Une nouvelle « course à l’espace » ?

Une compétition avec le secteur privé ?

Sur le plan international, la situation est donc claire : les États-Unis dominent largement le paysage dans tous les secteurs, avec comme seuls vrais concurrents l’Europe, qui est excellente techniquement et commercialement, mais manque d’ambition, et la Chine, qui a des ambitions mais pas encore le niveau technique, même si à l’horizon 2050 elle pourrait se hisser au niveau des États-Unis.

Mais ne pourrait-il pas y avoir un autre type de compétition, entre les États et de grands entrepreneurs privés, comme Elon Musk avec SpaceX et Jeff Bezos avec Blue Origin ? Les succès de SpaceX, avec ses lanceurs Falcon qui dominent désormais le marché du transport spatial, et ses vaisseaux Dragon, qui viennent d’effectuer le premier vol habité commercial pour la NASA, amènent certains observateurs à poser cette question. Mais il s’agit d’une aberration : SpaceX, pas plus que Blue Origin, n’est un concurrent de la NASA, mais bien au contraire un partenaire, dont le développement doit presque tout à la NASA. Les véhicules construits par SpaceX, et en particulier le lanceur géant entièrement réutilisable Starship, pourraient jouer un rôle important dans les projets lunaires puis martiens de la NASA, notamment si le système SLS/Orion s’avérait vraiment trop cher ! Donc synergie NASA/SpaceX, oui. Compétition, non.

Légende de la photo en première page : Alors que le président Donald Trump annonce le retour des Américains sur la Lune pour 2024, de nombreux autres acteurs investissent de plus de plus dans la conquête spatiale. Des ambitions motivées par une quête de prestige, mais aussi d’enjeux géopolitiques, stratégiques et bien sûr économiques. Si Washington clame son ambition de « dominer l’espace », le vice-président américain Mike Pence a également rappelé en mars dernier, face aux velléités spatiales chinoises et russes, que « nous sommes engagés dans une course spatiale tout comme dans les années 1960, mais les enjeux sont plus importants. Nous sommes en course contre nos pires ennemis. » Si la promesse de 2024 semble difficile à tenir, la Maison-Blanche promet néanmoins que « la première femme et le prochain homme sur la Lune seront tous les deux des astronautes américains, envoyés par une fusée américaine depuis le sol américain ». (© Shutterstock/ Sergey Nivens)

Article paru dans la revue Les Grands Dossiers de Diplomatie n°58, « Vers une nouvelle course à l’espace », Octobre-Novembre 2020.

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