’alliances. Ce qui était resté implicite s’énonce désormais avec une franchise inhabituelle : la base matérielle de la vie moderne est revenue au centre de la stratégie.

Sous l’administration Trump, les minéraux critiques sont ainsi passés du statut de vulnérabilité reconnue à celui de principe organisateur de la stratégie industrielle, de la sécurité économique et de l’architecture des alliances. Les implications dépassent la seule politique des ressources. Elles touchent à la définition de la puissance, au choix des alliances stratégiques, à la valeur accordée à la capacité industrielle et à la reconstruction de la légitimité autour de la production.

Sous Trump, le tournant américain se matérialise

Depuis 2025, une succession d’initiatives sont venues illustrer le tournant américain : National Security Strategy 2025 ; National Defense Strategy 2026 ; réunion ministérielle sur les minéraux critiques ; consultation lancée par le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) sur la conception d’un accord plurilatéral sur le commerce des minéraux critiques et sur les mesures destinées à renforcer la résilience des chaines d’approvisionnement ; cadres bilatéraux avec des pays tels que l’Argentine ; puis réunions hémisphériques de mars en Floride sur la stabilité territoriale, les infrastructures, la continuité des opérations et les conditions de sécurité soutenant la stratégie industrielle.

À propos de l'auteur

Marta Rivera Munoz

Fondateur de Geopolitical Mining et auteur de L’industrie minière est morte : vive la géopolitique minière (QM Books, 2025).

À propos de l'auteur

Eduardo Zamanillo

Fondateur de Geopolitical Mining et auteur de L’industrie minière est morte : vive la géopolitique minière (QM Books, 2025).

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